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A un rassemblement de partisans, Netanyahu appelle à l’union de la droite

Initialement organisé pour parler terrorisme, l'événement s'est focalisé sur la crise de la coalition : "Israël a besoin d'un gouvernement fort", a dit l'ancien Premier ministre

L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'un rassemblement de droite à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'un rassemblement de droite à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu a assisté, mercredi soir, à un rassemblement de droite à Jérusalem, appelant les députés de la coalition issus de sa famille politique à « revenir dans le foyer qui est le leur » dans un contexte de crise de coalition qui a ravivé ses espoirs de renverser le gouvernement et de reprendre le pouvoir.

Ce rassemblement, auquel des milliers d’activistes de droite ont assisté, devait initialement porter sur les violents attentats qui ont touché le pays, une vague sans précédent depuis des années.

Mais les événements spectaculaires qui se sont déroulés depuis mercredi matin ont changé les choses et c’est la politique intérieure qui a finalement pris le dessus, avec un Netanyahu qui a appelé le Premier ministre Naftali Bennett à démissionner et qui a aussi réclamé l’union de la droite et le retour au bercail des députés de droite qui siègent actuellement au sein de la coalition.

Mercredi matin, Idit Silman, législatrice de la formation Yamina de Bennett et cheffe de la coalition, a annoncé qu’elle quittait cette dernière, citant les « préjudices » continus portés à l’identité juive en Israël pour expliquer sa défection. Son départ laisse la coalition sans majorité parlementaire et elle risque aujourd’hui de s’effondrer.

Prenant la parole lors du rassemblement de droite, Netanyahu a eu du mal à obtenir le silence nécessaire pour s’exprimer alors que les personnes présentes scandaient en chœur « Bennett, rentre chez toi ».

Ce à quoi le Premier ministre a répondu que « nous sommes venus dire aujourd’hui à ce gouvernement faible, à ce gouvernement mou : ‘Rentrez chez vous !’. »

« Rentrez chez vous, parce que vous portez préjudice à l’identité juive du pays. Rentrez chez vous, parce que vous portez préjudice aux revenus des citoyens. Rentrez chez vous, parce que vous nuisez à la Judée et à la Samarie. Rentrez chez vous, parce que vous êtes faibles – vous êtes faibles face à l’Iran, vous êtes faibles face au terrorisme », a-t-il continué.

Il a vivement recommandé aux députés de droite qui se trouvent dans la coalition actuelle de « mettre de côté les vieilles rancunes et de revenir au sein du camp national », en référence au bloc politique dirigé par sa formation du Likud.

« Ce soir, je veux vous le dire : le moment de l’unité est venu. Le moment de revenir dans votre famille politique est venu… Nos portes sont toujours ouvertes. Elles sont ouvertes à tous ceux qui ont été élus par des suffrages de la droite et qui veulent remettre Israël sur la trajectoire de la morale, sur la trajectoire de la force, sur la trajectoire de la victoire », a-t-il poursuivi.

« Quand nous sommes unis, nous garantissons la sécurité d’Israël. Quand nous sommes divisés, nous obtenons ce type de gouvernement dangereux, incapable », a-t-il poursuivi.

Évoquant les attentats terroristes commis sur le territoire israélien qui ont fait onze morts au cours des dix-huit derniers jours, Netanyahu a suggéré que c’était la « faiblesse » de Bennett qui avait été à l’origine de cette recrudescence des violences.

Le Premier ministre Naftali Bennett au centre, et le chef du Shin Bet Ronen Bar à droite, sont vus lors d’une visite au commandement régional des services de sécurité dans le nord de la Cisjordanie et à la barrière de sécurité le 3 avril 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

« Quand le terrorisme flaire la faiblesse, il relève la tête. Quand il rencontre la force, il reste silencieux », a noté Netanyahu qui a affirmé que la dernière décennie – il était Premier ministre à ce moment-là – avait été la plus sûre de toute l’Histoire d’Israël (même si son mandat a été marqué par de nombreuses attaques terroristes meurtrières et par plusieurs guerres avec le Hamas à Gaza).

« Le faible n’a pas sa place dans notre environnement immédiat », a-t-il ajouté. « Ce sont les faibles qui sont attaqués, et les forts sont épargnés. C’est la règle », a-t-il continué.

« C’est la raison pour laquelle Israël a besoin d’un gouvernement fort. Un gouvernement qui combattra le terrorisme, qui contiendra l’Iran, qui saura sauvegarder l’héritage d’Israël et qui sauvera les revenus de ses citoyens ».

Une affiche montrant la députée Yamina, Idit Silman, lors d’un rassemblement de droite à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Avec le départ de Silman, le gouvernement actuel risque l’effondrement, ayant perdu sa mince majorité d’un siège. Il ne dispose plus que de 60 sièges pour le moment.

Netanyahu a félicité Silman qui, selon lui, « a fait ce qui est juste » et il a appelé les autres députés à suivre son exemple et à faire défection.

« J’appelle ceux qui sont encore dans la coalition et qui ont du courage et une conscience – Revenez chez vous. Revenez à la droite », a-t-il déclaré. « Nous savons tous que les jours de ce gouvernement sont comptés. Il est près de sa fin », a-t-il ajouté.

Si un plus grand nombre de députés faisait défection, l’opposition pourrait potentiellement renverser le gouvernement et former une nouvelle coalition à partir des législateurs actuels de la Knesset, ou encore entraîner le pays dans son cinquième cycle électoral depuis 2019, même si ces deux options sont loin d’être simples.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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