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5 arrestations lors de l’évacuation d’avant-postes illégaux par la police

Trois activistes ultra-nationalistes ont été légèrement blessés ; des centaines de personnes ont été autorisées à rester dormir dans ces campements illégaux en Cisjordanie

Les partisans du mouvement pro-implantation installent des tentes pour établir un nouvel avant-poste près de   Kiryat Arba, le 20 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Les partisans du mouvement pro-implantation installent des tentes pour établir un nouvel avant-poste près de Kiryat Arba, le 20 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

La police a arrêté cinq ultra-nationalistes israéliens lors de heurts violents qui ont eu lieu dans la soirée de mercredi et dans les premières heures de la journée de jeudi – alors que les agents ont essayé d’évacuer des milliers de personnes de six sites, en Cisjordanie, où elles tentaient d’établir de nouveaux avant-postes.

Trois jeunes activistes ont été emmenés, légèrement blessés, à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. L’organisation pro-implantation extrémiste Nachala, qui avait organisé cette opération illégale, a affirmé de son côté que les forces de l’ordre avaient fait preuve d’un usage de la force excessif pour faire partir les militants – des adolescents en majorité – des tentes qu’ils avaient installées au cours de ces dernières vingt-quatre heures.

Ils n’étaient parvenus à s’implanter avec leurs abris de fortune que dans six endroits et l’un de ces sites, situé à proximité de l’implantation de Kiryat Arba, dans le sud de la Cisjordanie, a été évacué presque immédiatement par la police.

Mais les forces de l’ordre semblent avoir déterminé que les autres sites où s’étaient installés les jeunes posaient moins de menace à l’ordre public et elles ont permis à des centaines d’Israéliens d’extrême-droite de passer la nuit dans au moins cinq campements de toute la Cisjordanie.

Il est difficile de dire si et quand la police interviendra pour obtenir le démontage des tentes dans ces cinq campements également. Le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev ont donné l’ordre aux agents, mercredi, d’empêcher cette opération illégale d’aller de l’avant.

Plusieurs députés du parti d’opposition d’extrême-droite du parti Sionisme religieux, dont la base électorale est constituée de partisans radicaux du mouvement pro-implantation, ont également pris part à l’opération qui s’est aussi déroulée en présence de certains maires de municipalités situées en Cisjordanie. Le président du conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz, a ainsi été aperçu en train de prier avec les jeunes activistes dans la matinée de jeudi, à l’aube.

Des jeunes qui ont aussi bénéficié du soutien de certains membres du gouvernement, et notamment de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked qui a écrit sur Twitter que les jeunes filmés en train d’affronter les policiers étaient « une réelle inspiration ». Elle a toutefois été la seule membre de la coalition à soutenir ouvertement l’opération menée par l’organisation Nachala, tandis que Gantz et Barlev ont, de leur côté, souligné sa nature illégale et apporté leur soutien aux policiers chargés d’empêcher l’établissement de ces nouveaux avant-postes.

Dans un communiqué émis dans la nuit de mercredi à jeudi, Nachala a promis de continuer ses efforts pour s’implanter en Cisjordanie, ajoutant que ses activistes évacués par la police se contenteraient d’aller dresser leurs tentes ailleurs.

Un porte-parole de l’organisation a indiqué que plus de 10 000 volontaires avaient participé à cette initiative, dès mercredi après-midi, bien que ce chiffre n’ait pas pu être confirmé de manière indépendante.

Nachala a lancé un appel en direction du ministre de la Défense, tard dans la soirée de mercredi, lui demandant d’annuler les évacuations en cours dans les avant-postes et de « geler la situation au moins jusqu’à la prochaine réunion du cabinet » qui est prévue dimanche.

Avant l’opération de l’organisation Nachala, l’armée et la police avaient aussi émis un communiqué conjoint qui établissait clairement que la mise en place d’avant-postes en Cisjordanie était « illégale et interdite » sans les autorisations nécessaires et qui avertissait que les forces de sécurité « empêcheront toute activité illégale pour assumer la mission qui est au cœur de leur travail et qui est de prévenir et de déjouer le terrorisme ».

C’est Nachala qui avait été à l’origine de l’initiative qui avait visé à établir l’avant-poste d’Evyatar, l’année dernière. Des dizaines de structures artisanales avaient été construites dans la nuit lors d’une opération qui avait eu lieu peu de temps après avec la guerre de Gaza, en 2021, alors que les autorités s’affairaient encore à répondre aux émeutes qui avaient balayé l’État juif pendant le conflit. Le gouvernement, qui était dirigé à l’époque par l’ancien directeur du conseil de Yesha, organisation-cadre du mouvement pro-implantation, Naftali Bennett, avait trouvé un compromis avec les activistes qui avaient accepté d’évacuer la zone. Toutefois, le gouvernement s’était engagé à permettre aux structures de rester intactes et il avait demandé aux militaires de sécuriser le secteur, le temps que les autorités mènent une étude pour déterminer le statut des terres où cet avant-poste illégal avait été installé.

L’avant-poste d’Evyatar en Cisjordanie, le 5 juillet 2021. (Credit: Flash90)

L’étude avait finalement évalué qu’une grande partie de la zone pouvait être déclarée comme « terres appartenant à l’État », une évaluation qui avait mis en joie les partisans du mouvement pro-implantation. Le gouvernement se sera néanmoins abstenu de permettre aux ultra-nationalistes de retourner à Evyatar, affirmant que les structures y ont été édifiées illégalement et que leur légalisation entraînerait des conséquences à l’international.

Parmi les raisons justifiant sa dernière opération, Nachala a cité les constructions palestiniennes illégales dans la Zone C, affirmant qu’une riposte était nécessaire pour sauver les terres restantes de Cisjordanie.

Des permis de construire ne sont que rarement accordés aux projets de logement palestiniens dans la Zone C, tandis que des dizaines de milliers d’autorisations sont avancées chaque année à différents stades de planification par le gouvernement israélien en faveur des implantations.

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