Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est arrivé mercredi en Russie pour y rencontrer le président Vladimir Poutine et lui communiquer un renseignement top secret sur l’expansion militaire iranienne dans la région.

Netanyahu est accompagné lors de ce déplacement à Sotchi, une station balnéaire de la mer Noire, par le chef du Mossad Yossi Cohen, qui devrait fournir à Poutine un renseignement « sensible, crédible et très perturbant » au sujet de la présence militaire iranienne en Syrie, a fait savoir le correspondant spécialiste des renseignements du quotidien Yedioth Ahronoth.

La semaine dernière, une délégation israélienne a partagé la même preuve avec les Américains. Israël tente de limiter l’expansion iranienne dans la région.

Toutefois, une « grande inquiétude » est née du côté israélien, après que Cohen et d’autres responsables des services de renseignement ne sont pas parvenus à obtenir un engagement américain au cours de leur déplacement. Israël pousse les Etats-Unis, et dorénavant la Russie, à ne pas soutenir un accord de paix en Syrie qui permettrait à l’Iran et au Hezbollah, soutenu par la République islamique, de s’implanter durablement sur le territoire.

Des responsables du bureau du Premier ministre ont indiqué mercredi qu’Israël a fait part aux Etats-Unis de la tenue de sa prochaine rencontre avec Poutine, a indiqué le site d’information Walla.

Reflétant peut-être la gravité du problème, Netanyahu a reçu d’importantes manifestations de soutien de la part de ses ennemis politiques en amont de sa mission chez Poutine.

« L’effort iranien visant à établir un arc territorial continu de Téhéran à la mer Méditerranée est un danger pour la sécurité. Il est bon que Netanyahu s’efforce de bloquer le front intolérable des menaces contre Israël », a tweeté l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon. Yaalon a été ces derniers mois l’un des critiques les plus féroces du Premier ministre depuis qu’il a été démis de ses fonctions.

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay a indiqué qu’il « souhaite bonne chance au Premier ministre pour sa visite au président russe, même si je ne suis pas optimiste. »

« Les Iraniens, et principalement les milices chiites que l’Iran a fait venir en Syrie, sont la vraie puissance sur le terrain », a-t-il ajouté.

En amont de sa rencontre avec Poutine, Netanyahu a consulté mardi ses responsables de la sécurité.

« Je discuterai avec Poutine de la tentative accélérée de l’Iran d’établir une présence militaire en Syrie », a dit Netanyahu dans un communiqué.

« Ceci prouve, bien sûr, que l’agressivité iranienne n’a pas diminué suite à l’accord sur le nucléaire », a ajouté Netanyahu, qui a poursuivi en disant que « c’est devenu le problème non seulement d’Israël, mais aussi de toutes les nations du Moyen Orient et du monde entier. »

En plus de Cohen, Netanyahu sera aussi accompagné de Meir Ben-Shabbat, récemment nommé à la tête du Conseil de sécurité nationale.

Mercredi, Netanyahu a dit à Poutine que l’Iran remplirait la vacance de pouvoir après la défaite de l’EI par la coalition.

« Dans un effort commun, nous battons Daesh », a dit Netanyahu en utilisant l’acronyme arabe du groupe. « Mais le mauvais côté, c’est que, quand Daesh sera battu, l’Iran prendra sa place. »

« Nous ne pouvons pas oublier, même une minute, que l’Iran menace tous les jours d’annihiler Israël, a-t-il ajouté. Il arme des organisations terroristes, il sponsorise et initie le terrorisme. »