À Tel Aviv, Asaf Zamir donne à Ron Huldai sa première grande frayeur
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À Tel Aviv, Asaf Zamir donne à Ron Huldai sa première grande frayeur

Les électeurs se partagent entre Ron Huldai, qui a triomphé ces 20 dernières années, et Assaf Zamir, qui bénéficie d’un soutien grandissant

Affiches de campagne devant un bureau de vote le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018 à Tel Aviv. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Affiches de campagne devant un bureau de vote le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018 à Tel Aviv. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Depuis longtemps, personne n’avait osé mener une lutte acharnée pour renverser le maire vétéran de Tel Aviv, Ron Huldai.

Mais 20 ans après sa première élection, le populaire maire de la ville blanche fait face à ce qui pourrait être sa bataille la plus difficile, face à Assaf Zamir, son adjoint depuis une décennie, qui se présente contre lui dans une course qui s’est resserrée de manière inattendue ces derniers jours.

Les électeurs étaient très partagés, avec une forte majorité susceptible de soutenir Huldai ou Zamir, tandis que le présentateur télé Asaf Harel et le maire suppléant du Shas, Natan Elnatan, ont chacun remporté entre 5 et 7 %.

Fondateur et président du parti Ha’Ir de Tel Aviv, Zamir est sorti de l’ombre ces derniers mois, depuis qu’il a annoncé sa candidature à la mairie.

Asaf Zamir, candidat à la mairie de Tel Aviv, s’adresse aux jeunes électeurs au siège de sa campagne, le 14 octobre 2018. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

En juillet, Zamir occupait la troisième place de la course à la mairie derrière la députée Stav Shaffir, selon un sondage de Walla. Il ne devait alors obtenir que 11 % des suffrages. Après que Shaffir s’est retirée de la course, Zamir a progressé de façon constante devenant une menace crédible sur le chemin de la victoire de Huldai. Selon certains sondages précédant le vote, Zamir était à moins de 10 % derrière le maire sortant.

Certains électeurs ont toutefois déclaré qu’ils étaient enclins à soutenir d’autres candidats, mais que la popularité récente de Zamir les a renvoyés vers Huldai.

« Je vote pour Huldai, l’actuel maire de Tel Aviv, parce que j’ai peur que le candidat Asaf Zamir gagne », a déclaré Bar Shoshani, un résident du quartier sud de Shapira, âgé de 33 ans.

« Je ne veux vraiment pas que Zamir gagne. Je n’aime ni l’un ni l’autre, mais au moins, je sais que Huldai en est à son dernier mandat. Zamir est trop proche du capitalisme de copinage; il vient juste de commencer sa carrière et il sera probablement élu encore et encore », a-t-il déclaré.

Zamir a été accusé de « capitalisme de copinage » en raison de son mariage avec l’actrice Maya Wertheimer et de ses liens avec son grand-père, Stef Wertheimer, milliardaire qui a fondé des sociétés de fabrication d’outils et des parcs industriels, et qui finance personnellement la campagne.

Shoshani a déclaré que malgré son vote pour Huldai, il prévoyait de voter pour le parti de Harel, « Nous sommes la ville », pour le conseil municipal. “C’est une liste vraiment intéressante”, a déclaré Shoshani.

Il a également apprécié le fait que la liste de Harel comprenne une réfugiée congolaise, Maria Joze, qui figure au onzième rang.

Affiches de campagne devant un bureau de vote le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018 à Tel Aviv. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Huldai, 74 ans, a largement remporté les quatre dernières campagnes municipales, obtenant entre 51 % et 62 % des voix. En vertu de la loi israélienne, un candidat à la mairie doit recueillir au moins 40 % des suffrages, sinon un second tour est organisé avec les deux candidats qui obtiennent le pourcentage le plus élevé des suffrages.

