La maire de Paris Anne Hidalgo a défendu mardi la manifestation « Tel Aviv sur Seine » programmée jeudi et qui suscite une polémique, estimant que l’on peut condamner la politique de gouvernement israélien « sans punir la population israélienne ».

« Même dans le contexte enlisé du conflit israélo-palestinien, Tel Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants », écrit la maire socialiste de la capitale la France dans Le Monde daté de mercredi.

C’est à Tel Aviv qu’ « ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant (palestinien) brûlé vif par des fanatiques », souligne-t-elle.

« Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement », affirme encore Mme Hidalgo, pour qui « on peut condamner la politique du gouvernement Netanyahu sans punir la population israélienne et nous punir nous-mêmes en refusant tout échange permettant d’apprendre à nous connaître ».

« Au Moyen-Orient comme ailleurs, la doctrine de Paris est intangible », écrit-elle : « elle consiste à encourager plutôt qu’à réprimander, à échanger plutôt qu’à boycotter, à dialoguer plutôt qu’à excommunier ».

La décision de la mairie de Paris de mettre Tel Aviv à l’honneur lors d’une journée de la manifestation estivale « Paris Plage » sur les quais de Seine a provoqué la colère d’élus et d’associations pro-palestiniens qui ont réclamé l’annulation de l’événement, qu’ils considèrent comme une promotion de la politique israélienne.

« Le maire (de Tel Aviv) est très reconnaissant devant la réaction du maire de Paris et de son équipe, il a été très touché par le courage de Mme Hidalgo », a réagi un conseiller du maire travailliste de Tel Aviv Ron Huldai, interrogé par l’AFP.

« Nous n’avons pas d’inquiétude à ce stade », a aussi estimé Eytan Schwartz, questionné sur le risque de débordements.

« C’est un évènement que nous avons lancé en 2009 pour présenter Tel Aviv au reste du monde comme une ville vibrante, ouverte, une destination pour les touristes et les entrepreneurs, c’est une opération de marque » qui s’est rendue dans des villes comme New York, Copenhague, Saint-Pétersbourg, a-t-il rappelé.

Selon lui, cela n’a « pas vraiment » suscité de polémique. Pour autant, la municipalité n’est pas complètement surprise par la controverse française : « Malheureusement, quand il est question d’Israël, il n’est pas inédit que les gens expriment leur désaccord, mais on n’avait encore rien eu de la même intensité ».