Le dirigeant de la Liste arabe unie a accusé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir causé un violent affrontement dans un village bédouin, au cours duquel un policier et un habitant ont été tués. Il a affirmé que Netanyahu avait manqué à sa parole à propos d’un accord concernant les démolitions de maisons du village.

S’adressant aux journalistes devant le centre médical Soroka de Beer Sheva, le député Ayman Odeh, qui portait un bandage sur la tête après avoir été blessé pendant les manifestations, a réclamé une enquête gouvernementale sur les événements.

Des démolitions de maisons du village bédouin non autorisé d’Umm al-Hiran, dans le Néguev, ont été perturbées mercredi matin quand une voiture, conduite par l’instituteur du village, Yaqoub Mousa Abu Al-Qian, est entrée dans la ligne formée par les policiers. Un policier, Erez Levi, 34 ans, a été tué, et un autre a été blessé.

« Nous étions en négociations jusque tard dans la nuit », a déclaré Odeh, sans préciser les responsables présents pour représenter l’Etat.

« Je participais aux négociations. Nous avions presque terminé. Nous avions atteint un compromis, que les habitants d’Umm al-Hiran ont accepté. Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déjà identifié la population arabe comme l’ennemi public numéro un, a cruellement décidé de détruire un village entier, de tirer et de frapper des hommes, des femmes, et des enfants. »

« Je demande la mise en place d’une commission d’enquête de l’Etat pour étudier tous les événements de ces derniers jours », a-t-il ajouté.

Le bureau du Premier ministre a refusé de commenter les accusations d’Odeh.

Adoptant un ton conciliant, Odeh a déclaré qu’il « y a suffisamment de place pour tout le monde dans le Néguev, Juifs et Arabes. »

Son bureau avait précédemment annoncé que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l’avait appelé pour prendre de ses nouvelles.

Des députés de la Liste arabe unie étaient présents à Umm al-Hiran pour soutenir les manifestants. En arrivant au village, ils ont affronté la police. Les députés Hanin Zoabi, Jamal Zahalka, Osama Saadi, Ahmad Tibi et Aida Touma-Sliman sont également arrivés. Saadi se serait évanoui pendant une confrontation avec la police.

La police a empêché tout accès au village, sauf pour les députés.

Des policiers israéliens déployés pendant des démolitions dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Des policiers israéliens déployés pendant des démolitions dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Selon la Deuxième chaîne, certains des habitants ont tenté de calmer la situation et la police a discuté avec les dirigeants municipaux pour mettre fin aux affrontements. Plusieurs des manifestants ont eu besoin de soins médicaux après avoir inhalé des gaz lacrymogènes.

Odeh affirme avoir été blessé par une balle non létale, dont l’extrémité est recouverte d’éponge, mais des sources policières auraient affirmé qu’il avait été blessé par une pierre lancée par un manifestant.

Raphael Ahren, Dov Lieber et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.