La première destination de la nouvelle représentante de l’Union européenne sera Israël, a appris le Times of Israel.

Le 1er novembre, Federica Mogherini succèdera à Catherine Ashton comme Haute représentante des Affaires étrangères de l’Union européenne.

Moins d’une semaine plus tard, elle devrait arriver en Israël pour sa première visite officielle, ont confirmé des sources à Jérusalem mardi.

Mogherini – actuellement ministre des Affaires étrangères italienne – arrivera dans la région le 7 novembre et y restera deux jours. Elle devrait également rencontrer de hauts responsables de l’Autorité palestinienne à Ramallah.

« Il est très important que Mme Mogherini vienne en Israël le 7 novembre. C’est sa première visite officielle », déclare Fulvio Martusciello, député italien du Parlement européen et nouveau président de la délégation pour les relations avec Israël.

Pour bien la connaître, il déclare être convaincu qu’elle saisit parfaitement les situations délicates qu’affronte Israël, refusant toutefois d’entrer dans les détails.

« J’espère que nous pourrons travailler de concert », confie Martusciello – actuellement en visite en Israël à l’invitation du B’nai Brith International – au Times of Israel mardi lors d’une interview à la Knesset.

Bastiaan Belder, membre néerlandais de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen et vice-président de la délégation du Parlement pour les relations avec Israël, a déclaré qu’il avait personnellement demandé à Mogherini si elle pensait que l’Union européenne et Israël avaient des intérêts communs en matière de sécurité, et si oui, comment elle les insérerait dans le calendrier des affaires étrangères de l’Union.

« Elle a évité de donner une réponse claire », a déclaré Belder. « Mais je ne suis pas un homme pessimiste, car je sais que les importants pays membres de l’Union entretiennent une coopération étroite avec les renseignements israéliens dans la lutte antiterroriste et autre. »

Mogherini est membre du gouvernement de centre-gauche italien, dirigé par le Premier ministre Matteo Renzi, réputé pour être généralement amical envers Israël et rigoureux sur le programme nucléaire iranien.

Mais Mogherini n’héritera pas du dossier iranien d’Ashton.

Comme le Times of Israel l’a rapporté le mois dernier, Catherine Ashton restera chargée des négociations occidentales avec l’Iran, même au-delà de la date limite du 24 novembre. Ashton dirige un groupe de six puissances mondiales – États-Unis, Grande Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne – qui mènent les négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire depuis 2010.

En avril, Mogherini a fait la une des journaux quand elle a suggéré que l’Iran pourrait jouer un rôle positif dans la guerre civile syrienne, tout en avertissant qu’ « en aucun cas » le régime ne doit être autorisé à acquérir des capacités militaires d’armement nucléaire.

En juillet, elle s’est rendue en Israël pendant l’opération Bordure protectrice et a visité entre autres une maison frappée par une roquette à Ashdod.

Après sa nomination comme chef de la politique étrangère de l’UE en août, elle a déclaré lors d’une conférence de presse que ses « futurs défis sont immenses », citant les crises en Europe, en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Libye, mais sans mentionner l’Iran.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammed Javad Zarif, avait salué la nomination de Mogherini, affirmant : « Nous avons un terrain d’entente à la fois en termes d’opportunités… mais aussi de coopération pour relever les défis communs. »

Le 4 septembre, Zarif et Mogherini se sont rencontrés à Rome pour discuter des négociations nucléaires. « Nous partageons clairement le même point de vue sur ​​la nécessité de parvenir à un accord sur la question nucléaire d’ici novembre, qui permettrait une plus grande stabilité et sécurité dans la région », a affirmé le ministre italien des Affaires étrangères à son homologue iranien, qui dirige les négociations au nom de la République islamique. « J’espère que les négociations aboutiront à un accord positif dans le délai imparti. »

Lors d’une conférence de presse conjointe, Zarif a déclaré son souhait d’une « relation étroite » avec l’Union européenne et déclaré que l’Italie pourrait servir de « pont » entre l’Europe et le monde islamique. « Ce rôle pourrait être renforcé par la nomination de Mogherini comme haute diplomate de l’UE », a-t-il conclu.