Abdelkader Mesli, l’imam parisien qui a sauvé des Juifs pendant la Shoah
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Abdelkader Mesli, l’imam parisien qui a sauvé des Juifs pendant la Shoah

Cet imam de la grande mosquée a confectionné des certificats de confession musulmane pour protéger les Juifs

La carte de déporté résistant d’Abdelkader Mesli. (Crédit : famille Mesli)
La carte de déporté résistant d’Abdelkader Mesli. (Crédit : famille Mesli)

Son histoire est méconnue. Elle reste pourtant emblématique des sacrifices de certains Justes pendant la Seconde Guerre mondiale, permettant par leur abnégation, courage et bienveillance de sauver de nombreuses vies juives face aux abominations nazies.

Abdelkader Mesli, imam de la grande mosquée de Paris, a confectionné des certificats de confession musulmane pour protéger les Juifs – sa mosquée était devenu un refuge pour plusieurs familles séfarades parisiennes menacées. Il leur a également délivré des tickets de rationnement et œuvré pour tromper les forces de police et la Gestapo. Il a été aidé par Kaddour Benghabrit, directeur et fondateur de la mosquée. Ensemble, selon les historiens, ils auraient sauvé entre 500 et 1 600 Juifs. L’administration de Vichy avait de grands soupçons à leur encontre, comme en a témoigné une lettre officielle de l’époque.

Envoyé à Bordeaux par la mosquée de Paris en tant qu’aumônier musulman du Fort du Hâ, camp d’internement dirigé par les nazis, Mesli s’est également engagé dans la Résistance en février 1943.

Arrêté en août 1944 après une dénonciation, il a été déporté dans les camps de Dachau et de Mauthausen, avant d’être libéré en mai 1945, reprenant par la suite son poste à la mosquée. Même sous la torture, il n’a pas cédé ni dénoncé les familles qu’il cachait ni ses complices. Il était accusé d’avoir organisé « la réception, l’hébergement et le logement des indigènes nord-africains évadés des camps ou prisonniers du département » ainsi que d’avoir fabriqué de « faux
papiers ».

Orphelin et ancien ouvrier algérien, né en 1902, Abdelkader Mesli est arrivé à l’âge de 17 ans à Marseille. Il est décédé en 1961. Son fils, Mohammed, a découvert le secret de son père seulement en 2010, en fouillant les documents que contenait une vieille valise.

En 2015, ce dernier expliquait au Parisien : « C’est ma femme qui est tombée dessus en 2010, en rangeant la maison où avaient vécu mes parents. Dans le secrétaire de mon père, mort cinquante ans plus tôt, elle a trouvé des centaines de documents. On savait que mon père était imam à la mosquée de Paris pendant la guerre et qu’il avait été déporté, mais c’est presque tout. »

« Il faisait des faux certificats, il aidait des gens à s’évader et il allait en même temps négocier avec la Kommandantur… Il en fallait du courage ! », explique-t-il.

Le fils, qui a connu son père pendant seulement dix ans, explique que celui-ci disait avoir eu « tous les os cassés dans les camps ». Selon lui, il était rentré très malade. Un document atteste qu’il ne pesait plus que 30 kilos. Il parlait rarement de cette époque et de la guerre, si bien que son action n’a jamais été reconnue publiquement.

Aujourd’hui, son fils ressent le besoin de témoigner, « non pas pour rendre hommage à mon père ou me mettre en avant, mais pour montrer que Juifs et musulmans sont capables de vivre ensemble, puisqu’ils l’ont déjà fait. J’interviens parfois dans les écoles avec les Bâtisseuses de paix. Cette association veut faire comprendre que tout ça n’est pas une histoire de religions, mais d’hommes qui luttent contre l’ignorance, notamment après les attentats de janvier 2015. Mon père était soufi, et cette branche de l’islam repose sur un précepte important : ‘Le pire ennemi de l’homme, c’est l’ignorance’ ».

Abdelkader Mesli n’a pas (encore) reçu officiellement le titre de Justes parmi les nations décerné par le mémorial Yad Vashem de Jérusalem, son histoire n’ayant pas encore été examinée en détails par les chercheurs. Mohamed Helmy, médecin égyptien vivant à Berlin, est le seul Arabe à avoir reçu la distinction lors d’une cérémonie en 2013 – néanmoins, une soixantaine de musulmans, originaires pour la plupart d’Albanie ou de Bosnie, ont aussi été distingués par le Mémorial. D’autres musulmans de France, tels Bel Hadj El Maafi, imam de Lyon, et Cherif Mecheri, sous-préfet et bras droit de Jean Moulin, auraient eux aussi participé à la protection de Juifs pendant la guerre, explique Kamel Mouellef, co-auteur de la bande dessinée Résistants oubliés (Glénat).

Régulièrement, des hommages sont rendus à l’imam parisien sur les réseaux sociaux. Le mois dernier, plusieurs messages ont été très partagés, notamment l’un du président de l’association Beit Haverim, un autre du magazine Sarrazins, ou encore un autre du think-tank « Cohérence ».

Après avoir sauvé plusieurs familles juives de la déportation, Abdelkader Mesli, imam de la Mosquée de Paris, sera…

פורסם על ידי ‏‎Alain Beit‎‏ ב- יום ראשון, 26 ביולי 2020

Outre Le Parisien, plusieurs médias ont également ces dernières années retracé le parcours d’Abdelkader Mesli, parmi lesquels France 2 et AJ+.

SHOAH : Abdelkader Mesli, l'imam qui sauvait les juifs

❤ CES IMAMS QUI SAUVAIENT LES JUIFS… ❤Durant la Shoah, de nombreux Imams ont payé de leur vie le fait de cacher des milliers de juifs dans les différentes mosquées de France. Parmi ces musulmans courageux, Abdelkader Mesli, orphelin et ancien ouvrier algérien. Il confectionnera des certificats de confession musulmane pour protéger les juifs et multipliera les actions pour tromper Police & Gestapo. Il sera finalement attrapé, déporté puis torturé dans des camps de concentration nazis, sans JAMAIS lâcher une seule information aux nazis, pour protéger les civils juifs innocents.Parce que la Shoah est un drame de l'humanité toute entière, essayer de falsifier ou révisionner son histoire est plus qu'une honte, c'est un crime. D'ailleurs, AUCUNE CONDAMNATION PUBLIQUE DE CES PROPOS (pourtant condamnables) ne s'est fait entendre à ce jour.

פורסם על ידי ‏‎Beur FM‎‏ ב- יום חמישי, 22 באוקטובר 2015

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