5 soldats de Tsahal risquent une inculpation pour avoir battu des Palestiniens
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5 soldats de Tsahal risquent une inculpation pour avoir battu des Palestiniens

L'enquête militaire révèle qu'un des militaires aurait filmé des actes de violence contre des suspects ; le commandant risque d'être inculpé pour ne pas avoir empêché les abus

Photo d'illustration. Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)
Photo d'illustration. Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)

Cinq soldats de l’armée israélienne, dont un commandant de compagnie et un commandant d’escadron, seront probablement inculpés de crimes graves et risquent de longues peines de prison. Ils auraient, en effet, battu des détenus palestiniens, d’après un rapport publié mardi soir.

Les deux suspects palestiniens avaient été arrêtés la semaine dernière dans la région de Ramallah, dans le cadre des efforts déployés par l’armée pour localiser un terroriste qui a ouvert le feu sur un arrêt de bus devant l’avant-poste de Givat Assaf en décembre 2018, tuant deux soldats du bataillon Netzah Yehuda et blessant gravement un troisième membre de l’unité et une civile.

Les cinq militaires sont soupçonnés d’avoir battu les deux détenus palestiniens pour venger leurs camarades tombés sous les balles des terroristes.

Tsahal a refusé de commenter la date exacte de l’arrestation et du passage à tabac présumé.

Ils servent tous dans le bataillon religieux Netzah Yehuda de la Brigade Kfir.

Tous les soldats ont été placés en détention provisoire jusqu’à dimanche, selon le site d’information Ynet.

Des soldats israéliens effectuent des raids dans le village de Kobar, en Cisjordanie, le 31 décembre 2018, à la recherche de terroristes palestiniens responsables d’un attentat meurtrier devant l’avant-poste de Givat Assaf au début du mois. (Armée israélienne)

Une enquête menée par la division des enquêtes criminelles de l’armée a révélé qu’un des soldats avait filmé une partie de l’incident, selon le rapport. Les images montrent des militaires donnant des coups de pied et de poing aux suspects palestiniens, leur infligeant des blessures.

Citant des sources anonymes, le rapport ajoute que l’inculpation imminente devrait porter sur des cas de violences et d’abus graves et que les soldats risquaient une lourde peine de prison.

L’armée aurait également l’intention de porter plainte contre un commandant qui n’a pas participé activement aux violences, mais qui n’aurait rien fait pour y mettre fin.

L’unité du porte-parolat de Tsahal a répondu au rapport en indiquant que l’enquête était en cours et que ses conclusions seraient transmises au procureur général des armées.

Des soldats de l’unité ultra-orthodoxe ‘Netzah Yehuda’ sur la base militaire Peles dans le nord de la Vallée du Jourdain, en août 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Les soldats du bataillon Netzah Yehuda, qui opère principalement en Cisjordanie, ont été au centre de plusieurs controverses liées aux extrémistes de droite et aux Palestiniens, en particulier ces derniers temps.

Le mois dernier, deux membres du bataillon ont été démis de leurs fonctions après s’être battus avec un groupe d’agents de la police des frontières qui avaient arrêté certains de leurs amis civils pour avoir lancé des pierres sur des maisons palestiniennes, à Ramallah.

Toujours en décembre, la police militaire a lancé une enquête sur les agissements des soldats de Netzah Yehuda qui avaient abattu un homme de Jérusalem-Est qui, selon eux, aurait tenté de les percuter avec sa voiture à un poste de contrôle en Cisjordanie. Une enquête initiale sur l’incident a révélé qu’il ne s’agissait pas d’une tentative d’attaque à la voiture-bélier.

En 2016, un soldat du bataillon a été condamné à 21 jours de prison militaire pour avoir participé à ce qu’on a appelé un « mariage de la haine », au cours duquel des extrémistes ont célébré le meurtre d’un jeune enfant palestinien quelques mois auparavant.

D’autres ont également été condamnés dans le passé pour avoir torturé et maltraité des prisonniers palestiniens.

Le bataillon a été créé pour que les soldats ultra-orthodoxes et les autres soldats religieux puissent servir sans avoir le sentiment de faire entorse à leurs croyances. Les soldats n’interagissent pas avec les troupes féminines dans la même mesure que les autres militaires et disposent de plus de temps pour prier et étudier.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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