Shoah et esclavage africain, dans les archives d’André et Simone Schwartz-Bart
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Shoah et esclavage africain, dans les archives d’André et Simone Schwartz-Bart

Les archives du couple d'écrivains sont transférées à la Bibliothèque nationale de France et seront étudiées et archivées par des chercheurs de l'ENS

Simone Schwarz-Bart lors de la remise de ses archives personnelles à la Bibliothèque nationale de France en décembre 2018 (Crédit: capture d'écran Francetvinfo)
Simone Schwarz-Bart lors de la remise de ses archives personnelles à la Bibliothèque nationale de France en décembre 2018 (Crédit: capture d'écran Francetvinfo)

Un second lot des archives de Simone et André Schwartz-Bart, un couple d’écrivains qui a consacré son oeuvre à la mémoire de la Shoah et de l’esclavage africain vont être transférées à la Bibliothèque nationale de France.

Avant d’être rangées dans les rayons de la bibliothèque, elles seront auparavant « étudiées par des chercheurs de l’Ecole Normale Supérieure à Paris » qui se pencheront sur cette oeuvre particulière, rapporte Francetvinfo.

Lui était un juif français parlant le yiddish appris dans le Metz des années 1920, refuge de nombreux juifs polonais. Résistant, prisonnier torturé par la Gestapo, mais survivant à l’inverse de ses parents et de deux frères, il entre à la Sorbonne au sortir de la guerre avec une idée en tête : montrer que les Juifs existent en dehors de ce cycle de fuite et de persécutions.

Sa femme Simone, née Brumant, est née dans les Charentes-Maritimes de parents guadeloupéens. Elle rencontre à Paris André Schwartz-Bart alors qu’elle est âgée de 18 ans. C’est lui qui la poussera à écrire, lui-même venant d’achever la rédaction du Dernier des Justes, qui recevra le Prix Goncourt à sa sortie en 1959. Ce premier livre sera traduit dans une trentaine de langues.

« Simone habitait alors avec sa mère à Paris, passe son bac, entre à l’automne dans une pension de jeunes filles à Paris, » détaille Francine Kaufmann, auteur d’une thèse, d’un livre, et de plus d’une trentaine d’études et d’articles de fond sur Le dernier des Justes d’André Schwarz-Bart puis sur le cycle de La Mulâtresse Solitude.

« André qui avait envisagé dès décembre 1955 d’écrire un roman sur la saga des Noirs, quand il aurait terminé son roman juif, reçoit le Goncourt en décembre 1959, récapitule le professeur Kaufmann. Il part début 1960 pour la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique, pour préparer son cycle noir. En mars 1961 il épouse Simone. En automne 1961 tous deux s’installent pour un an à Dakar : Simone, enceinte, entame une licence de littérature tandis qu’André poursuit l’écriture de ce qui deviendra le cycle de La Mulâtresse Solitude« .

« En 1964, poursuit-elle, alors qu’il a déjà rédigé plusieurs versions de son nouveau cycle, André demande à Simone de lui rappeler un incident auquel ils ont assisté ensemble. Le texte qu’elle rédige lui fait découvrir le talent littéraire de son épouse et il la pousse à écrire ».

Simone Schwartz-Bart a fait le déplacement à Paris à l’occasion du transfert de ses archives et d’un séminaire organisé pour l’occasion. Son mari est décédé le 30 septembre 2006 à Pointe-à-Pitre.

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