Le Hamas entretiendrait des liens étroits avec les djihadistes affiliés à l’Etat islamique dans le Sinaï, qui est responsable de l’assaut massif de mercredi sur les troupes égyptiennes, selon les renseignements israéliennes.

Des sources égyptiennes affirment que le Hamas a pris soin des blessés dans les hôpitaux de Gaza, tandis que le groupe, qui se fait appeler la « Province du Sinaï » du « califat » déclaré par l’EI, garde les caches d’armes du Hamas dans la péninsule égyptienne, à l’abri des frappes aériennes israéliennes, selon un article publié jeudi dans le quotidien Haaretz.

Le groupe « Province du Sinaï » aiderait également le Hamas dans ses actes de contrebande d’armes dans la bande de Gaza, dans le cadre du réarmement du groupe palestinien.

Cette alliance, ont précisé des sources militaires, est le résultat de la dernière acrimonie entre le Caire et les dirigeants du Hamas.

Les combattants de la « Province du Sinaï » ont frappé des avant-postes de l’armée égyptienne dans la péninsule mercredi dans une vague coordonnée d’attentats-suicides et de combats qui ont coûté la vie à 64 soldats, 90 djihadistes et à quatre civils, selon des responsables égyptiens. C’est le combat le plus important dans le Sinaï depuis la guerre entre Israël et les Arabes en 1973. Au moins 55 soldats auraient été blessés.

L’assaut coordonné dans le Sinaï focalisé sur la ville de Sheikh Zoweid visait au moins six points de contrôles militaires, ont indiqué les responsables de la sécurité. Les djihadistes ont également fait des soldats prisonniers et saisi des armes et plusieurs véhicules blindés, ont-ils ajouté, n’acceptant de donner des précisions que sous condition d’anonymat, les règlements ne les autorisant pas à informer les médias.

L’alliance Hamas-EI n’est pas naturelle, a souligné un journal israélien. Dans la bande de Gaza, le Hamas est engagé dans une petite guerre avec des groupes djihadistes locaux affiliés à l’EI en raison de leurs tirs de roquettes sur Israël sans l’approbation du gouvernement du Hamas.

L’amertume entre le gouvernement du président égyptien Abdel Fattah el-Sissi et le Hamas précède la violence actuelle. Le Hamas est une émanation des Frères musulmans égyptiens, aux prises dans une lutte avec l’armée du pays pour le contrôle de l’Egypte post-Moubarak. En 2013, Sissi a destitué le président élu des Frères musulmans d’Egypte, Mohamed Morsi. Le Hamas avait soutenu Morsi dans cette lutte.

L’alliance avec la « Province du Sinaï » semble être controversée au sein du Hamas aussi. Elle serait actuellement cultivée par l’aile militaire du groupe, mais est contestée par les dirigeants politiques du Hamas, Khaled Mashaal, basé au Qatar, et Ismaïl Haniyeh, basé à Gaza.

Au cours des dernières semaines, l’Egypte a allégé son blocus de la bande de Gaza, ouvrant même le passage de Rafah entre Gaza et le Sinaï pour de brèves périodes. Après les attaques de mercredi, Le Caire semble inverser cette politique.