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A Metz, des anti-pass affichent des pancartes antisémites sans être inquiétés

L'association catholique intégriste Civitas avait appelé sur Twitter à manifester avec des pancartes clamant "Qui ?"

Une manifestation contre la vaccination obligatoire pour certains travailleurs et contre le pass sanitaire, à Metz, le 14 août 2021. (Crédit : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP )
Une manifestation contre la vaccination obligatoire pour certains travailleurs et contre le pass sanitaire, à Metz, le 14 août 2021. (Crédit : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP )

Une semaine après le tollé provoqué par une pancarte antisémite brandie par une enseignante, quatre ou cinq pancartes portées par des manifestants ont défilé sans être particulièrement inquiétés. Un homme l’avait également fait imprimer sur un tee-shirt, a constaté l’AFP. D’autres avaient écrit pass avec une graphie rappelant le sigle des Waffen-SS.

Ils étaient 4.000 selon la police. Un peu plus que les 3.800 du samedi précédent lorsque Cassandre Fristot, enseignante et ex-membre du Front National, avait brandi une pancarte antisémite qui énumérait plusieurs personnalités juives autour de la question « mais qui ? ». A la suite de l’interview télévisée d’un général à la retraite, cette question est devenue un slogan antisémite.

Dans la foulée de l’interpellation de l’enseignante, Cassandre Fristot, soutenue par le mouvement nationaliste d’extrême droite « Parti de la France » et convoquée le 8 septembre au tribunal pour répondre d’une « provocation publique à la haine raciale », l’association catholique intégriste Civitas avait appelé sur Twitter à manifester samedi avec des pancartes clamant « Qui ? ».

Un hashtag #JesuisCassandre a également fait son apparition sur quelques pancartes, au milieu des drapeaux royalistes présents dans la manifestation messine.

Très présente, la fleur de lys a créé quelques tensions, mais sans heurts, au démarrage de la manifestation messine, mouvement antifasciste et syndicats cherchant à ne pas laisser l’extrême droite prendre la tête du cortège.

Les références à la Shoah se sont multipliées en France dans les manifestations contre le confinement, puis contre l’extension du pass sanitaire. Ses opposants n’hésitent pas à comparer leur situation à celle des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

Des étoiles jaunes détournées, barrées de la mention « non vacciné » ont été vues dans plusieurs cortèges en France. Ce détournement avait suscité une vague d’indignation, notamment auprès d’enfants de rescapés de la Shoah qui ont dénoncé une comparaison inappropriée et une manière de relativiser la Shoah.

En réaction à l’idée d’étendre la vaccination aux moins de 12 ans, la mobilisation autour de ce slogan a été lancée en avril par l’avocat Fabrice Di Vizio, nouvelle star des milieux complotistes, et ancien candidat du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qui affiche aujourd’hui sa proximité avec Florian Philippot.

Dans sa version anti-vaccination, ce détournement du slogan anti-raciste des années 1980 « Touche pas à mon pote » reprend le thème de l’inquiétude pour les enfants, un marqueur de l’extrême droite qui a essaimé du mouvement de la Manif pour tous en passant par le mouvement QAnon et sa rhétorique d’un complot pédophile.

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