Lors du premier hackathon pour les ingénieurs et les programmeurs haredi, plus de 200 hommes et femmes ont réfléchi avec des mentors de l’industrie technologique israélienne pendant 18 heures la semaine dernière – pour trouver des moyens d’intégrer l’intelligence artificielle, les sciences du big data avec l’étude des anciens, les textes juifs.

Organisé au siège de Facebook à Tel Aviv, l’événement était organisé par KamaTech, un accélérateur de start-ups pour les entrepreneurs ultra-orthodoxes, et avec Sefaria, un site pour les textes et traductions juifs, qui permettait aux développeurs d’utiliser sa plate-forme ouverte pour développer des logiciels programmes.

« C’était très excitant de mettre en place le premier hackathon haredi de l’histoire », a déclaré Moshe Friedman, le PDG de KamaTech. « Nous avons été surpris par le nombre élevé d’ingénieurs et de programmeurs ultra-orthodoxes qui ont répondu à notre appel à participer. »

« Nous avons pensé qu’il n’y avait rien de plus naturel pour les membres de la communauté ultra-orthodoxe de développer des logiciels sur la plate-forme ouverte de Sefaria qui apportera les mondes de l’analyse de texte, du big data, de l’apprentissage automatique, de l’intelligence artificielle et des technologies similaires à l’apprentissage des textes juifs. »

Le PDG de KamaTech Moshe Friedman, à gauche, prend un selfie avec les équipes du hackathon, le 15 novembre 2017 (Crédit : Shuka Cohen)

Les participants, dont la plupart ont une connaissance approfondie des textes juifs, ont trouvé des idées pour combiner les technologies afin de faciliter le processus d’apprentissage, dans ce que Friedman a qualifié de « célébration de la Torah et de la technologie ».

Certaines équipes étaient composées d’hommes, d’autres de femmes et d’autres étaient mixtes. Blottis au-dessus d’ordinateurs portables dans un espace ouvert d’un étage dans les bureaux du réseau social, les équipes ont travaillé sur leurs projets pendant la nuit.

On leur a servi de la nourriture glatt kasher, fournie spécialement pour l’événement, et ils ont pris des pauses pour les prières du soir et du matin. Un repas composé de cholent chaud – un ragoût de haricots et de viande qui est traditionnellement consommé le jour du Shabbat – a été offert jeudi soir à minuit. Les équipes ont ensuite présenté leurs projets vendredi matin devant un jury composé d’Adi Soffer-Teeni, PDG de Facebook Israël, de Brett Lockspeiser, fondateur de Sefaria, et de membres des industries locales du capital-risque et de la technologie.

Le projet gagnant a créé un programme de recherche avancée pour les personnes qui ont besoin d’écrire des discours basés sur la Torah : elles peuvent faire des recherches parmi une collection de discours par exemple, pour une bar mitzva, une brit-mila (circoncision) et même pour un mariage. L’équipe gagnante était entièrement féminine.

Les équipes finalistes ont créé un robot intelligent qui permet aux utilisateurs de rechercher toutes les sources juives dans la base de données Sefaria et un site qui génère automatiquement des jeux basés sur des matériaux étudiés sur Sefaria, par exemple des exercices de mots manquants, des mots-croisés, et des phrases à finir.

La PDG de Facebook Israël, Adi Soffer-Teeni, troisième à partir de la gauche, avec les participantes du hackaton haredi, le 16 novembre 2017 (Crédit : Shuka Cohen)

« Nous leur offrons l’utilisation de tous les textes juifs en tant que base de données », a déclaré Lockspeiser, le fondateur de Sefaria, au début du hackathon. « L’idée est de proposer un projet qui sera utile pour l’apprentissage juif. »

Ce n’est pas la première fois que Facebook Israël s’associe à KamaTech pour stimuler la participation de la population ultra-orthodoxe sur la scène technologique, alors que le géant des médias sociaux cherche une main-d’œuvre diversifiée, explique Omri Grinfeld, recruteur technique chez Facebook en Israël.

Les équipes du hackathon ultra-orthodoxe dans les bureaux de Facebook à Tel Aviv, le 16 novembre 2017. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israël)

Alors que les multinationales affluent en Israël pour mettre en place des centres de recherche et de développement pour exploiter les technologies israéliennes, elles rivalisent avec des start-ups locales et se constituent de pairs avec des étrangers afin de trouver des ingénieurs et des programmeurs talentueux.

Et alors que la pénurie de ces travailleurs qualifiés se profile au cours de la prochaine décennie, Israël cherche à puiser dans les populations – les femmes, les ultra-orthodoxes et les Arabes, qui sont restés la plupart du temps à l’écart du boom des start-ups.