Personne ne sera « pleinement satisfait » du plan de paix, avertit Washington
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Personne ne sera « pleinement satisfait » du plan de paix, avertit Washington

Dans un communiqué conjoint, l'équipe chargée de la paix au Moyen-Orient a affirmé que la seule façon d'obtenir la paix est de faire des compromis difficiles

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

De gauche à droite : le coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient Nickolay Mladenov , le secrétaire d'Etat des Nations unies Antonio Guterres, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, l'envoyé pour la paix américain Jason Greenblatt et le conseiller spécial et gendre du président Donald Trump Jared Kushner avant une session du conseil de sécurité de l'ONU sur le conflit israélo-palestinien (Capture d'écran : Nations unies)
De gauche à droite : le coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient Nickolay Mladenov , le secrétaire d'Etat des Nations unies Antonio Guterres, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, l'envoyé pour la paix américain Jason Greenblatt et le conseiller spécial et gendre du président Donald Trump Jared Kushner avant une session du conseil de sécurité de l'ONU sur le conflit israélo-palestinien (Capture d'écran : Nations unies)

WASHINGTON — L’administration Trump a déclaré mercredi que ni les Israéliens ni les Palestiniens ne seront « pleinement satisfaits » du très attendu plan de paix pour le Moyen-Orient, dont le contenu est l’un des secrets les mieux gardés de Washington.

Jason Greenblatt, l’envoyé spécial du président américain Donald Trump pour les négociations internationales, a diffusé sur Twitter une déclaration de plusieurs responsables, indiquant que le seul moyen de parvenir à la paix était d’accepter des compromis difficiles.

« Personne ne sera pleinement satisfait de notre proposition, mais c’est ainsi que doivent être les choses si l’on souhaite parvenir à la paix », ont déclaré les responsables.

« La paix ne peut être une réussite que si elle est basée sur des réalités. »

Cette phrase a été attribuée à l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley, l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, le haut-conseiller de la Maison Blannche Jared Kushner et à Greenblatt.

Ces membres de l’administration Trump ont dit avoir terminé de travailler sur le plan et œuvrent désormais sur sa mise en oeuvre, sans pour autant annoncer un calendrier.

Avant même la diffusion du plan, l’Autorité palestinienne, qui boycotte l’administration, a rejeté les tentatives visant à relancer les pourparlers.

Mercredi soir, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a attaqué l’administration Trump sur ses propositions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Dans un discours prononcé à Ramallah, Abbas a déclaré au sujet de l’équipe de Trump : « je jure devant dieu, ce sont des menteurs ».

Il les a également accusés de promouvoir l’aide humanitaire à Gaza pour servir leurs propres intérêts, et non pas par désir authentique d’améliorer la qualité de vie des Palestiniens.

La frustration du leader palestinien vis-à-vis de la Maison Blanche remonte au mois de décembre, quand Trump a officiellement reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et mis en marche les procédures pour y transférer l’ambassade américaine. Le nouveau complexe a été inauguré en mai.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours le 15 août 2018. (Crédit : WAFA)

Depuis l’annonce de Trump, les responsables de l’AP ont refusé de rencontrer les membres du cabinet de Trump, affirmant qu’ils ont perdu leur capacité à agir en médiateur honnête dans les négociations.

Néanmoins, l’équipe de Trump chargée de constituer le plan de pays a poursuivi ses efforts pour développer un plan afin de parvenir à « l’accord ultime » de Trump.

Cependant, les relations américano-palestiniennes se sont dégradées. En janvier, la Maison Blanche a annoncé qu’elle retiendrait 65 millions de dollars en aide à l’UNRWA, une mesure punitive pour sanctionner le refus d’Abbas à travailler avec l’administration suite à la décision sur le statut de Jérusalem.

« Nous payons aux Palestiniens DES CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS par an et nous n’obtenons ni appréciation ni respect », avait écrit Trump sur Twitter le 3 janvier.

Il y a deux semaines cependant, Washington a versé des millions de dollars d’aides gelées à l’Autorité palestinienne. Les responsables à la Maison Blanche ont assuré que ces fonds étaient uniquement alloués à la coopération sécuritaire israélo-palestinienne, et que les autres aides font encore l’objet d’un examen.

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