Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki a déclaré lundi que Ramallah avait décidé de retarder la présentation d’un appel au Conseil de sécurité de l’ONU visant à imposer à Israël un calendrier pour se retirer de la Cisjordanie,

Maliki a déclaré à l’agence d’information palestinienne Maan que les Palestiniens avaient décidé d’attendre la fin du dernier round de négociations entre l’Iran et les puissances, et a indiqué qu’ils n’avaient pas encore obtenu une majorité de neuf voix au Conseil de sécurité pour leur proposition.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait promis au début du mois de donner suite à sa volonté de présenter une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies le mois prochain exigeant un calendrier pour le retrait israélien de Cisjordanie d’ici novembre 2016, et a dit « qu’aucune pression » ne pourrait le dissuader de le faire.

Maliki a déclaré que ce n’est pas par crainte de sanctions des Etats-Unis – qui se sont prononcés contre le projet – que les Palestiniens l’avaient retardé.

Les Palestiniens ont besoin de neuf voix pour obtenir l’approbation ou contraindre les États-Unis à utiliser leur droit de veto au Conseil de 15 membres. Cependant, M. Maliki a déclaré que les cinq membres permanents du Conseil étaient trop occupés à essayer de parvenir à un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire pour prêter attention à la question palestinienne.

Les pourparlers avec l’Iran devaient se conclure lundi, mais des informations laissent entendre qu’ils veulent étendre les négociations devant le débordement d’activité diplomatique à Vienne qui ne permet pas de trouver un accord entre les deux parties avant la date butoir d’aujourd’hui.

Maliki a déclaré que bien que Ramallah ne s’attendait pas à ce que les États-Unis changent de cap sur l’utilisation du droit de veto, les Palestinient continueraient dans cette voie. Il a souligné l’intention de son gouvernement d’ « exploiter » l’élan en faveur d’un Etat palestinien dans les capitales européennes pour promouvoir le projet à l’ONU.

Depuis le mois dernier, la Suède a officiellement reconnu l’Etat de Palestine, le Parlement britannique l’a reconnu dans un vote symbolique, et les législateurs français devraient tenir vendredi un vote similaire.

L’Espagne a également voté ce mois-ci pour la reconnaissance de la Palestine dans le cadre d’un accord permanent.

La Grande-Bretagne et la France sont membres permanents du Conseil de sécurité, mais même si les Palestiniens obtenaient la majorité, les Etats-Unis pourraient s’opposer à la mesure.

Les Palestiniens comptent contrer cette possibilité en menaçant de couper les liens de coopération en matière de sécurité avec Israël si les États-Unis exerçaient leur droit de veto.