Jusqu’à maintenant, le plus gros challenge pour Huldai, c’était en 2008, lorsque le député Dov Khenin (Hadash) a présenté une liste axée sur les questions sociales et environnementales, et a réussi à obtenir 34 % des suffrages. A l’époque, Huldai avait obtenu 51 % des voix.

Dahlia Cooper, 74 ans, résidente du nord de Tel Aviv, a déclaré qu’elle voterait pour Huldai pour la quatrième fois.

« J’ai voté pour Huldai. Il a beaucoup fait pour cette ville. La ville est belle maintenant, elle n’était pas comme ça. C’est une vraie métropole. Beaucoup de jeunes veulent vivre ici. C’est un endroit où il fait bon vivre », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle aimait le maire parce que « c’est une bonne personne. Il a de bonnes valeurs et il n’est pas corrompu. »

Nili, 76 ans, est d’accord. « Je vote pour Huldai. C’est un bon maire et il a beaucoup fait pour la ville », déclare-t-elle.

Huldai est né en 1944 au kibboutz Hulda, dans le centre d’Israël, qui a donné son nom à sa famille. Il a eu une longue carrière dans l’armée et a été pendant six ans directeur du prestigieux lycée Herzliya Gymnasium à Tel Aviv, avant de devenir maire en 1998.

En tant que maire, il s’est occupé de grands projets d’infrastructures, tels que la rénovation totale de la promenade du bord de mer, et a attiré des entreprises de haute technologie dans la ville. Cependant, de nombreux résidents sont consternés par la flambée du coût de la vie et les prix impossibles de l’immobilier.

Mais si Huldai, un fidèle du Parti travailliste, soutient fermement la minorité des résidents les plus âgés de Tel Aviv, les électeurs plus jeunes ne sont pas encore totalement pro-Zamir, environ la moitié d’entre eux soutiennent encore le septuagénaire.

Michal, une femme enceinte de 35 ans, avec une poussette a voté dans un bureau de vote de la rue Nordau, au nord de la ville et a déclaré qu’elle avait voté pour Huldai car, avec lui, « la ville fonctionne comme sur des roulettes ».

En dépit des prix élevés du logement, Michal a déclaré que M. Huldai « faisait du bon travail » en matière d’éducation, de culture et de propreté de la ville.

Zamir et Huldai partagent la même idéologie sur de nombreuses questions. Tous deux veulent faire baisser les prix des logements, améliorer les transports en commun et rendre la ville la plus chère d’Israël un peu plus habitable.

Le candidat à la mairie de Tel Aviv, Ron Huldai, avec le président de l’Union sioniste, Avi Gabai, devant un bureau de vote le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018, à Tel Aviv. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Zamir a promis de construire plus, de grands appartements près d’artères commerciales capables d’abriter de hauts immeubles. Il souhaite également agrandir le centre urbain de Tel Aviv en rénovant des quartiers plus éloignés afin de permettre aux habitants de vivre plus loin du centre géographique de la ville tout en ayant le sentiment d’en faire partie.

Ofra, 84 ans, a déclaré qu’elle avait voté pour Zamir parce que Huldai n’avait pas donné d’élan à la ville.

Pour Yuval, âgé de 31 ans, l’intérêt de Zamir pour les infrastructures a été un atout majeur.

« Les deux problèmes les plus importants pour moi dans la ville sont le stationnement et les pistes cyclables », a déclaré Yuval, soulignant que la campagne de Zamir vise à intégrer les voies cyclables et les transports en commun à la région élargie du Gush Dan, ce qui réduira le besoin de voitures, en particulier celles des personnes qui font la navette avec la banlieue.

Huldai, cependant, a déclaré ne pas être inquiet par la récente vague de soutien à Zamir. « Je suis au service de la population de Tel Aviv depuis deux décennies », a-t-il déclaré à la presse après le vote de mardi, « et j’ai hâte de continuer à le faire ».

Les bureaux de vote ferment à 22 heures dans tout le pays et les résultats sont attendus toute la nuit.

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