JTA — Presque 40 % des Israéliens ont commencé à fumer pendant leur service militaire, révèle une nouvelle étude.

Ce pourcentage, qui représente deux fois le taux national global, est dramatiquement élevé par rapport à celui de l’armée américaine, selon une étude publiée lundi dans le journal Nicotine & Tobacco Research.

Les chercheurs de l’Université de Tel Aviv, de l’Université Hébraïque de Jérusalem et de l’Université de Haïfa ont mené cette étude en coopération avec le corps médical de l’armée israélienne.

Les données ont été collectées auprès de presque 30 000 soldats entre 1987 et 2011.

Environ 37 % des militaires israéliens sont devenus des consommateurs de tabac durant leur service militaire. Les fumeurs représentent 26 % des nouvelles recrues, a déterminé l’étude – ce qui représente une augmentation de 42 % du nombre de fumeurs au cours du service militaire.

Les chercheurs qui ont réalisé l’étude réclament la création d’une instance de lutte contre le tabac au sein de l’armée israélienne pour faire face à ce problème.

« L’utilisation de la cigarette nuit aux soldats et à la sécurité en général », a expliqué dans un communiqué le Docteur Leah Rosen de l’Université de Tel Aviv, auteur principal de l’étude.

« Le gouvernement et le ministère de la Santé doivent coopérer avec l’armée israélienne afin de réduire le nombre de soldats qui ont commencé à fumer, d’encourager les soldats à cesser de fumer et de protéger les non-fumeurs de l’exposition à la fumée de cigarette ».

« Nous devrions prendre exemple sur les Etats Unis, qui ont procédé à des changements amples dans leur politique de lutte contre le tabac au sein de l’armée pour protéger les militaires et améliorer la vivacité et la performance de ses unités de combat ».

Le service militaire est obligatoire pour la majorité des Israéliens et il représente une part centrale de l’identité nationale. Mais il est aussi connu que fumer des cigarettes pour lutter contre l’ennui et le stress fait également partie de l’expérience.

Des militaires israéliens attendent un bus à côté de  Ramallah, le 1er octobre 2009 (Crédit :  Matanya Tausig/Flash 90)

Des militaires israéliens attendent un bus à côté de Ramallah, le 1er octobre 2009 (Crédit : Matanya Tausig/Flash 90)

L’unité de communication de l’armée israélienne a indiqué dans un communiqué que la majorité des fumeurs commençaient à fumer à l’âge de 18 ans, indépendamment du service militaire.

L’armée a expliqué que l’usage du tabac a baissé en son sein – comme c’est le cas aussi en Israël – au cours des « dernières années », et elle a souligné « une série d’actions » menées contre la cigarette.

Elle a ainsi instauré une mission de prévention contre le tabac, fourni des aides à l’arrêt de sa consommation et fumer est dorénavant interdit dans ses espaces publics.

« L’armée israélienne considère que la réduction du nombre de fumeurs – et des dégâts causés par la cigarette – et très importante et elle continuera à oeuvrer en coopération avec toutes les parties concernées pour faire baisser encore ce phénomène et promouvoir la santé de ses soldats », a indiqué Tsahal.

Dans l’armée américaine, l’usage de la cigarette a chuté depuis l’introduction des nouveaux programmes anti-tabac en 1975, mais ce déclin s’est répercuté de la même façon parmi les Américains en général. Environ 24 % des soldats américains fumaient en 2011, selon le Département de la Défense, et 15 % des adultes fumaient en 2015 selon le Centre pour le Contrôle et la Prévention des maladies (CDC).

En comparaison, presque 20 % des adultes Israéliens sont fumeurs, montrent les données du Bureau central des statistiques. Et le taux moyen à travers toute l’Europe est encore plus élevé.

Même si l’usage du tabac a baissé en Israël ces dernières décennies, l’étude n’a trouvé aucun changement significatif dans le nombre des recrues qui fumaient déjà et des soldats ayant commencé à consommer du tabac pendant le service militaire. Les chercheurs ont indiqué ne pas être en mesure d’expliquer ce phénomène.

Environ 18 % des soldats israéliens ont commencé à fumer dans l’armée, et 56 % ont rechuté.

Les soldats issus des unités de combat sont plus susceptibles de commencer à fumer durant leur service, après correction pour tenir compte des autres facteurs.

Les hommes (40 %) risquent davantage que les femmes (32 %) d’avoir déjà commencé à fumer lorsqu’ils quittent l’armée, même si la hausse de l’usage du tabac durant le service est similaire entre les deux sexes.

Parce que 50 % à 65 % des fumeurs connaissent un décès prématuré en raison de causes qui sont liées à l’usage du tabac, la hausse de la consommation du tabac durant le service militaire entraîne des coûts élevés pour la société israélienne. La bonne nouvelle, ont estimé les chercheurs, est que l’armée a, en soi, une capacité unique de créer des changements sociaux.

Ils ont recommandé l’établissement d’un programme de lutte contre le tabac qui ciblerait les anciens fumeurs et les soldats susceptibles de servir au sein des unités de combat, où fume est une habitude plus usuelle.

Parmi leurs autres suggestions, il est nécessaire, selon eux, d’interdire de fumer dans les espaces publics, d’empêcher les soldats de pouvoir obtenir des cigarettes gratuites ou à bas prix.

Il faut également offrir des traitements pour l’addiction au tabac qui soient adaptés à la vie militaire, et contrôler la consommation de tabac tant au niveau individuel qu’au niveau de l’institution.

De plus, ont-ils ajouté, les commandants doivent donner l’exemple en ne fumant pas, particulièrement dans les unités de combat et durant les opérations.