Les Etats-Unis ont proposé de compiler une liste de réfugiés palestiniens souhaitant s’installer en Israël, formulant l’hypothèse qu’un petit nombre serait autorisé par le gouvernement israélien à agir de la sorte, selon une source palestinienne citée par la radio israélienne.

La compilation de cette liste marquerait une nouvelle étape dans les pourparlers de paix patronnés par les Etats-Unis, qui, selon plusieurs sources, bloquent notamment au niveau des garanties sécuritaires pour Israël dans la Vallée du Jourdain.

Le retour des réfugiés est perçu comme l’un des problèmes les plus difficiles à résoudre. Il ne devrait être abordé que dans un accord sur le statut final.

Mercredi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry doit rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour évoquer les pourparlers de paix en cours.

Ramallah réclame le droit au retour pour les Palestiniens ayant quitté leurs maisons lors de la guerre d’Indépendance israélienne, une demande rejetée par Israël, qui considère qu’elle met en danger le caractère juif de l’Etat.

Par le passé, Israël a envisagé un « droit au retour » symbolique pour quelques milliers personnes, dans le cadre d’un accord final.

La source palestinienne citée par la radio israélienne précise qu’il est probable que peu de Palestiniens décident de vivre en Israël, même s’ils en avaient le choix, car ils devraient chanter l’hymne national, HaTikvah, envoyer leurs enfants dans des écoles israéliennes, et éventuellement, devoir à l’avenir faire leur service national ou militaire.

Toute liste finale de Palestiniens à relocaliser doit, selon toute vraisemblance, être approuvée par Israël.

Le sort de millions de réfugiés, à savoir les Palestiniens ayant quitté leurs maisons en 1948 et 1967 ainsi que leurs descendants, est l’une des questions de longue date qui doit être abordée lors des pourparlers actuels entre Israël et les Palestiniens.

Le droit au retour pour l’ensemble des réfugiés au sein du territoire israélien est traditionnellement considéré comme une « ligne rouge » sur laquelle les dirigeants palestiniens refusent de transiger.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est resté ferme sur le sujet, même si cette semaine, à l’occasion d’un discours devant des étudiants israéliens, il a déclaré que les Palestiniens « ne cherchaient pas et ne chercheront pas à inonder Israël de millions de réfugiés afin de modifier sa culture sociale. »

La position traditionnelle des Palestiniens sur le « droit au retour » s’appuie sur l’initiative de paix arabe de 2002, qui stipule qu’une « solution juste et acceptable [doit être] basée sur la résolution 194 de l’ONU. »