Après avoir observé une éclipse lunaire totale sur le mont du Temple de Jérusalem en 2008, le pasteur Mark Biltz s’est penché sur la signification d’un tel événement céleste et a commencé à étudier les accidents célestes dans la Bible. Il s’est demandé s’il était possible de leur attribuer un sens.

Il a trouvé un signe positif presque immédiatement dans la Genèse, 1:14, le verset dans lequel Dieu crée le soleil et la lune. Selon une traduction littérale de l’hébreu : « Et Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années. »

L’apparition flagrante de « signes » était tout ce que Biltz cherchait, raconte-t-il au Times of Israel dans une conversation téléphonique depuis son domicile à Washington avant de célébrer le séder de Pessah avec sa congrégation forte de 1 000 âmes.

Le prochain défi était la recherche de connexions historiques – qu’il a rapidement trouvées en abondance.

En balayant les 5 000 années d’éclipses lunaires cartographiées sur le site de la NASA, il a observé un modèle type en croisant les dates des dernières éclipses lunaires avec les périodes historiques. Ce qui a le plus frappé Biltz, c’est les bouleversements liés au peuple juif et à l’Etat d’Israël pendant les « tétrades », le phénomène de quatre éclipses lunaires complètes en deux ans, selon les termes de la NASA.

Il a notamment observé que l’Inquisition, la guerre d’indépendance d’Israël et la Guerre des Six-Jours sont survenues pendant ces périodes de quatre « lunes de sang ». (Pendant l’année de la destruction du Second Temple, qui n’était pas une année de tétrades, une multitude d’événements célestes se sont pourtant produits, précise-t-il.)

Une lune rouge lors d'une éclipse (Crédit : Autorisation de Bob O'Dell)

Une lune rouge lors d’une éclipse (Crédit : Autorisation de Bob O’Dell)

Cette semaine, le monde connaîtra le troisième d’une tétrade de lunes « de sang », appelées ainsi en raison de la « diffusion Rayleigh » (qui provoque également des couchers de soleil rouges) au clair de lune filtré à travers l’atmosphère de la Terre.

Biltz a découvert accidentellement ces quatre phénomènes de lune de sang, aujourd’hui très populaires. Il a écrit un livre en 2008 sur le sujet, et le pasteur John Hagee, qui a également écrit un best-seller et produit récemment un film, a financé le projet.

Certains croyants chrétiens, cependant, considèrent les quatre lunes de sang comme le signe de la fin apocalyptique des temps.

Biltz, pour sa part, déclare au Times of Israel qu’il est sûr à « 100 % que ce n’est pas la fin du monde ».

Il admet volontiers, pourtant, qu’il serait « surpris si un conflit majeur n’avait pas lieu cette année ». Un conflit national juif contemporain n’étant jamais bien loin, il a mentionné la guerre de l’été dernier avec le Hamas.

Le pasteur Mark Biltz, celui qui a découvert des liens présumés entre le phénomènes des lunes de sang et le peuple juif (Crédit : Autorisation)

Le pasteur Mark Biltz est convaincu qu’il existe une relation entre le phénomènes des lunes de sang et l’histoire du peuple juif (Crédit : Autorisation)

Sans en être certain, les lunes de sang pourraient avoir un rapport avec « l’accord horrible conclu avec l’Iran », affirme Blitz dans une conversation qui a suivi l’exposé du président Barack Obama jeudi. L’accord, qu’Obama a qualifié d’ »historique », est dénoncé par le gouvernement israélien comme une « capitulation dangereuse ».

Ce qui compte pour Biltz, c’est que le monde reconnaisse la rectitude du « calendrier biblique » – le calendrier qui fixe les fêtes juives.

Il explique que le calendrier islamique, par exemple, suit simplement la lune ; le grégorien étant basé sur le soleil. Mais le calendrier biblique est basé sur le soleil et la lune.

Cela crée une situation dans laquelle Pâques peut tomber un mois avant Pessah, ou dans laquelle « Jésus a ressuscité avant d’être crucifié » – selon l’hypothèse que la Cène s’est déroulée pendant le sacrifice sacerdotal de la Pâque à Jérusalem.

Dieu, « le Maître gardien du temps, veut que nous tenions compte de Son horloge », souligne Biltz.

La congrégation El Shaddai du pasteur Mark Biltz à Washington lors d'une pause de la prière (Crédit : Autorisation)

La congrégation El Shaddai du pasteur Mark Biltz, à Washington, lors d’une pause de la prière (Crédit : Autorisation)

C’est pourquoi la congrégation de Biltz, un mélange éclectique de nationalités, de langues et de croyances, se réunit le samedi, le Shabbat juif. Biltz, d’ascendance juive du côté de son père et qui observé Pessah dans son enfance en signe de respect pour son grand-père demi-juif, né catholique, mais devenu protestant à l’âge de 19 ans. Dix-neuf ans plus tard, Biltz a été lui-même attiré par la sagesse juive.

Il a commencé à apprendre la littérature rabbinique – il a tout le Talmud à la maison – puis il a réfléchi à sa façon de « changer le monde ».

En 2001, il a décidé que les « chrétiens doivent comprendre à quel point la pensée juive est merveilleuse ». Il a commencé à enseigner les textes juifs en ligne et en direct pour « que les chrétiens aiment les Juifs dans une perspective toraïque, et non d’un point de vue émotionnel ».

Maintenant, avec plus de quatre millions de visites par mois, selon Biltz, son ministère en ligne attire des gens de « toutes les tribus, nations et langues. Ils veulent tous venir et apprendre la Torah ».