Moins de deux semaines après la fin de l’opération de 50 jours à Gaza, le procureur général de l’armée israélienne a décidé mercredi d’ouvrir une enquête sur cinq affaires. Cela va d’incidents médiatisés lors de frappes aériennes à un simple cas de vol, selon un officier de l’armée mercredi.

Il a indiqué que l’équipe d’enquête dirigée par le major général Noam Tibon et formée par des officiers ayant au moins le rang de colonel étudie 44 « incidents exceptionnels ».

Sur tous ces cas, 12 ont été renvoyés au bureau du procureur général militaire, 7 cas ont été clos, 3 sont en attente et deux feront l’objet d’une enquête criminelle.

Trois autres cas, où il y avait un « soupçon raisonnable » qu’il y avait une violation de la loi, ont fait l’objet d’une enquête approfondie immédiate.

La vitesse à laquelle l’unité du procureur général militaire opère tranche avec les actions militaires après l’opération Plomb durci en 2008-2009.

L’équipe de Tibon recommande une enquête approfondie sur la frappe sur une école de l’UNRWA [Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient] dans le nord de la bande de Gaza le 24 juillet, où 16 personnes auraient été tuées, et l’incident du 16 juillet, où 4 enfants ont trouvé la mort sur une plage de Gaza.

L’attaque de la plage s’est déroulée près d’un hôtel où des journalistes étrangers logeaient. Ils ont affirmé qu’il n’y avait aucune activité militaire apparente dans la zone lorsque les frappes aériennes ont eu lieu. Cette attaque a tué 4 enfants et en a blessé plusieurs autres.

Les trois autres incidents sont le cas d’une femme qui a essuyé des balles à Dahaniyeh, l’armée serait l’auteure des tirs, même si « ses mouvements étaient coordonnés » avec les troupes, selon un
militaire ; les incidents du 23-27 juillet au cours desquels Ahmad Abu Raida a soutenu, selon le New York Times, qu’il a fait l’objet d’actes illégaux pendant qu’il était en détention sous surveillance de l’armée israélienne à Gaza ; et la suspicion d’un vol commis par un soldat à Chajaya le 20 juillet.

L’armée a renvoyé 55 incidents à la commission préliminaire de Tibon pour une étude approfondie.

Après l’attaque de l’école de l’UNRWA, l’ONU et le Hamas ont tenu Israël pour responsable mais après enquête, l’armée a affirmé que même si c’était bien un de ses obus qui avait touché l’école, il n’avait causé aucune victime.

Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a annoncé que l’ONU se préparait à enquêter sur les frappes des écoles de l’UNRWA et les morts des fonctionnaires de l’organisation à Gaza pendant l’opération israélienne Bordure protectrice.

Cette enquête sera indépendante de celle du Conseil de sécurité de l’ONU qui vérifiera qu’il n’y a pas eu des crimes de guerre commis par Israël, a indiqué Ban au quotidien arabe Al-Hayat. Il a ajouté qu’il était aussi nécessaire d’enquêter sur la découverte des armes dans les immeubles de l’UNRWA à Gaza pendant le conflit.

Un officier de haut-rang de l’armée a confié que le procureur général militaire enquêterait aussi sur l’utilisation d’artillerie dans des zones urbaines pendant le conflit armé et les évènements du 1er août à Rafah. C’est le jour où le protocole Hannibal a été utilisé après la mort et l’enlèvement du lieutenant Hadar Goldin.

Il a en outre affirmé que les frappes sur des domiciles des dirigeants du Hamas pendant la guerre n’avaient pas été autorisées par le procureur général militaire pour des raisons « punitives », mais plutôt à cause de la menace militaire active de l’organisation à l’époque.

De plus, il ajoute que les frappes aériennes sur les immeubles de résidence de Gaza avaient été autorisées en conformité avec les principes de proportionnalité.

A la suite de l’opération Plomb durci, selon un fonctionnaire, l’armée avait mené 52 enquêtes criminelles qui se sont conclues avec trois condamnations. Les enquêtes, cependant, ont été lancées timidement, après que le juge Richard Goldstone avait déjà lancé son enquête.

L’unité des procureurs généraux militaires « est une organisation qui apprend », explique l’officier de haut-rang. « Nous essayons toujours de nous améliorer ».