A Tisha BeAv, Bennett appelle les Israéliens à cesser de se lancer des insultes
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A Tisha BeAv, Bennett appelle les Israéliens à cesser de se lancer des insultes

Au cours d’une discussion à Efrat avec le chef du parti travailliste, le ministre de l’Éducation a demandé à une foule largement composée de résidents d’implantation de ne plus agir comme une minorité

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Le président du Parti travailliste, Avi Gabbay, à gauche, et le président de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, lors d'un débat dirigé par Sarah Beck, au centre, dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie, le 31 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)
Le président du Parti travailliste, Avi Gabbay, à gauche, et le président de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, lors d'un débat dirigé par Sarah Beck, au centre, dans l'implantation d'Efrat, en Cisjordanie, le 31 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

EFRAT, Cisjordanie – Restant dans le thème de la journée juive de Tisha BeAv, le ministre de l’Education, Naftali Bennett, a appelé les Israéliens à cesser de s’insulter entre eux et d’arrêter de mettre à l’écart des pans entiers de la société lors d’un débat lundi soir dans l’implantation d’Efrat en Cisjordanie avec le président du parti travailliste Avi Gabbay.

Le leader de HaBayit HaYehudi a demandé à la foule quelle était l’insulte la plus commune parmi les élèves des écoles secondaires, à leur avis. Après que la foule, composée de 400 personnes, a proposé quelques hypothèses, Bennett a révélé que la réponse était « gauchiste ».

« Il est inconcevable qu’en Israël en 2017, une personne puisse être insultée au nom de leur appartenance à un groupe », a-t-il dénoncé.

« Les mots comme gauchistes, haredi, arabes, résidents d’implantation, ne sont pas des insultes. Chaque groupe d’une société est avant tout un groupe de personnes ayant des sentiments », a-t-il déclaré.

L’événement organisé à Efrat faisait partie de l’une des douzaines de séances organisées à travers le pays par la Sderot Conference for Society et le Sapir Academic College pour commémorer Tisha BeAv, la journée juive de deuil pour commémorer la destruction du premier et du deuxième temples à Jérusalem. La tradition juive enseigne que le deuxième temple est tombé en raison de la « haine sans fond » – une lutte intestine entre diverses factions du peuple juif.

Bennett et Gabbay ont tous deux abordé ce thème à différents moments tout au long de la discussion, qui a duré une heure.

Le leader du parti BaBayit HaYehudi Naftali Bennett lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 24 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Le leader du parti BaBayit HaYehudi Naftali Bennett lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 24 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le nouveau président du parti travailliste a reconnu le sentiment croissant de la population qui a l’impression qu’il existe une polarisation dans la société israélienne mais a soutenu que les réseaux sociaux ont créé une atmosphère d’extrémisme qui n’existe pas nécessairement.

« La majorité de la population est encore modérée et est silencieuse ou n’exprime simplement pas ses opinions aussi vocalement que les autres », a expliqué Gabbay.

L’ancien ministre de la Protection de l’environnement, un poste qu’il a obtenu lorsqu’il faisait partie du parti de centre-droit Koulanou dirigé par Moshe Kahlon, a poursuivi en affirmant que sa victoire le mois dernier lors des primaires du parti travailliste témoignait de l’appréciation de la population de son refus de faire campagne de manière négative à l’instar de ses adversaires. « Cela a prouvé que la population cherche un discours positif », a-t-il ajouté.

Etant donné que l’on était à la veille de l’un des jours plus solennels du calendrier juif, on avait le sentiment que l’atmosphère correspondait à la solennité de la journée dans le gymnase d’Efrat.

Bennett, qui était clairement à l’aise parmi une foule de résidents d’implantation, portait un polo noir et un jean. Gabbay, en revanche, était de loin le plus habillé de la pièce, avec une chemise boutonnée et un pantalon noir. Faisant des efforts pour s’adapter à la foule religieuse, le nouveau chef du plus grand parti de gauche portait une kippa bleue.

Alors que les deux hommes politiques étaient confortablement assis dans leurs fauteuils de chaque côté de la journaliste qui dirigeait les débats, Sarah Beck, Gabbay n’a pas hésité à prendre des positions, qui parfois étaient en opposition avec la position du public.

Il s’en est tenu aux déclarations qu’il a faites en juillet où il a appelé à « un leadership qui s’occupe de Dimona – et pas seulement d’Amona ». Amona était un avant-poste illégal évacué en février, après que la Haute Cour de justice a jugé qu’il avait été construit sur des terres palestiniennes privées. En juin, le gouvernement a entamé la construction d’une nouvelle implantation – une première en un quart de siècle – pour les résidents de cet avant-poste.

Gabbay a déclaré que lorsqu’il était ministre du gouvernement, il a vu la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu régulièrement classer les implantations en première priorité et ne pas accorder une attention égale aux villes en périphérie de la Ligne verte. Cependant, Bennett a contesté ces allégations.

Avi Gabbay lors d'une conférence de presse le 11 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Avi Gabbay lors d’une conférence de presse le 11 juillet 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Dans l’ensemble, Gabbay s’est concentré sur ses désaccords avec le gouvernement dont il a démissionné en mai 2016 essentiellement sur Netanyahu plutôt que sur Bennett. Le président du parti travailliste a critiqué les réunions hebdomadaires du Cabinet dirigées par le Premier ministre où « chaque semaine, il y a des commentaires sur la gauche, les médias ou les Arabes ».

Il a réitéré des points de son discours qu’il a fait lors de sa démission, il y a plus d’un an, dans lequel il a présenté un message similaire à ce qu’il a déclaré à la foule lundi soir : « pour moi, l’Etat d’Israël est une merveille et est la réalisation du Troisième Temple », avait-il souligné à l’époque. « Le peuple juif a déjà détruit le Second Temple avec leurs guerres civiles, nous devons arrêter ce processus qui mènera à la destruction du Troisième Temple ».

Profitant d’une foule acquise à sa cause, Bennett a recommandé que son camp de droite reconnaisse son nouveau rôle sociétal. « Nous n’essayons plus de diriger le gouvernement de l’extérieur. Nous sommes le gouvernement », a-t-il souligné. « Nous devons cesser de penser que nous sommes les victimes persécutées ».

Lorsque la discussion s’est conclue, les deux législateurs ont été rapidement entourés par les membres de l’auditoire, qui cherchaient à prendre des selfies avec eux. La foule entourant Bennett était deux fois plus grande que celle ayant approché Gabbay, mais de nombreuses personnes ont tenu à lui parler malgré leurs différences idéologiques.

Parmi eux, Matan Dansker, un militant du Likud de 24 ans :  « je lui ai dit que j’avais apprécié son nouveau message, et que c’était une addition importante au discours politique », a-t-il déclaré.

La résidente d’Efrat, Ayala Friedman, a eu le même sentiment sur le discours de Gabbay mais elle n’est pas sûre que la soirée aura permis à Gabbay d’acquérir de nouveaux électeurs.

« Il y a une raison pour laquelle Bennett se sentait tellement à l’aise là-haut [sur scène]. Il sait que c’est son public à lui », a-t-elle conclu.

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