Israël en guerre - Jour 257

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A un rassemblement, la mère d’un otage dit qu’Israël devra arrêter la guerre même sans accord

Les manifestants et les activistes se sont réunis dans tout le pays, appelant au départ de Netanyahu ; Einav Zangauker a déclaré : "Matan, quand tu reviendras, je te raconterai comment tu as été trahi par le gouvernement"

Vue aérienne d'une manifestation contre le gouvernement à Tel Aviv, le 25 mai 2024. (Crédit : Nadav Eliyahu)
Vue aérienne d'une manifestation contre le gouvernement à Tel Aviv, le 25 mai 2024. (Crédit : Nadav Eliyahu)

Les manifestants anti-gouvernement se sont rassemblés, samedi soir, à de multiples endroits de tout le territoire israélien. Ils ont appelé au départ du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l’organisation d’élections anticipées et à la finalisation d’un accord portant sur la libération des otages qui sont encore détenus par le Hamas à Gaza. Le principal mouvement de protestation, à Tel Aviv, a donné lieu à quelques arrestations.

Selon les organisateurs, plus de 80 000 personnes sont venues au rassemblement de Tel Aviv – c’est le plus important du pays – un chiffre qui n’a pas pu être confirmé. D’autres protestataires se sont regroupés dans différentes localités israéliennes et notamment à Jérusalem, à Haïfa, à Césarée et à Rehovot.

Eyal Eshel, le père de Roni Esher, une observatrice de l’armée qui avait été tuée le 7 octobre, a pris la parole à Tel Aviv, plusieurs jours après que les familles des jeunes soldates otages à Gaza ont diffusé des images de la capture de leurs filles.

« La vidéo terrible de l’enlèvement des soldates à Nahal Oz souligne les échecs qui se sont accumulés à tous les niveaux », a-t-il dit. « Netanyahu, vous aviez été mis en garde et vous avez choisi d’ignorer les avertissements. Ne serait-ce que pour cette raison, vous devez assumer vos responsabilités et démissionner immédiatement. Vous n’êtes pas digne de Roni ; vous n’êtes pas digne des jeunes filles qui ont été assassinées ; vous n’êtes pas digne de ce peuple merveilleux ».

L’armée a confirmé, la semaine dernière, qu’elle avait mis en garde Netanyahu à quatre reprises sur la manière dont le Hamas considérait la fracture sociétale profonde qui était entraînée, au sein de l’État juif, par le projet de refonte radicale du système judiciaire qui était avancé par le gouvernement – des mises en garde qui n’avaient pas été suivies d’effet. Les militaires avaient estimé que les divisions entraînées par ce plan qui bouleversait l’équilibre des pouvoirs posait un danger pour la sécurité d’Israël, le pays étant fragilisé par les clivages.

Mickey Rosenthal, ancien membre de la Knesset pour le parti Avoda, s’est exprimé après Eshel : « Je vous accuse, Benjamin Netanyahu, pour les quinze années qui ont précédé l’invasion du Hamas » le 7 octobre, a-t-il dit. « Vous avez poursuivi une politique de clémence et de tolérance à l’égard de la menace en raison d’une vision incorrecte des choses qui préférait des séries répétées de combats et de friction avec une organisation terroriste nullement intéressée à l’idée de dialoguer avec nous au dialogue avec l’Autorité palestinienne, plus modérée ».

En plus de la manifestation anti-gouvernement qui a eu lieu sur la place de la Démocratie, un rassemblement s’est tenu sur la place des Otages, aux abords du musée d’art de Tel Aviv, avec les familles des près de 120 otages qui se trouvent encore dans les geôles du Hamas.

Mickey Rosenthal s’exprime lors d’une manifestation contre le gouvernement à Tel Aviv, le 25 mai 2024. (Crédit : Lior Segev)

Les familles ont fait ensuite une déclaration à la presse aux abords du siège de l’armée, la Kirya, rue Begin. Einav Zangauker, la mère de l’otage Matan, l’une des personnalités les plus éminentes du mouvement des familles d’otages, a indiqué que « nous devons comprendre une fois pour toutes que les conditions pour un accord n’ont pas changé. Il n’y aura pas d’accord sans la fin de la guerre ».

« Si le gouvernement ne trouve pas un accord maintenant, Israël sera finalement dans l’obligation de mettre un terme à la guerre sans le retour préalable des otages », a-t-elle continué.

