30 juifs ultra-orthodoxes anti-conscription arrêtés
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30 juifs ultra-orthodoxes anti-conscription arrêtés

Des centaines de manifestants se sont réunis à Bnei Brak puis ont arrêté la circulation dans les deux sens sur la Route 4

Des manifestants ultra-orthodoxes bloquent une route à Bnei Brak alors qu'ils manifestent contre le projet de l'armée, le 22 mars 2018 (Crédit : Porte-parole de la police)
Des manifestants ultra-orthodoxes bloquent une route à Bnei Brak alors qu'ils manifestent contre le projet de l'armée, le 22 mars 2018 (Crédit : Porte-parole de la police)

Trente manifestants ultra-orthodoxes ont été arrêtés jeudi après avoir lancé des pierres et du gaz lacrymogène sur des policiers et bloqué une grande route centrale israélienne lors d’une manifestation contre l’enrôlement dans l’armée, a annoncé la police.

Des centaines de personnes ont pris part à la manifestation lancée par la faction dite de Jérusalem, une faction ultra-orthodoxe radicale qui a mené des manifestations. Cette manifestation a été organisée pour dénoncer et protester contre la condamnation à 45 jours de prison militaire d’un ultra-orthodoxe qui a refusé de s’enrôler à l’armée, a signalé la chaîne d’information Hadashot.

Les manifestants se sont rassemblés sur la rue Zeev Jabotinsky dans la ville en grande partie ultra-orthodoxe de Bnei Barak, puis ont bloqué la circulation dans les deux sens sur la route 4, une artère clé qui a été bloquée lors des manifestations précédentes.

Un journaliste de l’AFP a vu des manifestants assis et allongés au milieu d’une rue adjacente et des policiers tentant de les disperser, à cheval ou à l’aide de canons à eau.

« Quatre officiers de police ont été légèrement blessés après avoir essuyé des jets de pierres », a indiqué la police.

La route a été fermée pendant plus de trois heures avant que la police ne réussisse à l’ouvrir à nouveau.

La police a déclaré que l’autoroute a été bloquée entre les échangeurs Aluf Sade et Morasha. Les autorités ont conseillé aux automobilistes souhaitant circuler dans cette zone de trouver des itinéraires alternatifs.

Alors que la question de l’enrôlement ultra-orthodoxe est une question controversée en Israël — tournant autour d’un débat vieux de plusieurs décennies sur la question de savoir si les jeunes ultra-orthodoxes étudiant dans les yeshivas, ou les séminaires, devraient être obligés à effectuer le service militaire obligatoire comme le reste de La population juive d’Israël — ces protestations sont l’expression du refus de la faction de Jérusalem d’avoir un quelconque lien avec l’armée.

La loi israélienne impose à tous les jeunes citoyens juifs et druzes de faire leur service militaire à 18 ans, pendant 32 mois pour les garçons et 24 pour les filles, mais les jeunes juifs ultra-orthodoxes étudiant les textes religieux en sont exemptés.

Ces derniers doivent se rendre dans un centre de recrutement de l’armée pour demander et obtenir une exemption.

Des juifs ultra-orthodoxes refusent néanmoins de se présenter devant les autorités militaires pour accomplir cette démarche, notamment les dirigeants rabbiniques de la Faction de Jérusalem, ce qui constitue un délit.

Les tensions sont fortes dans la population ultra-orthodoxe au sujet de la législation présentée par les législateurs de la communauté ultra-orthodoxe qui vise à exempter les étudiants des séminaires religieux du service militaire obligatoire. Après avoir atteint l’âge de 18 ans, les hommes doivent servir pendant 32 mois et les femmes pendant 24 mois au sein de l’armée. Ce projet de loi a menacé de faire tomber le gouvernement plus tôt ce mois-ci en raison des luttes intestines.

En septembre, la Haute Cour de justice a rejeté une loi qui exempte du service militaire les hommes ultra-orthodoxes qui effectuaient des études religieuses, au motif qu’elle portait atteinte au principe de l’égalité devant la loi.

Le tribunal a suspendu sa décision pendant un an pour permettre la mise en place d’un nouvel arrangement, donnant au gouvernement la possibilité d’adopter une nouvelle loi.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a rejeté la demande des partis ultra-orthodoxes d’élaborer leur propre projet de loi sur le sujet, affirmant que cela relevait de la seule responsabilité du ministère de la Défense. Une proposition de loi sur l’enrôlement présentée par les partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas a été approuvée la semaine dernière par la Knesset, mais elle sera remplacée le mois prochain, lorsque la Knesset reviendra de vacances, par une nouvelle proposition de loi sur l’enrôlement, qui celle-ci sera rédigée en coopération avec le ministère de la Défense.

Les Israéliens ultra-orthodoxes bénéficient depuis des décennies d’une exemption générale du service militaire. Les tentatives récentes d’enrôlement de recrues ultra-orthodoxes ont rencontré un certain succès, passant de quelque 300 enrôlés ultra-orthodoxes chaque année il y a une dizaine d’années à quelque 3 000 l’année dernière. Mais de nombreux soldats ultra-orthodoxes sont toujours harcelés, menacés et agressés lorsqu’ils rentrent chez eux en permission dans des quartiers ultra-orthodoxes.

Des manifestations contre l’enrôlement ultra-orthodoxe ont également eu lieu à Beit Shemesh et à Jérusalem, où il y a eu des confrontations entre les manifestants et la police, ce qui a conduit à des arrestations.

Les ultra-orthodoxes observent strictement les règles du judaïsme dans tous les aspects de la vie quotidienne et spirituelle. Ils considèrent la conscription comme une source de tentations pour les jeunes, qui les fait sortir du monde fermé de la prière et de l’étude religieuse à laquelle la plupart d’entre eux se consacrent exclusivement.

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