WASHINGTON – Plusieurs membres des deux partis de la Chambre de représentants des Etats-Unis ont présenté un projet de loi qui développerait la manière dont le département de l’Education définit l’antisémitisme en conseillant les institutions scolaires sur les moyens d’identifier les discriminations.

Le projet de loi a été présenté le 2 décembre par les représentants Peter Roskam (républicain, Illinois) et Ted Deutch (démocrate, Floride). Il reprend un projet de loi similaire voté la semaine dernière par le Sénat, qui était présenté par les sénateurs Tim Scott (républicain, Caroline du Sud) et Bob Casey (démocrate, Pennsylvanie).

Le projet de loi bénéficie du soutien d’importants membres de la Chambre, comme Eliot Engel (démocrate, New York), Nita Lowey (démocrate, New York) et Ileana Ros-Lehtinen (républicain, Floride).

Le projet de loi développe les directives envoyées régulièrement aux institutions scolaires qui reçoivent un financement fédéral pour définir l’antisémitisme selon une définition publiée pour la première fois par le département d’Etat en 2010.

Le projet de loi adopte la définition du groupe de travail sur l’antisémitisme du Parlement européen : « l’antisémitisme est une perception particulière des juifs, qui peut être exprimé comme une haine envers les juifs. Les manifestations verbales et physiques de l’antisémitisme sont dirigées vers les individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, les institutions de la communauté juive et les installations religieuses. »

Natan Sharansky, le président de l'Agence juive, s'adresse au Conseil des gouverneurs de l'agence, des dirigeants juifs venus du monde entier, à la Knesset, le 1er novembre 2016. (Crédit : Nathan Roi/Agence juive pour Israël)

Natan Sharansky, le président de l’Agence juive, s’adresse au Conseil des gouverneurs de l’agence, des dirigeants juifs venus du monde entier, à la Knesset, le 1er novembre 2016. (Crédit : Nathan Roi/Agence juive pour Israël)

Les deux définitions soulignent aussi que la critique d’Israël peut dévier vers l’antisémitisme, en citant les « trois D » proposés pour la première fois par Natan Sharansky, président de l’Agence juive pour Israël et ancien prisonnier du Goulag soviétique : diabolisation, double standard et délégitimation.

La Ligue anti-diffamation (ADL), qui a fait pression pour cette législation, a déclaré que le projet de loi, qui devrait être voté et ratifié, « traite d’une préoccupation fondamentale des élèves et des parents juifs et pro-Israël : quand l’expression de l’antisémitisme, du sentiment anti-Israël et des croyances anti-sionistes traverse-t-elle la frontière entre la liberté d’expression protégée par le premier amendement et le comportement discriminatoire illégal ? »

Plusieurs associations de gauche ou pro-palestiniennes ont critiqué le projet de loi, déclarant que la formulation liée à Israël était trop vague et empêcherait le débat sur le traitement des Palestiniens par Israël sur les campus universitaires.

« Il classifie à tort la critique d’Israël comme de l’antisémitisme, et vise à garantir que le département de l’Education enquêtera et supprimera les critiques d’Israël sur les campus », a déclaré dans un communiqué Open Hillel, un réseau flou de groupes universitaires qui rejette les restrictions sur la confrontation avec les autres étudiants existant sous l’égide d’une association étudiante juive plus établie, Hillel.