Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé lundi soir au Caire pour oeuvrer pour un cessez-le-feu à Gaza, sa garde rapprochée prévenant que la sortie de crise serait longue, peu après que le patron de l’ONU, aussi en Egypte, a réclamé un arrêt « immédiat » des violences.

M. Kerry a aussitôt rencontré Ban Ki-moon, le secrétaire générale des Nations unies également venu plaider pour une trêve au Caire, voisin d’Israël et de la bande de Gaza et traditionnel médiateur dans les conflits entre l’Etat hébreu et le Hamas palestinien.

Après deux semaines d’une offensive aérienne, et désormais terrestre, de l’armée israélienne sur l’enclave palestinienne densément peuplée et sous blocus, qui a fait plus de 570 morts côté palestinien, en grande majorité des civils dont des dizaines d’enfants, selon les sources palestiniennes à Gaza et 27 côté israélien, M. Kerry doit également rencontrer des dirigeants égyptiens, dont le président Abdel Fattah al-Sissi mardi.

Il doit rester au Caire au moins jusqu’à mercredi matin et pourrait se rendre ailleurs au Moyen-Orient, ont précisé des responsables qui accompagnaient le secrétaire d’Etat américain.

« L’objectif est d’obtenir un cessez-le-feu le plus rapidement possible. Cela ne signifie pas que ce sera rapide, et surtout pas que ce sera facile », a indiqué l’un d’eux sous le couvert de l’anonymat.

M. Kerry a à plusieurs reprises fait porter la responsabilité du déclenchement du conflit au Hamas et à ses tirs de roquettes sur le sol israélien –plus de 1 700 projectiles en deux semaines– mais, avec le président Barack Obama, il a récemment multiplié les alarmes sur le bilan des victimes civiles qui ne cesse d’enfler.

Les responsables ont estimé que pour ce conflit, le cinquième entre le Hamas et Israël en moins d’une décennie, la tâche serait plus compliquée en raison de changements régionaux.

Lors du dernier affrontement, en 2012, l’Egypte était dirigé par l’islamiste Mohamed Morsi, grand allié du Hamas, qui avait pesé de tout son poids pour faire accepter la trêve au mouvement palestinien. C’est aujourd’hui l’ex-chef de l’armée Sissi, qui a destitué M. Morsi il y a un an, qui dirige le plus peuplé des pays arabes et, sous son autorité, le Hamas a été interdit en Egypte.

Ainsi, lorsque Le Caire a proposé un cessez-le-feu, Israël a aussitôt accepté mais le Hamas a refusé l’offre en l’état, furieux de ne pas avoir été consulté en amont et conditionnant son accord à une trêve à une levée du blocus israélien imposé depuis 2006 contre la bande de Gaza, l’ouverture de la frontière avec l’Egypte et la libération de dizaines de détenus.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a redit lundi soir que l’Egypte n’entendait pas modifier son initiative.

Washington mène également des contacts avec le Qatar, rival régional de l’Egypte qui reproche au petit émirat gazier son soutien aux islamistes, notamment au Hamas.

Avant de rencontrer M. Kerry, M. Ban a estimé que « la violence doit cesser immédiatement ». « Ce que nous avons vu ces derniers jours est inacceptable.

« J’appelle toutes les parties à faire cesser les violences sans conditions et à revenir au dialogue », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse dans la capitale égyptienne. Avant l’Egypte, M. Ban s’est rendu au Qatar puis au Koweït qui assure les présidences tournantes de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe.

Plusieurs ministres européens ainsi que des responsables du Hamas et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sont ainsi venus au Caire ces derniers jours pour tenter de mettre fin à l’opération israélienne.

Après un appel téléphonique avec M. Ban, le président français François Hollande a dit lundi que « tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ».

Plus tôt dans la semaine, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était également venu plaider au Caire pour un cessez-le-feu « urgent et impérieux ».