Abbas dit soutenir un État palestinien démilitarisé, préfère financer les écoles
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Abbas dit soutenir un État palestinien démilitarisé, préfère financer les écoles

Le président de l'Autorité palestinienne a déclaré à des universitaires israéliennes : "je veux une police non-armée, avec des bâtons, pas des pistolets"

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à un mariage, en Cisjordanie, le 18 août 2018. (Crédit : Flash90)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à un mariage, en Cisjordanie, le 18 août 2018. (Crédit : Flash90)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré mardi qu’il estimait qu’un futur État palestinien devait être démilitarisé, une rare forme de soutiens aux revendications israéliennes en vue d’un accord de paix.

Abbas a un groupe d’universitaires israéliens, à la Muqata, les quartiers généraux de l’AP à Ramallah, à qui il préférait allouer les fonds à l’éducation et aux institutions qu’à l’armée, selon le radiodiffuseur public Kan.

« Je soutiens un État selon les frontières de 1967, sans armée. Je veux une force policière avec des bâtons, sans pistolets », a déclaré Abbas à Ramallah, selon un reportage à la radio. « A la place des avions de guerre et des tanks, je préfère construire des écoles et des hôpitaux et allouer les fonds et les ressources aux institutions sociales. »

« Les Palestiniens sont engagés envers une paix juste et complète basée sur le principe d’une solution à deux Etats et les décisions de la légitimité internationale, en dépit de toutes les difficultés et les obstacles que le gouvernement israélien a mis sur la voie de la paix », a déclare le président de l’AP.

Un proche d’Abbas a confirmé à Kan qu’Abbas avait effectivement tenu ces propos, et a ajouté qu’ils étaient conformes à ses positions déjà énoncées.

La chef du parti d’opposition, l’Union sioniste, la députée Tzipi Livni, prend la parole à la Knesset, à Jérusalem, le 8 août 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

La cheffe de l’opposition Tzipi Livni a confirmé qu’Abbas avait émis le souhait de voir se construire un État palestinien démilitarisé au cours des négociations auxquelles ils avaient tous deux pris part, pendant le troisième mandat de Netanyahu, en 2013-2014. Ces négociations, alors supervisées par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, avaient finalement échoué.

Un article paru en 2013 dans Haaretz avait rapporté les propos d’Abbas, qui affirmait que l’État palestinien serait démilitarisé. En 2014, il avait déclaré au New York Times qu’il envisageait que les forces de l’OTAN agissent comme gardes-frontières et luttent contre la contrebande.

« Nous serons démilitarisés », avait-il dit. « Pensez-vous que nous avons l’illusion de penser que nous pouvons avoir une sécurité si les Israéliens ne se sentent pas en sécurité ? »

Israël a toujours exigé qu’un futur État palestinien soit démilitarisé. L’AP a actuellement une force de sécurité formée par les Etats-Unis avec de petites armes pour maintenir l’ordre dans les villes palestiniennes.

Les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne en uniforme, à Hébron, le 31 juillet 2018. (Crédit : Wafa)

Aucune négociation sérieuse n’a été mis en oeuvre depuis l’échec de 2014.

L’administration Trump planche depuis un moment sur un plan de paix pour le Moyen-Orient, mais ses détails n’ont pas été dévoilés. Les responsables ont dit avoir fini le plan et oeuvre désormais à son annonce, mais n’ont annoncé aucun échéancier.

Les responsables à Washington ont averti que ni les Israéliens ni les Palestiniens ne seront « pleinement satisfaits » du plan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit qu’il n’y avait « aucune urgence » à dévoiler le plan de paix du président américain Donald Trump.

Mahmoud Abbas, à gauche, président de l’Autorité palestinienne, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant des négociations de paix au département d’Etat américain, à Washington, le 2 septembre 2010. (Crédit : Jason Reed/Pool/Getty Images via JTA)

« S’il veut le promouvoir, cela dépend de lui », a dit Netanyahu aux journalistes au cours d’un point-presse en Lituanie où il était récemment en visite. « Il commente par moments le sujet et le moment de sa présentation arrivera, même si je n’y vois aucune urgence ».

Avant même la diffusion du plan, l’Autorité palestinienne, qui boycotte l’administration, a rejeté les tentatives de relance des pourparlers.

La frustration du dirigeant de l’AP remonte au mois de décembre, quand Trump a officiellement reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et a lancé les procédures pour y transférer l’ambassade américaine. L’ambassade a ouvert en mai.

Depuis, les responsables de l’AP ont refusé de rencontrer les membres du cabinet de Trump, déclarant qu’ils ne pouvaient tenir le rôle d’intermédiaires honnêtes dans les négociations.

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