Zangauker a ensuite pris la parole lors d’un rassemblement en faveur de la remise en liberté des otages qui a eu lieu rue Begin et qui s’est fondu au mouvement de protestation anti-gouvernemental qui venait de se terminer, place de la Démocratie.

« Alors que le fils du Premier ministre appelle à la rébellion militaire, mon fils est gardé en otage à Gaza », a-t-elle déploré, faisant référence au fils de Netanyahu, Yair, qui avait partagé une vidéo montrant un réserviste qui menaçait Tsahal de mutinerie.

« Matan, quand tu reviendras, je te raconterai comment tu as été trahi par le gouvernement, comment vous avez été trahis, comment nous tous avons été trahis », a-t-elle ajouté.

Les manifestants ont finalement commencé à défiler et des vidéos, sur les réseaux sociaux, les montrent assis sur la Place de la Démocratie.

Des séquences ont aussi montré des protestataires arrêtés par la police.

La police a ainsi été filmée bousculant deux fois de suite Naama Lazimi, députée d’Avoda, alors qu’elle tentait d’utiliser son immunité parlementaire pour déterminer l’identité des personnes arrêtées.

A Jérusalem, ce sont des centaines de personnes qui se sont retrouvées sur la place de Paris, aux abords de la résidence officielle de Netanyahu.

Tom Barkaï, personnalité de premier plan au sein de la Branche de Jérusalem du Forum des Familles d’otages et de portés-disparus, a indiqué à la foule que même si elle avait des craintes concernant l’avenir des captifs, elle et d’autres « continuent, sans se poser de question… à combattre pour leur retour ».

Anna Astamker, la cousine de Karina Ariev, l’une des cinq soldates dont le kidnapping, par le Hamas, avait été filmé – un film qui a été rendu public la semaine dernière par le Forum des Familles – a appelé Netanyahu « à faire ce qui est juste ».

« M. le Premier ministre, membres du cabinet, j’en appelle à vous, nos filles apparaissent dans cette vidéo, assises, apeurées mais tellement courageuses, tellement fortes », a-t-elle déclaré. « Soyez braves comme elles l’ont été, prenez vos responsabilités ! Faites ce qui est juste pour elles, ce qui est juste pour le pays. Et ce qui est juste, c’est de les ramener à la maison et de le faire maintenant ».

La cousine de Karina Ariev, enlevée par le Hamas, lors d’un rassemblement en faveur des otages sur la place de Paris, à Jérusalem, le 25 mai 2024. (Crédit :Charlie Summers/Times of Israel)

Lors de la manifestation de Rehovot, Yair Golan, général à la retraite et ancien membre de la Knesset qui est aujourd’hui candidat à la tête du parti Avoda, a estimé dans un discours que « pendant des années, Netanyahu a fui la prise de décision. C’est le roi du statu-quo. Il ne changera rien et il ne fera rien pour régler quoi que ce soit. Toutes ses ressources ne sont utilisées qu’à une seule fin : sa survie ».

« La peur de Netanyahu face à la nécessité de prendre des décisions difficiles a entraîné la pire série de défaillances dans toute l’Histoire du pays », a continué Golan. Certains tentent de ne pas assumer la responsabilité de leurs échecs mais peu importe. Ils ne fuiront pas ».

La guerre à Gaza avait éclaté lorsque 3 000 terroristes armés placés sous l’autorité du Hamas étaient entrés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils avaient tué près de 1 200 personnes. Les hommes armés avaient également kidnappé 252 personnes, des civils en majorité, qui avaient été pris en otage à Gaza.

252 captifs se trouveraient toujours à Gaza – mais certains ne sont plus en vie. 105 civils avaient été libérés au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre, et quatre otages avaient été remis en liberté avant cette pause dans les combats. Trois otages, dont une soldate, avaient été secourus vivants par les forces israéliennes. Les corps sans vie de 19 otages ont également été récupérés par les militaires sur le terrain – dont trois qui avaient été tués par erreur par l’armée lors d’un incident tragique, au mois de décembre.

L’armée israélienne a par ailleurs confirmé la mort de 37 personnes, qui sont toujours détenues par le Hamas et ses complices, tuées le 7 octobre ou en captivité, sur la base de nouveaux renseignements et autres informations recueillies par les soldats sur le terrain, à Gaza.

Le Hamas détient par ailleurs les corps des soldats de Tsahal Oron Shaul et Hadar Goldin depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont tous deux censés être en vie après être entrés dans la bande de Gaza de leur propre chef en 2014 et 2015 respectivement.

Charlie Summers a contribué à cet article.

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