Plan de paix de Trump : Netanyahu n’y voit « aucune urgence »
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Plan de paix de Trump : Netanyahu n’y voit « aucune urgence »

Le Premier ministre a déclaré que sa promotion dépendait du président américain et que Washington était conscient de l'aversion palestinienne à son encontre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  s'exprime durant une cérémonie de commémoration au mémorial de la Shoah de  Paneriai, près de Vilnius, le 24 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Petras Malukas)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime durant une cérémonie de commémoration au mémorial de la Shoah de Paneriai, près de Vilnius, le 24 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Petras Malukas)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré vendredi qu’il n’y avait « aucune urgence » dans la présentation du plan de paix du président américain Donald Trump dont les détails doivent encore être révélés.

« S’il veut le promouvoir, cela dépend de lui », a dit Netanyahu aux journalistes au cours d’un point-presse en Lituanie où il est actuellement en visite. « Il commente par moments le sujet et le moment de sa présentation arrivera, même si je n’y vois aucune urgence ».

Interrogé sur l’aversion palestinienne concernant ce plan de paix, qui tarde à se faire connaître, le Premier ministre a expliqué que « les Américains y pensent. Ils ne sont pas aveugles. Mais je ne sais pas – On verra lorsque l’initiative sera suggérée ».

Mardi soir, Trump a déclaré lors d’un rassemblement de campagne organisé à Charleston, en Virginie occidentale, qu’Israël paiera « un prix plus élevé » dans les pourparlers de paix avec les Palestiniens en raison de sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat juif.

« C’était une bonne chose à faire », a déclaré Trump au sujet de la reconnaissance de Jérusalem et de la relocalisation de l’ambassade des États-Unis dans la capitale. « Parce que nous l’avons retiré de la table. Parce qu’à chaque fois qu’il n’y avait des négociations de paix, on n’avait jamais réussi à franchir la question de Jérusalem devenant la capitale. Alors j’ai dit qu’il fallait le retirer de la table. Et vous savez quoi ? Israël devra payer un prix plus élevé parce que les Israéliens ont gagné une chose très importante ».

Plus tard, cherchant à apaiser les inquiétudes israéliennes, de hauts-responsables américains ont indiqué à la Dixième chaîne que « les Etats-Unis n’imposeront pas des conditions inacceptables à Israël dans leur plan de paix ».

Le conseiller à la sécurité nationale américain, l’ambassadeur John Bolton, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 22 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au même moment, un responsable israélien a noté que le conseiller à la sécurité nationale américain John Bolton avait clarifié les propos du président.

Bolton, qui se trouvait à Jérusalem, a ainsi déclaré mercredi matin que le discours du président ne représentait pas un changement dans la politique mise en oeuvre par l’administration américaine dans les négociations de paix.

Bolton a par ailleurs souligné qu’il n’y avait eu aucun « compromis » impliqué dans la décision du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

« Je ne pense pas qu’il y ait un changement dans la politique. Je pense que le président a réfléchi à cette reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne et que son inévitable conséquence a été que l’ambassade américaine devait se trouver dans la capitale du pays, ce qui est la décision juste et naturelle à prendre », a-t-il indiqué. « Il ne s’agit pas d’une question de compromis ».

Un responsable de l’Autorité palestinienne a appelé Trump en réponse à reconnaître un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et à affirmer que la « seule » solution au conflit est la solution à deux Etats.

Suite à la reconnaissance par le président américain de Jérusalem en tant que capitale israélienne, au mois de décembre dernier, les responsables de l’AP ont refusé de rencontrer les membres du cabinet de Trump, déclarant qu’ils ne pouvaient tenir le rôle d’intermédiaires honnêtes dans les négociations.

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