70 milliards de shekels de dépôts étrangers ont quitté les banques israéliennes
Rechercher

70 milliards de shekels de dépôts étrangers ont quitté les banques israéliennes

Les enquêtes menées par les autorités de réglementation américaines sur l'évasion fiscale par des clients étrangers de banques israéliennes ont entraîné des sorties de fonds

Hedva Ber, superviseuse des banques à la Banque d'Israël, à l'extrémité, à droite, lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv, le 24 mai 2017 (Crédit : Autorisation Shoshanna Solomon)
Hedva Ber, superviseuse des banques à la Banque d'Israël, à l'extrémité, à droite, lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv, le 24 mai 2017 (Crédit : Autorisation Shoshanna Solomon)

Les banques israéliennes ont diminué leurs activités à l’étranger et il ont observé une baisse « dramatique » du nombre de dépôts détenus par les résidents étrangers dans les banques israéliennes, a déclaré mercredi l’organisme de réglementation bancaire de la Banque d’Israël.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Jérusalem alors que la Banque d’Israël publiait son enquête annuelle pour 2017 sur le système bancaire israélien, Hedva Ber, la superviseure des banques, a déclaré que près de 70 milliards de shekels (19,5 milliards de dollars) de dépôts de résidents étrangers ont quitté le système bancaire israélien au cours des dix dernières années.

« Certaines banques israéliennes font toujours l’objet d’enquêtes de la part des autorités américaines », a-t-elle indiqué, soulignant que les enquêtes portent sur des événements du passé et non sur le présent. « Les conséquences de ces enquêtes ont été internalisées à la fois par le régulateur bancaire israélien et les banques elles-mêmes, a-t-elle ajouté, ce qui a conduit à une forte baisse des dépôts des étrangers dans les banques.

Le système bancaire israélien a connu une « baisse spectaculaire du montant des dépôts que les résidents étrangers injectent dans le système bancaire israélien », a-t-elle déclaré. « Une baisse de 54 %, presque 70 milliards de shekels, des dépôts qui ont quitté le système bancaire israélien au cours des dernières années, en raison des exigences plus strictes des banques et du superviseur bancaire » concernant le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale, a-t-elle précisé.

« Il s’agit d’un très grand changement qui a également des implications macroéconomiques, parce que la baisse est spectaculaire », a-t-elle fait remarquer.

Les autorités américaines ont ciblé trois banques israéliennes dans le cadre d’enquêtes sur l’évasion fiscale par les clients. En 2014, Bank Leumi Le-Israel Ltd. a accepté de verser quelque 400 millions de dollars aux organismes de réglementation américains pour régler une enquête criminelle après avoir admis qu’elle avait aidé les contribuables américains à cacher des actifs. Les enquêtes menées par les autorités de réglementation américaines sur Bank Hapoalim Ltd. et Bank Mizrahi-Tefahot Ltd. sont en cours.

La banque Hapoalim a déclaré plus tôt ce mois-ci qu’elle avait constitué une provision supplémentaire de 60 millions de shekels (17 millions de dollars) pour couvrir un éventuel règlement futur avec les autorités américaines, ce qui porte à 365 millions de dollars le montant total mis de côté pour un éventuel règlement, a rapporté Reuters. La banque a déclaré que les pourparlers avec le ministère américain de la Justice et les autorités de l’État de New York sont en cours et qu’elle espère une conclusion en 2018. Selon Globes, la banque Mizrahi-Tefahot a constitué des provisions d’environ 162 millions de shekels pour l’enquête jusqu’à présent.

Les banques ont également fermé bon nombre de leurs succursales et de leurs bureaux de représentation à l’étranger à la suite des enquêtes, a ajouté Mme Ber. « Il y a quelques années, elles avaient des activités dans de nombreux pays du monde. »

La banque Leumi a fermé des succursales en Suisse, au Luxembourg et en Amérique latine, par exemple, et Hapoalim a fermé des succursales à Londres et en Amérique latine, entre autres.

La « fermeture significative » de la plupart des activités des banques à l’étranger est due au fait que les banques ont compris qu’“il y a de grands risques réglementaires en opérant à l’étranger, le contrôle à distance est compliqué” et qu’elles ne sont « pas intéressées à être impliquées dans des enquêtes longues et coûteuses », a conclu Mme Ber.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...