Affaire 4 000 : Des élus de la coalition plaident en faveur d’une grâce de Netanyahu
Yariv Levin, Amichaï Eliyahu, et Israel Katz entre autres appellent à nouveau à la clémence, après que les juges ont redemandé au parquet d'abandonner le chef d'accusation de corruption
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Plusieurs membres du gouvernement et députés de la coalition ont de nouveau appelé à la fin du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, après que les juges ont recommandé lundi l’abandon des poursuites pour corruption à l’encontre du chef du gouvernement.
La suggestion faite par les magistrats aux procureurs intervient après que Netanyahu a conclu son long témoignage dans les trois affaires pour lesquelles il est jugé. Elle reprend une recommandation qui avait été formulée par le panel il y a trois ans. Si les procureurs abandonnent effectivement l’accusation de corruption, Netanyahu restera toutefois poursuivi pour fraude et abus de confiance dans trois affaires portant sur des allégations qui laissent croire qu’il aurait reçu des cadeaux illicites et échangé des faveurs pour obtenir une couverture médiatique favorable.
Cependant, la déclaration des juges a redonné de l’élan aux appels lancés par les alliés de Netanyahu qui réclament la fin du procès, une bonne fois pour toutes. Premier Premier ministre israélien en exercice à être jugé, Netanyahu nie toute malversation dans ces affaires.
Ses partisans reprennent depuis longtemps à leur compte son argument selon lequel ces accusations relèveraient d’une chasse aux sorcières politique interminable. Dans une déclaration vidéo qui a été diffusée lundi, le ministre de la Justice, Yariv Levin, a affirmé que l’accusation de corruption était le chef d’accusation « central » monté de toutes pièces contre Netanyahu.
« Le moins que l’on puisse faire à présent est d’empêcher cette parodie du droit et de la justice de se poursuivre », a déclaré Levin.
« Pour éviter que le Premier ministre Netanyahu ne soit entraîné dans plusieurs années de procédures judiciaires supplémentaires, fondées sur des accusations marginales et sans précédent. »
Il a ajouté que la recommandation des juges offrait aux procureurs une « dernière chance de sauver une partie de l’honneur du système » et il a appelé à la grâce du Premier ministre ou au classement sans suite des affaires.
Netanyahu avait officiellement déposé une demande de grâce à la fin de l’année dernière. En mars, le département des grâces du ministère de la Justice a publié une note de synthèse indiquant qu’il serait extrêmement problématique d’accorder une grâce à Netanyahu, son procès étant en cours et aucune condamnation n’ayant été prononcée, et parce qu’il n’a ni reconnu sa culpabilité ni exprimé de remords.
Le mois suivant, le président Isaac Herzog, qui détient le pouvoir d’accorder des grâces, a rejeté la demande faite par Netanyahu et il a proposé, à la place, de négocier sa peine. L’équipe juridique de Netanyahu n’a pas encore répondu à cette proposition.
Une note de synthèse soumise plus tôt cette année par le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), soutenait la demande de grâce de Netanyahu. Eliyahu avait alors agi en remplacement de Levin, qui s’était récusé en raison d’un conflit d’intérêts.
Dans une lettre adressée lundi à Herzog, Eliyahu a de nouveau plaidé en faveur d’une grâce, qualifiant la demande des juges de « témoignage du fait qu’au cœur même du système judiciaire, ils comprennent que ce processus est loin d’être sans équivoque ».
Soulignant que l’armée israélienne continue de mener des combats sur plusieurs fronts, Eliyahu a ajouté : « Le pouvoir de grâce a également été prévu pour de tels moments : lorsqu’un besoin national exige de voir au-delà de la procédure judiciaire. »
Il a exhorté Herzog à « mettre fin à cette chasse politique et à ce cirque judiciaire, et à permettre à l’État d’Israël de se concentrer sur les véritables défis auxquels il est confronté ».
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a également écrit sur le réseau social X : « Le procès doit être annulé, et les responsables de cette mise en accusation fabriquée de toutes pièces doivent être tenus pour responsables. »
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Des députés du Likud se sont également joints à ce concert de protestations.
« Ce n’est pas un procès équitable, c’est une chasse aux sorcières », a déclaré mardi le député Moshe Saada, ancien chef adjoint du Département des enquêtes internes de la police (DIPI), sur la Quatorzième chaîne, fer de lance de la propagande pro-Netanyahu.
« Ils ont mis le Premier ministre au pilori. »
Le député Amit Halevi a quant à lui qualifié ce procès de trahison envers le gouvernement élu de Netanyahu et a fait allusion aux élections législatives qui doivent se tenir d’ici fin octobre.
« Ce putsch – il n’y a pas d’autre mot pour le désigner – doit cesser », a-t-il déclaré.
« Et vous devrez y répondre par les urnes. »
Un sondage réalisé par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, peu après que Netanyahu a demandé la clémence, a révélé que la plupart des Israéliens s’opposaient à ce qu’on lui accorde une grâce.
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