Rechercher

80 ans après, hommage à Strasbourg aux 86 Juifs gazés au camp nazi du Struthof

Initialement, 109 Juifs (30 femmes et 79 hommes) avaient été sélectionnés à Auschwitz afin de constituer à Strasbourg une "collection de squelettes juifs" - propos d'un médecin SS

Sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015, une vue générale de l'entrée du seul camp de la mort nazi sur le sol français, le camp de concentration du Struthof de la Seconde Guerre mondiale, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 16 avril 2015, une vue générale de l'entrée du seul camp de la mort nazi sur le sol français, le camp de concentration du Struthof de la Seconde Guerre mondiale, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

« Il ne faut pas que la mort ait le dernier mot » : un hommage a été rendu dimanche à Strasbourg aux 86 Juifs assassinés en 1943 dans la chambre à gaz de Natzweiler-Struthof, l’unique camp de concentration nazi en France, alors installé en Alsace annexée.

« Il nous appartient aujourd’hui de dire sans relâche le nom des 86 victimes, de raconter leur histoire, de les transmettre aux générations futures et ainsi de restituer leurs voix ainsi que celle des six millions de Juifs disparus » dans la Shoah, a déclaré l’historien Raphaël Toledano aux quelques dizaines de personnes rassemblées sous une chaleur écrasante dans le cimetière juif de Cronenbourg, dont plusieurs élus locaux et la préfète du Bas-Rhin.

« Nous devrons tout faire pour rappeler sans cesse la mémoire de ces 86 Juifs et répéter que ces 29 femmes et ces 57 hommes », âgés de 17 à 64 ans, « ont été à la fois victimes d’une science dévoyée et mortifère (…) et victimes de la Shoah », a-t-il ajouté.

Egalement médecin, Toledano avait découvert en 2015 à l’institut de médecine légale de Strasbourg des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt, directeur de l’institut d’anatomie de la Reichsuniversität de Strasbourg alors que l’Alsace était annexée par l’Allemagne hitlérienne.

Initialement, 109 Juifs (30 femmes et 79 hommes) avaient été sélectionnés à Auschwitz afin de constituer à Strasbourg une « collection de squelettes juifs », selon les mots du médecin SS, rappelés par Toledano. « Une sorte de musée zoologique d’une race appelée à disparaître », a commenté l’historien.

Le 2 août 1943, 89 parviendront au Struthof où, entre mai 1941 et novembre 1944, 52 000 personnes venues de toute l’Europe furent internées. Les 89 victimes juives y seront « assassinées dans une chambre à gaz rudimentaire entre les 11 et 18 août », puis acheminées à l’institut d’anatomie strasbourgeois, selon Toledano.

François Hollande à la cérémonie de commémoration de Struthof, le 26 avril 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/Pool/AFP/Dossier)

En 1944, devant l’avancée des Alliés, Hirt ordonnera de détruire les corps, tache qui ne sera que partiellement réalisée. Les Alliées découvriront ceux restants en décembre 1944, avant que d’autres fragments ne soient retrouvés en 2015 par Toledano.

« Ce travail de mémoire et de recherche est un travail d’exhumation, au propre comme au figuré, de ces personnes », a déclaré Marion Mendelzweig, dont la grand-mère et l’une des tantes ont péri au Struthof.

« Il ne faut pas que la mort sous cette forme de violence inhumaine ait le dernier mot. »

Cet hommage s’inscrivait dans la traditionnelle Cérémonie annuelle du souvenir des déportés, instaurée après la Seconde Guerre mondiale, a rappelé dans un communiqué le Consistoire israélite du Bas-Rhin.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.