60 experts du droit des réfugiés critiquent le projet israélien d’expulsion
Rechercher

60 experts du droit des réfugiés critiquent le projet israélien d’expulsion

Expulser des demandeurs d’asile africains constitue une violation au droit international, ont estimé des experts du droit des réfugiés des Etats-Unis, du Canada et d’Europe

Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'homme protestent contre l'expulsion de demandeurs d'asile sur la place Rabin à Tel-Aviv le 24 mars 2018. (Crédit : Gili Yaari / Flash90
Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'homme protestent contre l'expulsion de demandeurs d'asile sur la place Rabin à Tel-Aviv le 24 mars 2018. (Crédit : Gili Yaari / Flash90

Soixante experts du droit des réfugiés des Etats-Unis, du Canada et d’Europe ont appelé la procureur général d’Israël à empêcher le gouvernement d’expulser environ 38 000 demandeurs d’asile africains du pays, déclarant que l’application du plan violerait le droit international.

« Nous appelons l’état d’Israël à ne pas procéder aux expulsions et à libérer ceux qui sont détenus pour avoir refusé de coopérer avec les expulsions possibles », notait-on dans la lettre envoyée dimanche au Procureur Général Avichai Mandelblit de la part d’experts d’universités comprenant Harvard, McGill et Oxford.

« En procédant à ces expulsions, Israël sera en violation sérieuse de ses obligations concernant le droit international de réfugiés et des droits de l’homme ».

La lettre expliquait, entre autres éléments, que le projet d’expulser les demandeurs d’asile du Soudan et de l’Erythrée vers un troisième pays non identifié leur ferait courir des risques parce qu’il manquait de vision à long-terme.

« Alors que typiquement de tels accords visent à promouvoir un partage équitable des responsabilités et à empêcher des futures migrations, ces accords font exactement le contraire », pouvait-on lire dans la lettre. Ils permettent d’expulser des réfugiés d’Israël pour les placer dans des pays qui ont du mal à accueillir et à protéger les nombres croissants de réfugiés qui y sont déjà arrivés ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé le plan d’expulser 38 000 migrants en janvier, entraînant une levée de boucliers de nombreux groupes d’aide aux réfugiés, de groupes et de personnalités juifs américains – y compris de nombreuses personnes qui évitent d’habitude de critiquer publiquement les politiques du gouvernement israélien.

La semaine dernière, Netanyahu a semblé infléchir la politique, annonçant un plan d’expulser environ la moitié des migrants par le biais d’un processus régularisé et dirigé par les Nations Unies. Ce plan a été largement salué, y compris par des groupes américains juifs, mais sous la pression de ses partenaires gouvernementaux de droite, Netanyahu a de nouveau changé sa politique en l’espace de quelques heures et a déclaré revenir à son projet initial.

Dans une lettre de 5 avril, 11 groupes juifs américains ont appelé Netanyahu à s’engager à nouveau pour le plan des Nations Unies.

« Dans le sillage de l’Holocauste, Israël a joué un rôle majeur dans la création de la Convention des Réfugiés des Nations Unies, qui a établi le cadre international pour la protection des réfugiés dans le monde », expliquait la lettre de l’Anti-Defamation League (ADL), du Conseil Juif des Affaires Publiques, de l’HIAS, le principal groupe juif de conseil sur l’immigration, et les affiliés aux mouvements Conservateurs, Réformé et Reconstructionniste.

« Nous appelons Israël à illustrer les principes inscrits dans cet accord, à trouver un avenir aux réfugiés, à fournir des procédures d’asyles complètes et équitables et à chercher activement des options pour un troisième pays relocation ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...