Trump célèbre la décision sur Jérusalem lors de la soirée de Hanoukka à la Maison Blanche
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Trump célèbre la décision sur Jérusalem lors de la soirée de Hanoukka à la Maison Blanche

"Je sais qu'il y a beaucoup de gens heureux dans cette salle", a déclaré le président américain

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump s'exprime aux côtés du rabbin Meir Soloveichik, à droite, lors d'une soirée de Hanoukka dans la salle Est de la Maison-Blanche, à Washington, le 7 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)
Le président américain Donald Trump s'exprime aux côtés du rabbin Meir Soloveichik, à droite, lors d'une soirée de Hanoukka dans la salle Est de la Maison-Blanche, à Washington, le 7 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

WASHINGTON – Ce jeudi soir, à l’occasion de la soirée annuelle de Hanoukka organisée à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a pris la parole avec une certaine confiance. « Je sais qu’il y a beaucoup de gens heureux dans cette salle », a-t-il déclaré face à la foule.

Après une courte pause pour les applaudissements, il a évoqué ce que tout le monde avait en tête : « Jérusalem. »

La réception a été organisée au lendemain de la déclaration de Trump, qui a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et chargé le Département d’Etat de formuler un plan pour le transfert de l’ambassade américaine – promesse de campagne faite par plusieurs anciens présidents, mais qui n’avait jamais été mise en pratique.

Pourtant, il n’est pas revenu sur son annonce autant que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Il savait peut-être qu’il n’en avait pas besoin. Ou alors, il ne voulait peut-être pas risquer de dire quoi que ce soit de plus qui pourrait aggraver la situation, alors qu’une vague de protestations a balayé le Moyen-Orient et que les Palestiniens ont déclaré qu’ils ne le voyaient plus comme un partenaire fiable dans le cadre du processus de paix – pourtant une priorité absolue de sa présidence.

Au lieu de ça, le président s’en est tenu principalement aux éléments de langage conventionnels : il a parlé du « miracle des Maccabées » et expliqué qu’ils avaient trouvé au départ « juste assez d’huile pour allumer la lampe pendant seulement une nuit. »

« Ils ont pourtant été stupéfaits de constater que, pendant huit jours, la lampe a continué à brûler – un signe de la présence de Dieu dans leur demeure et un symbole de la foi et de la résilience du peuple juif. Vous avez foi et vous avez de la résilience », a déclaré Trump.

Aux côtés de Trump se trouvaient sa femme Melania, sa fille Ivanka, son beau-fils et haut conseiller Jared Kushner, et ses petits-enfants – qui, a-t-il noté, sont juifs.

Ivanka Trump porte son fils Theodore et pose aux côtés de son mari Jared Kushner, haut conseiller de la Maison-Blanche, lors de la réception de Hanoukka organisée par le président américain Donald Trump dans la salle Est de la Maison-Blanche, à Washington, le 7 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

« Je suis fier que mes jolis petits-enfants – Arabella, Joseph et Theodore – se soient joints à nous ce soir, alors que nous célébrons tous ensemble les traditions sacrées qu’ils observent chaque année à la maison. »

Mike Pence, vice-président, son épouse Karen Pence et le rabbin orthodoxe Meir Soloveichik, associé depuis longtemps au Parti républicain, étaient également présents sur scène avec Trump, dans une salle où les arbres de Noël étaient plus nombreux que les chandeliers – on pouvait compter quatre sapins et deux chandeliers.

Alors que la décision de Trump sur Jérusalem a suscité une réaction mitigée de la part de la communauté juive américaine – et notamment l’indignation de la part des plus libéraux –, ceux présents jeudi soir étaient apparemment ravis.

Soloveichik, qui a dirigé la prière de Hanoukka, a remercié Trump d’avoir « reconnu ce que nous avions toujours tous su être vrai ». Quelques minutes avant, Trump avait quelque peu bafouillé sur le nom du rabbin au moment de le présenter, mais avait plaisanté : « Il est tellement heureux pour hier ; il s’en moque si je ne prononce pas bien son nom. »

Trump a également invité sur scène Louise Lawrence-Israels, survivante de l’Holocauste, qui a expliqué avoir été contrainte de se cacher dans un grenier d’Amsterdam quand elle était enfant, à quelques pâtés de maisons de celle où se trouvait Anne Frank.

Elle a expliqué qu’elle travaillait désormais au musée du mémorial de l’Holocauste des États-Unis, à Washington, afin de s’assurer que le public reste conscient des horreurs et de la réalité de ce qui s’est passé. « Les gens ont laissé faire cela, a-t-elle dit. Nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire. La haine et les préjugés ne doivent pas avoir de place dans ce monde. »

Plusieurs membres du cabinet de confession juive étaient également présents, et notamment Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, David Schulman, secrétaire aux affaires des anciens combattants, et Jason Greenblatt, envoyé spécial de Trump pour la paix au Moyen-Orient.

Stephen Breyer, juge à la Cour suprême des Etats-Unis, assiste à la réception de Hanoukka organisée par le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, à Washington, le 7 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Si aucun membre démocrate du Congrès ou d’autres personnalités démocrates n’étaient présents, Stephen Breyer, juge de la Cour suprême, qui est juif, a participé à la cérémonie. Breyer a été nommé à la Haute Cour par l’ancien président Bill Clinton.

Trump a fait allusion à Israël, mais seulement de façon générale.

« Le miracle de Hanoukka est le miracle d’Israël, a-t-il affirmé. Les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ont enduré une persécution et une oppression impensables. Mais aucune force n’a jamais écrasé votre esprit, et aucun mal n’a jamais éteint votre foi. »

Il a, cependant, évoqué dans sa conclusion sa dernière grande décision.

« C’est pourquoi le peuple juif brille comme une lumière parmi toutes les nations. Et maintenant, j’ai une pensée pour ce qui se passe et pour l’amour qui règne partout en Israël en ce qui concerne Jérusalem. »

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