La scolarisation des femmes ultra-orthodoxes dans les établissements d’enseignement supérieur – y compris les programmes gérés par les haredim – constitue une violation flagrante de la loi juive, selon le chef spirituel du parti politique Shas.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site ultra-orthodoxe Kikar Hashabat, le rabbin Shalom Cohen de la yeshiva séfarade Porat Yossef, aujourd’hui président des sages du Conseil de la Torah du Shas, a dénoncé le nombre croissant de femmes ultra-orthodoxes qui cherchent à obtenir des diplômes universitaires pour ce qu’il décrit comme étant des matières qui vont à l’encontre de la tradition juive.

« Nous sommes témoins aujourd’hui [du phénomène] où des femmes diplômées de séminaires [ultra-orthodoxes] s’inscrivent et cherchent à suivre des études universitaires », écrit-il.

« Nos rabbins, les sages d’Israël, sont catégoriquement opposés aux études universitaires », a écrit Cohen, « et même dans les universités haredi, car un nombre important de professeurs sont diplômés d’université et ne respectent pas la vision religieuse du monde pur dans lequel les filles ont été élevées ».

« En outre, les matières dans les universités sont basées sur des méthodes scientifiques et de recherche qui contreviennent à la Torah ! Par conséquent, les étudiants ne devraient même pas envisager d’aller faire des études universitaires dans n’importe quel cadre, puisque ce n’est pas la voie de la Torah ».

La déclaration de la figure spirituelle nouvellement instituée était sa première intervention publique depuis sa nomination. Sa décision, qui ne concerne pas les étudiants de sexe masculin, semble contredire l’opinion de son prédécesseur, le défunt rabbin Ovadia Yossef, sur la question. La fille de Yossef, Adina Bar-Shalom, a fondé le Collège haredi de Jérusalem en 2001, une initiative soutenue par son père.

La condamnation fait suite à la récente expansion des programmes post-baccalauréat adaptés aux normes religieuses ultra-orthodoxes, y compris la création d’un enseignement haredi à l’Université hébraïque et au Technion, un enseignement ultra-orthodoxe prévu à l’université Bar-Ilan, et à l’augmentation du nombre d’étudiants haredi qui affluent vers les établissements d’enseignement supérieur.

En 2012, le Conseil de l’enseignement supérieur a accepté d’investir 180 millions de shekels pendant cinq ans pour l’augmentation des projets éducatifs du collège haredi.