WASHINGTON – Une coalition bipartite de sénateurs américains a introduit une demande mercredi qui demande l’abrogation de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies votée le mois dernier, qui qualifie les implantations israéliennes d’illégales et appelle au gel des constructions en Cisjordanie et à Jérusalem Est. L’administration Obama a refusé d’exercer son droit de veto sur cette résolution, permettant ainsi son adoption suscitant la colère d’Israël.

Le sénateur de l’État de New York Chuck Schumer (démocrate), le sénateur du Maryland Ben Cardin (démocrate), le sénateur de la Floride Marco Rubio (Républicain) ont coécrit une condamnation de la motion adoptée aux Nations unies, la décrivant comme « anti-Israël » et appellent à une « abrogation ou à une modification fondamentale » afin qu’elle ne soit plus « unilatérale ».

La proposition appelle également les États-Unis à rejeter les efforts des parties extérieures à imposer des solutions au conflit israélo-palestinien et exige des États-Unis qu’aucune mesure ne soit prise à la Conférence pour la paix à Paris, prévue pour le 15 janvier.

Le texte, qui se montre favorable à la solution à 2 États, déclare que toute résolution sur le statut final de ce conflit devra se faire via des négociations directes entre les parties concernées.

Schumer, chef de la minorité au Sénat a déclaré que les Nations unies n’étaient pas le lieu le plus approprié pour faire progresser le débat.

Schumer est l’un des membres juifs du Congrès les plus éminents, et est un fervent partisan d’Israël.

Le sénateur Chuck Schumer (démocrate, New York) au troisième jour de la convention démocrate nationale à Philadelphie, le 27 juillet 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images via JTA)

Le sénateur Chuck Schumer (démocrate, New York) au troisième jour de la convention démocrate nationale à Philadelphie, le 27 juillet 2016. (Crédit : Joe Raedle/Getty Images via JTA)

« Depuis que ‘le sionisme est du racisme’, les Nations unies sont devenues un organe ouvertement anti-Israël et malheureusement, ce parti-pris ne s’est jamais atténué », a-t-il déclaré dans un communiqué. « C’est donc en connaissance de cause que les administrations américaines, démocrates et républicaines, ont toujours protégé Israël des aléas de cette institution partiale. »

« Malheureusement, en s’abstenant sur la résolution 2334 aux Nations unies, cette administration n’a pas suivi la même voie », a-t-il ajouté. « Cette résolution du Sénat réaffirme que la paix doit se faire au moyen de négociations directes afin d’arriver à une solution à 2 États qui soit viable. »

Rubio, le collègue républicain de Schumer, s’est exprimé de façon similaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le sénateur républicain pour la Floride, Marco Antonio Rubio, le 20 févreir 2013. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le sénateur républicain pour la Floride, Marco Antonio Rubio, le 20 févreir 2013. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/FLASH90)

« Depuis longtemps, les Nations unies oeuvrent pour délégitimer Israël. Malheureusement, il ont été aidés par l’administration sortante », dit-il. « Mais le moment est venu d’inverser la tendance et de renouveler l’engagement de l’Amérique vis-à-vis d’Israël. »

La résolution 2334 a été adoptée à 14-0, suite à l’abstention des États-Unis le 23 décembre. Le texte appelle à l’arrêt des constructions dans les zones obtenues par Israël après la Guerre des Six Jours en 1967, notamment la Vieille Ville, le mont du Temple et le mur Occidental.

Elle appelle également tous les pays du monde à « faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ».

Israël craint qu’un tel discours pourrait conduire à une montée des initiatives de boycott et de sanctions, et des membres du gouvernement israélien ont prévenu que cette mesure laissera le champ libre au terrorisme.

Pour Cardin, un démocrate à la Commission des Relations étrangères, cette résolution entrave un processus de paix déjà ralenti.

Le Sénateur Ben Cardin aux côtés d'autres sénateurs démocrates lors d'une conférence de presse donnée au Capitole, à Washington, le 19 novembre 2015. (Crédit : JTA/Andrew Harrer/Bloomberg)

Le Sénateur Ben Cardin aux côtés d’autres sénateurs démocrates lors d’une conférence de presse donnée au Capitole, à Washington, le 19 novembre 2015. (Crédit : JTA/Andrew Harrer/Bloomberg)

Il a déclaré que la résolution est « un texte unitatéral qui complique les négociations pour la solution à 2 États ».

« Désormais, le Congrès prendra des mesures contres les efforts mis en œuvre par les Nations unies ou contre quiconque utilisera la résolution 2334 pour attaquer Israël. J’espère qu’en 2017, nous pourrons étudier des stratégies et des actions qui faciliteront la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens, et je me tiens prêt à soutenir ces efforts productifs. »

Dix-neuf autres sénateurs ont signé cette résolution en signe de soutien, et notamment le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell (républicain), le sénateur de l’Arizona John McCain (républicain), le sénateur du Connecticut Richard Blumenthal (démocrate), le sénateur de la Pennsylvanie Bob Casey (démocrate), le sénateur du Delaware Chris Coons (démocrate), le sénateur du Texas John Cornyn (républicain), le sénateur de l’Arkansas Tom Cotton (républicain), le sénateur de l’Indiana Joe Donnelly (démocrate) et le sénateur de la Caroline du Sud Lindsey Graham (républicain).

Jeudi, un vote similaire à la Chambre des Représentants est prévu et devrait être adopté.

Le représentant de l’Iowa, Steve King, a également proposé un amendement à la résolution qui supprimerait toutes les références à la solution à 2 États.

King, qui soutenait Ted Cruz à l’élection présidentielle, a finalement apporté son soutient à Trump. Il s’est toujours opposé à la solution à 2 État, une solution à laquelle de nombreux présidents américains ont adhéré.

Il était en faveur de la suppression de cette position sur le programme du parti républicain et été. En juillet, il avait déclaré au Times of Israel qu’une « solution à 2 États ne serait rien d’autre qu’un autre endroit d’où tirer des roquettes sur Israël. Je ne pense pas qu’ils doivent céder les terres israéliennes pour lesquelles ils se sont battus. »

Il y a peu de chances que l’amendement de King ne remporte l’adhésion des démocrates qui soutiennent que la solution à deux États est la seule issue de ce conflit.