Rechercher

32 sénateurs US appellent au maintien du rang du chargé de coordination Israël/AP

Le Pentagone veut rétrograder le rang exigé pour le poste de coordinateur sécuritaire des États-Unis à Jérusalem ; un groupe bipartisan souligne l'importance de la fonction

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Les membres des forces spéciales de la police palestiniennes au cours d'une compétition annuelle accueillie par le Centre de formation aux opérations spéciales du roi Abdallah (KASOTC), à Amman, en Jordanie, le 19 avril 2015 (Crédit : AP Photo/Raad Adayleh)
Les membres des forces spéciales de la police palestiniennes au cours d'une compétition annuelle accueillie par le Centre de formation aux opérations spéciales du roi Abdallah (KASOTC), à Amman, en Jordanie, le 19 avril 2015 (Crédit : AP Photo/Raad Adayleh)

Un groupe bipartisan formé de 32 sénateurs américains a vivement recommandé, vendredi, au Pentagone de ne pas rétrograder le rang militaire exigé pour occuper le poste dont la mission, à Jérusalem, est de renforcer la coordination sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Le Pentagone se prépare à réviser à la baisse le grade nécessaire pour accéder au poste de Coordinateur sécuritaire des États-Unis (USCC) à Jérusalem, qui ne serait ainsi plus occupé par un général trois étoiles mais par un colonel, a confirmé une source officielle auprès du Times of Israel. Une initiative qui résulte de la loi NDAA (National Defense Authorization Act) qui a été adoptée par le congrès en 2017 et qui comprend une disposition prévoyant de réduire le nombre de généraux et d’officiers supérieurs de 111, dans le but de diminuer les dépenses.

Si une majorité des sénateurs qui ont écrit cette lettre, vendredi, au secrétaire d’État à la Défense Lloyd Austin ont voté pour la loi NDAA en 2017, ils affirment dans leur courrier qu’inclure le poste de l’USCC à Jérusalem dans la liste des rétrogradations « saperait la crédibilité et la responsabilité américaines dans une région où il est déterminant que nous puissions nous prévaloir de la présence d’un officier de haut-rang qui s’engagera avec les responsables militaires des autres nations ».

« La rétrogradation à ce poste nuirait à des programmes sécuritaires de premier plan et dégraderait la communication entre les Israéliens et les Palestiniens, une communication facilitée par l’USCC », ont écrit les sénateurs dans cette lettre qui a été initiée par le démocrate Jon Ossoff et par le républicain Lindsey Graham.

Le secrétaire d’État Antony Blinken et l’ambassadeur Tom Nides ont, eux aussi, fait part de leur préoccupation à ce sujet, a déclaré un responsable au Times of Israel qui a ajouté que le ministère israélien de la Défense avait exprimé des inquiétudes similaires.

Le bureau de l’USCC à Jérusalem avait été établi en 2005 dans le cadre de « La Feuille de route pour la paix » qui avait été mise en place par l’administration Bush. L’équipe internationale comprend des représentants du Royaume-Uni, du Canada, des Pays-Bas, de l’Italie, de la Turquie, de la Pologne et de la Bulgarie mais elle est chapeautée par les États-Unis, dont le représentant est également le plus haut-gradé du groupe. Le poste de l’USCC est actuellement occupé par le Lieutenant Général Michael Fenzel.

Des policiers palestiniens participent à une formation à leur siège de Hébron, en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Depuis sa création, le bureau de l’USCC s’est concentré sur la réforme et sur le renforcement des forces de sécurité de l’AP ainsi que sur la collaboration entre les forces palestiniennes et israéliennes – une coordination qui, selon Tsahal, est déterminante pour la stabilité de la région.

Les partisans de la nomination d’un militaire présentant un grade trois étoiles expliquent que cela a permis au coordinateur d’accéder à des responsables de haut-rang à Washington, à Jérusalem et à Ramallah – des officiels qui ne prendraient pas le poste autant au sérieux si un simple colonel devait l’occuper.

Le Coordinateur spécial s’est avéré particulièrement essentiel pendant les périodes de crise survenues dans les liens unissant les Israéliens et les Palestiniens. Quand l’AP avait annoncé la rupture de la collaboration sécuritaire avec Israël en 2017, dans le contexte de fortes tensions entourant la question du mont du Temple, l’USCC avait été le seul canal de communication entre les deux parties. Le bureau du Coordinateur facilite aussi le transfert des armes dont les forces de sécurité palestiniennes ont désespérément besoin, ce qui rassure les personnalités les plus sceptiques, en Israël, mais dont l’approbation tacite est nécessaire pour que de tels transferts puissent se faire.

« L’USCC est peut-être l’initiative américaine la plus réussie dans le contexte israélo-palestinien », ont affirmé Shira Efron, qui travaille au Israel Policy Forum, et Ghaith al-Omari, de l’Institut politique du Proche-Orient à Washington, dans un article conjoint qui a été récemment publié.

« Sans fanfare, ce poste a joué un rôle central dans la reconstruction des relations entre Israéliens et Palestiniens après la Seconde intifada, dans la réduction durable des violences et il a permis de créer un secteur sécuritaire raisonnablement professionnel et capable qui pourrait être le noyau de la construction d’un futur état palestinien », ont-ils ajouté.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...