L’organisation Etat islamique a menacé de « renverser l’État des Juifs » et de poursuivre les « dictateurs du Hamas » à Gaza.

Dans une vidéo publiée mardi, l’Etat islamique a accusé les islamistes du Hamas d’être trop souples dans l’application de la loi religieuse dans l’enclave palestinienne qu’il contrôle.

« Nous renverserons l’État des Juifs [Israël]; et vous [le Hamas] et le Fatah [en Cisjordanie], et tous les autres laïques n’êtes rien du tout et vous serez submergés par tous nos guerriers », a déclaré un membre masqué de l’Etat islamique dans un message enregistré à l’adresse des « tyrans du Hamas ».

« Le règne de la Charia [la loi islamique] sera appliqué à Gaza, malgré vous. Nous jurons que ce qui se passe aujourd’hui au Levant, et en particulier dans le camp de Yarmouk [en Syrie], aura aussi lieu à Gaza », a-t-il déclaré, une référence au camp de réfugiés palestiniens assiégé près de Damas.

Le Hamas combat des groupes salafistes basés à Gaza et affiliés à l’Etat islamique. Certains groupes ont récemment revendiqué le tir de roquettes sur Israël, en défiant ainsi l’autorité du Hamas.

Le ministre israélien des Renseignements, Yisrael Katz (Likud), a déclaré lors d’une conférence mardi que malgré les tensions entre les deux organisations, le Hamas et l’Etat islamique coopéraient dans la Péninsule du Sinaï où l’on assiste à une vague de violences depuis le renversement en 2013 du président islamiste Mohammed Morsi.

« Il y a une coopération entre eux dans le domaine du trafic d’armes et des attaques terroristes. Les Egyptiens le savent, tout comme les Saoudiens. »

« Dans le même temps, à l’intérieur de Gaza, l’Etat islamique défie le Hamas. Ils ont pourtant une cause commune contre les Juifs, en Israël ou à l’étranger », a confié (cité par Reuters).

L’Etat islamique préparait des attaques dans le monde entier pour marquer le mois du Ramadan et l’anniversaire du soi-disant « califat », selon un rapport de l’Institut de l’Etude de Guerre, cité par le quotidien britannique le Daily Mail.

Le rapport affirmait que l’Etat islamique voudrait consolider sa puissance dans les territoires qu’il contrôlait déjà en Irak et en Syrie et agirait pour conquérir des territoires supplémentaires. En Egypte et au Yémen, l’Etat islamique profite des tensions pour recruter « parmi la population locale tout en lançant des attaques explosives massives contre les forces de sécurité ».

« Les affiliés à l’Etat islamique peuvent tenter d’administrer la gouvernance ou de revendiquer un contrôle territorial dans le Sinaï et en Afghanistan, deux moyens de revendiquer l’expansion du califat et de préparer des futures opérations militaires », pouvait-on lire dans le rapport.

Le rapport, publié plus tôt ce mois, avant l’attaque mortelle de vendredi, en Tunisie, dans laquelle 38 personnes ont été tuées, prévoyait effectivement qu’un massacre aurait lieu dans ce pays d’Afrique du nord.

« Les groupes affiliés à l’Etat islamique et aux réseaux de l’Afrique de l’Ouest continueront probablement à préparer des attaques à l’explosif et à mener des attaques terroristes au Maroc, en Tunisie, en Algérie ou en Europe. Les acteurs liés à l’Etat islamique peuvent profiter des flots de réfugiés arrivant depuis la Libye vers l’Italie pour lancer ce type d’attaques », précisait le rapport.

Le groupe doit certainement « envoyer des émissaires » aux groupes djihadistes actifs en Malaisie, en Indonésie et dans les Philippines pour lancer un campagne de propagande contre la Chine, la Turquie et des pays d’Asie du Sud et encourager les attaques de « loups solitaires » aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Australie.

Le rapport a aussi souligné la stratégie du groupe de déclencher une guerre interne au monde musulman en frappant des cibles et des mosquées chiites, comme il l’a fait dans l’attaque de vendredi contre une mosquée chiite au Koweït qui a tué au moins 25 personnes.