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6 000 émeutiers gazaouis réunis à la frontière ; 1 mort

Vendredi soir, deux roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza et activé les sirènes d’alarme dans la communauté de Kissoufim ; elles ont atterri en territoire gazaoui

Un jeune manifestant brandit un drapeau palestinien alors qu'il manifeste près de la barrière frontalière avec Israël à l'est de la ville de Gaza, le 4 octobre 2019. (MAHMUD HAMS / AFP)
Un jeune manifestant brandit un drapeau palestinien alors qu'il manifeste près de la barrière frontalière avec Israël à l'est de la ville de Gaza, le 4 octobre 2019. (MAHMUD HAMS / AFP)

Un Palestinien a été tué vendredi par des tirs israéliens lors d’émeutes près de la barrière séparant Israël de la bande de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas, groupe terroriste qui dirige l’enclave palestinienne.

Alaa Hamdan, 28 ans, a été touché mortellement à la poitrine près de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, a annoncé Achraf Al-Qoudra, le porte-parole du ministère.

Cinq autres Palestiniens ont été blessés par balles lors de ces émeutes, selon le ministère.

L’armée israélienne n’a pas commenté ce décès.

Selon la Douzième chaîne israélienne, Hamdan a pu être tué par une grenade palestinienne.

Un porte-parole de l’armée israélienne a indiqué qu’environ 5 800 manifestants s’étaient rassemblés en différents endroits près de la barrière séparant Israël de Gaza, certains lançant des pierres et des engins explosifs vers les soldats israéliens postés de l’autre côté.

Les émeutiers ont également brulé des pneus et lancé des explosifs et l’armée a répondu avec des tirs de gaz lacrymogène et parfois par des tirs à balles réelles.

Vendredi également, deux projectiles ont été lancés en direction d’Israël depuis la bande de Gaza, mais n’ont pas traversé la frontière et ont atterri en territoire gazaoui, a fait savoir l’armée israélienne dans un communiqué.

Une photo prise dans la ville de Gaza le 5 mai 2019 montre des tirs de roquettes sur Israël. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Ces tirs ont activé les sirènes d’alarme dans la communauté de Kissoufim, aux abords de Gaza, peu avant minuit.

Vendredi dernier, plus de 7 000 Palestiniens ont afflué vers la frontière gazaoui et l’un d’entre eux a été tué, et 28 autres ont été blessés par les dispositifs anti-émeutes de l’armée israélienne.

Depuis mars 2018, la bande de Gaza est le théâtre, le long de la barrière frontalière, de manifestations hebdomadaires généralement accompagnées de violences. Israël accuse les dirigeants du Hamas d’instrumentaliser ces émeutes pour commettre des attaques contre les soldats israéliens et tenter de franchir la clôture frontalière.

Jeudi dernier, une délégation du renseignement égyptien s’est rendu en Israël dans le plus grand secret, pour éviter une flambée des tensions entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, dans un contexte d’impasse politique à Jérusalem, a fait savoir la Treizième chaîne.

La délégation a rencontré des responsables du bureau du Premier ministre pour la première fois depuis les élections du 17 septembre en Israël, qui n’ont pas désigné de vainqueur. Les autorités égyptiennes craignent que la situation à Gaza ne se dégrade une fois de plus, et que l’instabilité politique à Jérusalem ne fasse évoluer la situation en une véritable guerre.

La visite de la délégation égyptienne n’a pas été mentionnée dans les médias. L’Egypte a endossé le rôle de médiateur à plusieurs reprises lors de trêves entre Israël et le Hamas.

Le quotidien Haaretz avait rapporté que Netanyahu prévoyait une large offensive à Gaza après l’incident mais y a renoncé quand le procureur-général lui a fait savoir qu’il aurait besoin de l’accord du cabinet.

Le 10 septembre, deux roquettes ont été lancés depuis Gaza sur les villes d’Ashdod et d’Ashkelon, pendant des meetings de campagne du Premier ministre, qui a été évacué de l’estrade par ses gardes du corps, pour se mettre à l’abri.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en réunion sécuritaire après des roquettes tirées de Gaza, aux quartiers généraux de l’armée à Tel Aviv, le 10 septembre 2019. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Quelques heures après le tir de roquettes depuis la Gaza, Netanyahu a convoqué les chefs de la sécurité, notamment le chef d’état-major Aviv Kochavi, le directeur du Shin Beth Nadav Argaman et le chef du Mossad Yossi Cohen.

Selon Haaretz, Netanyahu, qui est également ministre de la Défense, souhaitait une réaction militaire aux roquettes “extraordinaires” et “de grande portée” – dont la nature n’a pas été dévoilée – mais plusieurs responsables de la sécurité étaient récalcitrants.

Au lendemain du scrutin du 17 septembre, trois obus de mortiers avaient été lancés en direction d’Israël. Deux d’entre eux n’ont pas franchi la frontière et ont atterri dans la ville de Rafah, blessant sept personnes. Le troisième est tombé près de la clôture frontalière séparant Israël de la bande de Gaza.

L’AFP a contribué à cet article.

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