À Ashdod, émotion aux funérailles de Dan Elkayam tué dans l’attaque de Bondi Beach
"Dan, mon Dan-Dan, mon fils, mon amour, ma vie. Mon cœur est en mille morceaux, ce n'est pas dans l'ordre des choses", a dit sa mère Annie
Des centaines de personnes ont assisté jeudi aux funérailles de Dan Elkayam, un Français juif tué le 14 décembre dans l’attaque antisémite de Bondi Beach, en Australie, a constaté un photographe de l’AFP.
« Dan, mon Dan-Dan, mon fils, mon amour, ma vie. Mon cœur est en mille morceaux, ce n’est pas dans l’ordre des choses », a dit Annie Elkayam, la mère du jeune homme, devant son corps recouvert du talit, le châle de prières traditionnel.
« Pourquoi Dieu t’a enlevé dans la fleur de l’âge ? Tu avais soif de vie, de découvrir et de profiter de chaque instant. Tu es une lumière qui brillera dans nos cœurs à jamais », a ajouté Annie en larmes.
«Tu es parti parce que juif», déclare la mère de Dan Elkayam, tué lors de l'attentat de Sydney, lors de ses funérailles pic.twitter.com/6ms056NADU
— CNEWS (@CNEWS) December 25, 2025
Ingénieur informatique et footballeur semi-professionnel âgé de 27 ans, Dan travaillait depuis tout juste un an en Australie.
Le jeune homme, originaire du Bourget, près de Paris, fait partie des quinze personnes tuées par deux terroristes qui ont ouvert le feu sur la foule célébrant la fête juive de Hanoukka sur la célèbre plage de Bondi.
Une cérémonie commémorative a également eu lieu dans son pays d’adoption en début de semaine, après quoi son corps a été transporté par avion en Israël pour y être enterré.
Sur les réseaux sociaux, il pose souvent en maillot de football, lui le passionné de foot qui avait pratiqué plusieurs années au sein du club du Bourget et fait aussi du futsal, selon le maire du Bourget, Jean-Baptiste Borsali.
Il faisait d’ailleurs partie des jeunes sportifs français amateurs de confession juive sélectionnés pour participer, à l’été 2026 en Israël, au tournoi international des Maccabiades (ou Maccabiah Games), qui réunissent tous les quatre ans des sportifs issus de la communauté juive, a indiqué au journal Le Parisien l’entraîneur de cette équipe, Pascal Elbaz.
Ce dernier a décrit le jeune homme comme « quelqu’un de discret » mais « rayonnant, extrêmement gentil » qui, sur le terrain, « donnait énormément de confiance à ses coéquipiers ».
Au nom de sa famille « dévastée », son frère Jérémie l’avait décrit sur Franceinfo comme « une personne en or ».
« On est quatre frères et sur les quatre, pour moi, c’était le plus gentil de tous », avait confié Jérémie Elkayam, qui n’aurait « jamais pu croire que quelque chose comme ça puisse arriver » en Australie.
Il a décrit son jeune frère comme « quelqu’un qui profitait de la vie, pas du tout matérialiste, et qui aimait voyager ».
Jeudi, son autre frère Roy lui a dit : « Merci de m’avoir guidé tout au long de ma vie, merci de m’avoir donné le goût du football, merci de m’avoir aidé dans les moments difficiles, merci de m’avoir donné le goût de voyager, je ne te remercierai jamais assez mon frère. »
Selon ses réseaux sociaux, il avait voyagé ces trois dernières années au Mexique, en Indonésie, en Thaïlande et en Australie.
Le maire d’Ashdod, Yehiel Lasry, a prononcé un éloge funèbre pour Elkayam, dans lequel il a déclaré que Dan, au milieu de l’attaque, s’était jeté sur Matilda, 10 ans, qui a également été tuée, pour la protéger des balles des terroristes.
Lasry a également salué « la joie et l’amour de la vie » de Dan, « une vie qui a été cruellement interrompue par des antisémites, des terroristes ».
« Même ceux qui n’ont pas connu Dan personnellement sont bouleversés et crient vers le ciel face à un tel gâchis : une vie si belle, pleine d’espoir avec un avenir prometteur qui l’attendait […] une vie pure, brutalement arrachée par des antisémites dépourvus de toute humanité. »
« Dan aimait tout le monde tel qu’il était, mais il était profondément enraciné dans sa propre tradition juive », a-t-il déclaré, rendant hommage à « l’amour et l’humilité » du footballeur assassiné, et soulignant qu’il faisait du bénévolat auprès de jeunes en difficulté.
Le ministre des Communications, Shlomo Karhi (Likud), était également présent aux funérailles pour représenter le gouvernement.
La compagne de Dan, Krystal Troyano, a parlé de lui en ces termes : Tu étais timide, mais tu avais plus d’amis que n’importe qui d’autre. Tu étais si calme, mais tu pouvais soudainement t’ouvrir et être complètement honnête avec n’importe qui. »
« Nous vivions un rêve, nous le savions, et c’est ce qui était le plus beau. Merci de m’avoir choisie plutôt qu’une autre, merci de ne jamais avoir abandonné, merci de m’avoir acceptée telle que je suis et de ne m’avoir jamais déçue », a-t-elle déclaré en anglais.
באשדוד הובא למנוחות דן אלקיים, מהנדס תוכנה בן 27 שנרצח בפיגוע בסידני. בצילום: בת זוגו pic.twitter.com/tC3fCa1K8b
— אסף פוזיילוב (@pozailov1) December 25, 2025
Originaire de France, Dan travaillait en Australie comme ingénieur informatique pour NBC Universal, mais se rendait fréquemment en France et en Israël pour passer les fêtes juives avec sa famille.
Krystal et lui vivaient ensemble dans la banlieue de Sydney, mais voyageaient fréquemment à travers l’Australie et l’Asie du Sud-Est.
Lors d’un récent voyage en Indonésie, le couple a décidé de créer une association caritative visant à offrir une éducation aux enfants défavorisés, axée sur le football, et avait commencé à discuter de la manière de collecter des fonds pour ce projet.
« Dan était amical avec tout le monde », a expliqué Krystal au New York Times en début de semaine.
« Peu lui importait leur religion, leur couleur de peau ou leurs revenus. Depuis sa mort, nos amis se sont rassemblés, catholiques, musulmans, personnes sans religion. Il ne faisait jamais de distinction et avait la capacité d’unir les gens. »
La police australienne a inculpé le 17 décembre Naveed Akram, l’un des deux auteurs présumés de l’attentat, pour terrorisme et quinze meurtres, trois jours après le pire massacre en Australie depuis 1996. L’autre terroriste, son père, a été abattu par des policiers.
Selon la police, ils adhéraient tous deux à l’idéologie du groupe terroriste sunnite État islamique (EI), et le jeune Akram aurait déclaré avoir été motivé par le Coran, le texte sacré de l’islam.
Juste après l’attentat, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir écrit une lettre en août à son homologue australien pour lui signifier que sa politique « jetait de l’huile sur le feu de l’antisémitisme » bien avant la fusillade, notamment en reconnaissant un État palestinien en septembre avec d’autres pays occidentaux.
Ces derniers mois, les Juifs australiens ont vu leurs synagogues, leurs écoles et leurs maisons incendiées. Deux infirmiers ont menacé de tuer des patients juifs dans leur hôpital, et une remorque remplie d’explosifs destinés à un attentat meurtrier contre une synagogue de Sydney a été découverte.
















