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Affaire des embryons: La mère biologique se dit solidaire de la femme enceinte

« Nous sommes toutes deux victimes de cette terrible erreur », dit-elle, évoquant le cas de la femme enceinte d’un embryon qui n’est pas le sien

Illustration -Sur cette photo du 15 mai 2018, on voit un scientifique manipuler une fiole contenant des échantillons congelés de sperme de donneur dans un laboratoire de Melbourne, en Australie. (Crédit : AP Photo/Wong Maye-E)
Illustration -Sur cette photo du 15 mai 2018, on voit un scientifique manipuler une fiole contenant des échantillons congelés de sperme de donneur dans un laboratoire de Melbourne, en Australie. (Crédit : AP Photo/Wong Maye-E)

La mère biologique probable de l’embryon implanté par erreur sur une autre femme lors d’un traitement de fertilité dans un hôpital israélien s’est dite dévastée et a exprimé sa sympathie pour l’autre femme impliquée.

« Je me trouve dans une situation impossible », a-t-elle déclaré à la Douzième chaîne dans une interview diffusée vendredi. « Cela fait deux semaines que je ne vis plus. Je suis dévastée, détruite. »

« Je ne vis plus – je n’arrive à rien faire, je ne mange plus, je ne dors plus », a déclaré la femme identifiée uniquement par son initiale, « Aleph ».

« C’est horrible de se dire que mon bébé a été implanté par erreur chez une autre femme, alors que mon mari et moi tentons depuis si longtemps d’avoir un enfant, par des procédures très difficiles », a-t-elle confié.

« Je suis de tout cœur avec cette femme [qui porte l’embryon]. Je me sens en communion avec elle. J’aimerais pouvoir la prendre dans mes bras et pleurer avec elle, parce que nous sommes tous deux victimes de cette terrible erreur », a-t-elle ajouté.

Aleph a rappelé que lorsque la nouvelle de la confusion survenue à l’hôpital Assuta de Rishon Lezion était sortie, son mari et elle avaient craint d’être concernés.

Illustration : Un embryologue spécialiste de la fécondation in vitro fait des manipulations à l’intérieur d’une boîte de Petri, dans une clinique de fertilité à Londres, le 14 août 2013. (Crédit : AP Photo/Sang Tan)

Leur avocat a ajouté que la crainte avait rapidement laissé la place à la panique lorsque le couple avait pris conscience qu’ils étaient effectivement au cœur de l’affaire.

« Quelques jours plus tard, [le médecin] leur a dit qu’après des tests circonscrits à l’hôpital Assuta, il était fort probable qu’ils soient les parents », a déclaré Shira Fridan.

Fridan a ajouté que le couple avait appris par un reportage télévisé que le fœtus était une fille.

« Le couple que je représente doit absolument savoir, que ce soit sur le plan pratique ou émotionnel, s’ils sont bien les parents. Ce fœtus qui pourrait être le leur sera bientôt une petite fille », a indiqué Fridan.

« Cet embryon a été obtenu au terme de nombreux efforts et de traitements de fertilité épuisants », a-t-elle ajouté.

Elle a par ailleurs souligné l’importance que le système judiciaire rende une décision sur la question avant la naissance de l’enfant, prévue dans quelques semaines.

Ce type de cas – d’implantation d’un embryon chez une femme qui n’est pas la mère – semble sans précédent en Israël, aussi est-il assez difficile d’augurer des possibles développements judiciaires.

Cette terrible confusion rappelle le célèbre jugement du roi Salomon, par lequel le roi biblique a dû arbitrer, entre deux femmes, laquelle était la mère d’un enfant.

La semaine passée, le couple qui a reçu l’embryon qui n’est pas le sien s’est dit à la fois consterné par cette erreur mais prêt à élever cet enfant comme le leur, bien que leurs droits parentaux puissent leur être contestés en justice.

« C’est fou. Nous n’arrivons tout simplement pas à y croire, surtout ma femme. Naturellement, elle a dit: « Pas question. C’est la sienne, et c’est impossible. Ils ne peuvent pas enlever [le bébé] », a déclaré le père à la Douzième chaîne, qui a soulevé l’affaire.

Pour des raisons de confidentialité, le couple a demandé à ne pas être identifié par son nom, mais par ses initiales hébraïques.

Le mari a insisté sur le fait qu’ils élèveraient malgré tout cet enfant comme le leur.

« Nous n’avons jamais pensé autrement, en dépit des questions et des dilemmes. Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il assuré.

« Depuis que cette petite fille a été implantée, nous comptons les minutes jusqu’à sa naissance », a-t-il ajouté.

Illustration : Laboratoire dans une clinique de FIV. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

Il a expliqué qu’il avait fallu des années pour que sa femme, « Ayin », tombe enceinte, au terme de plusieurs traitements de fertilité, dont des thérapies hormonales et extractions d’ovules.

Alors qu’elle était enceinte de sept mois, ils ont fait pratiquer des tests dans un autre hôpital, qui a découvert l’erreur.

« À l’issue des tests, ils ont voulu en savoir plus sur notre fille et nous ont dit : ‘Attendez, il y a quelque chose d’anormal.’ Nous avons fait un autre test, plus poussé, et c’est la que nous avons tout découvert », a confié Aleph.

« C’est fou! Ils n’avaient que ça à faire , et ils se sont trompés », a-t-il déclaré.

« Assuta regrette l’incident rarissime qui s’est produit dans la clinique de FIV de Rishon Lezion. Il s’agit d’une erreur humaine tragique, et Assuta fera le nécessaire pour améliorer ses processus afin qu’un cas comme celui-ci ne se reproduise plus jamais », a déclaré le centre hospitalier dans un communiqué.

Le ministère de la Santé s’est engagé à créer sans tarder un comité chargé d’enquêter sur l’incident.

Bien qu’extrêmement rares, des cas similaires se sont déjà produits.

En novembre 2021, le Los Angeles Times indiquait qu’une femme avait donné naissance à sa deuxième fille, avant de découvrir, quelques semaines plus tard, qu’elle n’avait aucun lien de parenté avec elle.

Dans ce cas précis, la femme a pu conserver ses droits parentaux sur la petite fille.

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