À l’ambassade américaine, Bennett prône le retour du soutien bipartisan à Israël
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À l’ambassade américaine, Bennett prône le retour du soutien bipartisan à Israël

Le Premier ministre a profité de son discours du 4 juillet pour jurer de renforcer les liens avec les Démocrates, négligés par l'ex-Premier ministre Netanyahu ces dernières années

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre Gregory Meeks, le Premier ministre Naftali Bennett et le chargé d'affaires américain en Israël Michael Ratney lors de la fête du 4 juillet de l'ambassade américaine de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit :  Ziv Sokolov/Ambassade américaine de Jérusalem)
Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre Gregory Meeks, le Premier ministre Naftali Bennett et le chargé d'affaires américain en Israël Michael Ratney lors de la fête du 4 juillet de l'ambassade américaine de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ziv Sokolov/Ambassade américaine de Jérusalem)

Le Premier ministre Naftali Bennett a promis, mardi, d’empêcher qu’Israël devienne un enjeu politique aux États-Unis, alors même que le nouveau gouvernement israélien s’efforce de restaurer des liens avec le Parti démocrate – des relations mises à mal ces dernières années.

« Je me dresserai contre toute tentative visant à faire de l’Amérique une question politique partisane en Israël et contre toute tentative de faire d’Israël une question politique partisane aux États-Unis », a déclaré Bennett dans son discours prononcé à l’ambassade américaine de Jérusalem à l’occasion de la fête du 4 juillet, Journée de l’indépendance des États-Unis.

« Notre politique est bipartisane. Nous sommes les amis de tous », a continué le Premier ministre. « Parce que l’amitié qui lie nos deux démocraties saura toujours transcender la politique partisane. »

Les propos de Bennett sont venus en écho à ceux du ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, qui a reconnu lors d’une rencontre avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken que des « erreurs qui ont été commises » étaient venues endommager le soutien bipartisan à Washington.

Ni Bennett ni Lapid n’ont mentionné explicitement le nom du nouveau leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu – mais les critiques de l’ancien chef de gouvernement estiment que sa volonté de se quereller ouvertement avec les administrations démocrates ainsi que son enthousiasme pour la personnalité de l’ex-président américain Donald Trump, un personnage clivant, ont nui aux relations entre Israël et le Parti démocrate.

Bennett a cherché à se focaliser, dans son allocution de mardi, sur les points de convergence entre les deux pays. « Les Israéliens de tout le spectre politique sont fondamentalement pro-américains. Nous aimons l’Amérique. Nous aimons et nous admirons ce que vous y faites et la réciproque devrait pouvoir être vraie dans la relation qu’entretient l’Amérique vis-à-vis d’Israël. »

« Je m’engage à rendre encore plus fort le lien qui existe entre nous en élargissant notre coopération stratégique, qui est d’ores et déjà solide, face aux menaces qui planent sur la sécurité de nos deux peuples et je m’engage aussi à construire des relations commerciales et économiques encore plus robustes qu’elles ne le sont déjà », a-t-il continué.

Le Premier ministre s’est saisi de cette occasion pour souligner son propre lien avec l’Amérique. Les parents de Bennett sont originaires de San Francisco et lui-même a passé une partie de son enfance sur la côte ouest. À l’âge adulte, lui et son épouse Gilad ont vécu à New York où il dirigeait une firme technologique.

Le Premier ministre a noté avec fierté la participation de ses parents au mouvement de défense des droits civils, une participation qui avait entraîné l’arrestation de son père au cours d’une manifestation contre un hôtel de San Francisco qui refusait d’embaucher des Afro-Américains.

Bennett s’est ensuite enorgueilli de la nature diverse de sa nouvelle coalition – un détail qui est devenu incontournable lors des discussions entre les responsables israéliens et leurs homologues étrangers.

« Nous avons huit différents partis – qui regroupent la gauche et la droite, des Juifs et des Arabes. Ce n’est pas facile mais le gouvernement fonctionne parce que nous affichons tous un esprit de bonne volonté. Et là où il y a de la confiance et de la bonne volonté, les choses fonctionnent », a dit le Premier ministre.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le chargé d’Affaires américain en Israël Michael Ratney à l’ambassade des États-Unis de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ziv Sokolov/Ambassade américaine de Jérusalem)

Le chargé d’affaires de l’ambassade américaine Michael Ratney, qui a été envoyé au sein de l’État juif, le mois dernier, pour diriger la mission avant l’approbation de la nomination d’un ambassadeur à plein-temps par le Congrès, a lui aussi pris la parole lors de cette cérémonie du 4 juillet. Le candidat choisi par le président Joe Biden pour le poste, l’ex-vice-secrétaire du département d’État, Thomas Nides, devrait comparaître lors d’une audience organisée au Sénat dans les prochaines semaines.

« Il y a certainement eu beaucoup de changements récemment en Israël et il y a eu également beaucoup de changements à Washington mais il est rassurant de constater que l’une des choses qui ne changent jamais, c’est le partenariat entre Israël et les États-Unis qui reste solide comme un roc dans pratiquement tous les secteurs de nos sociétés. Nous savons que vous et votre gouvernement tout entier serez de formidables partenaires à l’aube d’une période qui, de manière inévitable, nous réservera son lot d’opportunités et de risques », a commenté Ratney.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le chargé d’affaires américain en Israël Michael Ratney avec les gardes d’honneur de la mission lors de la fête du 4 juillet, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ziv Sokolov/Ambassade américaine de Jérusalem)

« Israël n’a pas d’ami meilleur que les États-Unis », a-t-il poursuivi, ajoutant que les deux pays « ont la même détermination à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme atomique ».

Sur la scène avec Bennett et Ratney se trouvait Gregory Meeks, le président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre, qui se trouve à la tête d’une délégation bipartisane du Congrès en séjour en Israël.

Meeks a évoqué la question du soutien bipartisan soulevée par Bennett. « Je veux vous assurer, monsieur le Premier ministre, que vous ne devez nourrir aucune inquiétude. En ce qui nous concerne nous, les États-Unis d’Amérique, le Congrès et en particulier la Chambre des représentants – ce n’est pas pour la politique politicienne que nous nous trouvons aujourd’hui en Israël. C’est à cause des valeurs. Nous partageons les mêmes valeurs », a-t-il déclaré, soulignant que son panel avait choisi l’État juif comme première destination depuis la pandémie en hommage aux liens étroits qui unissent les deux pays.

Meeks est accompagné dans ce voyage par les Démocrates Ted Deutch, David Cicilline, Sara Jacobs, Kathy Manning, Abigail Spanberger et Brad Schneider, et par les Républicains Andy Barr, French Hill et Nicole Malliotakis.

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