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Lapid : Un mauvais accord avec l’Iran serait pire qu’aucun accord

Le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu'Israël soutiendra un "bon" accord pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique mais que des sanctions seraient préférables

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid prend la parole lors d'une réunion de la faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid prend la parole lors d'une réunion de la faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël préférerait que les États-Unis et les autres puissances du monde renoncent purement et simplement aux négociations sur le nucléaire plutôt que de conclure « un mauvais accord », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid – des propos rendus publics jeudi.

Lapid a indiqué au New York Times que le meilleur scénario serait ce qu’il a qualifié de conclusion d’un « bon accord » avec l’Iran, semblant apporter un soutien rare aux pourparlers dont l’objectif est de faire revivre l’accord sur le nucléaire signé en 2015, le JCPOA – des négociations que Jérusalem a largement rejetées en affirmant qu’elles étaient une tactique visant à gagner du temps de la part de l’Iran.

« Nous n’avons aucun problème avec un accord. Un bon accord est une bonne chose », a dit Lapid.

« Le deuxième meilleur scénario, ce serait pas de conclusion d’un accord mais un renforcement des sanctions, tout en s’assurant que l’Iran ne pourra plus aller de l’avant dans ses activités. Et le troisième scénario, le pire, c’est un mauvais accord », a-t-il poursuivi.

Le ministre des Affaires étrangères n’a pas détaillé ce que seraient un « bon » ou un « mauvais » accord au-delà de la suppression des dites « clauses de révision » du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) signé en 2015 qui devait voir une expiration des limitations mises en place en 2025, et il a ajouté qu’il fallait transformer le pacte de manière à garantir que l’Iran ne serait jamais autorisée à fabriquer une arme nucléaire.

Les négociations sur l’accord vont reprendre lundi, a déclaré dans la journée de jeudi le diplomate de l’Union européenne qui les dirige.

Les responsables estiment que l’accord deviendra obsolète dans les semaines à venir si l’Iran continue à renforcer ses activités nucléaires comme le pays le fait depuis 2019. L’année précédente, les États-Unis s’étaient retirés du JCPOA et avaient réimposé des sanctions.

Les négociations avaient repris au mois de novembre après une pause de cinq mois. L’accord offre à l’Iran un allègement des sanctions en échange d’une réduction de son programme nucléaire.

Le Palais Coburg où se déroulent des négociations nucléaires à huis clos à Vienne, en Autriche, le 9 décembre 2021. (Crédit : AP Photo/Michael Gruber)

Les diplomates des pays impliqués dans l’accord – la Chine, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Russie – discutent actuellement à Vienne avec l’Iran et les États-Unis. Les deux parties refusent le contact direct.

Rob Malley, négociateur américain, a mis en garde mardi contre « une période de crise en escalade » si la diplomatie devait échouer à faire revivre l’accord.

De son côté, Israël ne participe pas aux pourparlers mais a fait savoir que l’État juif n’hésitera pas à avoir recours à la force en cas d’échec de la diplomatie. Pour leur part, les États-Unis ont aussi annoncé qu’ils préparaient des « alternatives ».

« Nous avons le droit de nous protéger face aux menaces existentielles les plus grandes », a dit Lapid dans l’entretien qu’il a accordé mercredi au journal.

Il a aussi déclaré que la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite ou l’Indonésie était au second plan pour le moment mais que des discussions sur l’établissement de liens diplomatiques « avec quelques pays » étaient en cours.

Les responsables israéliens ont affirmé de manière répétée que de nouveaux pays allaient bientôt rejoindre les Accords d’Abraham qui ont permis aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, au Soudan et au Maroc d’établir des liens à divers degrés avec Israël, l’année dernière. Pour autant, aucun pays ne s’est jusqu’à présent officiellement manifesté.

L’AFP a contribué à cet article.

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