Affaire Leifer : la Cour suprême retarde sa libération pour examiner les appels
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Affaire Leifer : la Cour suprême retarde sa libération pour examiner les appels

La décision de la remise en liberté de l'ancienne directrice, recherchée en Australie pour 74 chefs d'accusation d'abus sexuels, est attendue dans les prochains jours

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ancienne directrice d'école en Australie Malka Leifer, recherchée dans son pays pour agressions sexuelles contre des enfants, à la cour de district de Jérusalem, le 14 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'ancienne directrice d'école en Australie Malka Leifer, recherchée dans son pays pour agressions sexuelles contre des enfants, à la cour de district de Jérusalem, le 14 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Cour suprême a statué jeudi qu’elle maintiendrait en détention la présumée prédatrice sexuelle Malka Leifer pendant qu’elle examine un appel interjeté contre une décision de la mettre en résidence surveillée.

Mercredi, le juge Ram Vinograd, du tribunal de district de Jérusalem, a ordonné que Leifer, qui risque d’être extradée vers l’Australie pour sévices sexuels sur la personne d’anciens élèves, soit placée en résidence surveillée, mais a accepté de suspendre sa libération pour 48 heures. Les deux parties ont profité de l’occasion pour faire appel devant la Cour suprême, la défense exigeant une libération sans restriction et l’accusation demandant qu’elle reste derrière les barreaux.

La juge Anat Baron de la Cour suprême a déclaré à la fin de l’audience de jeudi qu’elle prolongerait le sursis pendant qu’elle délibérerait avant de rendre une décision sur la libération de l’ancienne directrice d’école, 52 ans, à l’issue d’une audience enflammée au cours de laquelle Mme Baron a fréquemment rappelée les avocats de Leifer à l’ordre.

Aucune date n’a été donnée pour la décision, mais les procureurs ont indiqué qu’une décision pouvait être attendue dans les jours à venir.

« De notre point de vue, le plus important est que Malka Leifer reste en prison à ce stade », a déclaré Manny Waks, le PDG de Kol V’Oz, une organisation basée en Israël qui lutte contre les abus sexuels envers les enfants dans les communautés juives dans le monde. « Nous pouvons respirer un peu et espérer que la justice prévaudra et que le juge reviendra sur sa décision d’hier. »

Malka Leifer, à droite, est amenée dans une salle d’audience du tribunal de Jérusalem, le 27 février 2018 (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean, File)

Les avocats de Leifer, Yehuda Fried et Tal Gabay, affirment que leur cliente subit des crises de panique débilitantes lorsqu’elle est placée dans une situation de stress, comme en prison ou au tribunal.

« Nous sommes persuadés que la Cour suprême donnera son feu vert à la décision du tribunal de district et ordonnera la libération [de Leifer] », a déclaré M. Gabay aux journalistes après l’audience.

Si elle est libérée, Leifer, citoyenne israélienne qui habitait dans l’implantation d’Emmanuel en Cisjordanie, sera autorisée à rester chez sa sœur à Bnei Brak.

La décision de mercredi a été accueillie avec enthousiasme par des groupes de défense des droits des victimes et même par des membres du gouvernement australien et de la communauté juive.

Quelques heures avant l’audience de jeudi devant la Cour suprême, l’ambassadeur d’Australie en Israël, Chris Cannan, a tweeté : « L’Australie maintient sa position constante selon laquelle Malka Leifer devrait être extradée pour faire face aux allégations d’abus pédosexuels devant les tribunaux australiens. La décision d’hier d’accorder une mise en liberté sous caution est préoccupante. Nous continuerons de faire part de nos préoccupations directement au gouvernement d’Israël. »

Dans une interview accordée à la radio australienne ABC, l’ancien ambassadeur de Melbourne en Israël et actuel député libéral fédéral Dave Sharma a déclaré que cette affaire « ne reflète pas bien le système juridique israélien, qui a permis au processus d’extradition de traîner en longueur pendant plus de cinq ans ».

Le député travailliste Josh Burns a qualifié de « profondément décevante » la décision de libérer Leifer et a déclaré que le Premier ministre australien Scott Morrison « devrait prendre contact directement avec Israël pour exprimer la ferme opinion de l’Australie selon laquelle Mme Leifer doit être extradée vers l’Australie pour être jugée sans plus attendre ».

La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a déclaré dans un communiqué qu’elle avait soulevé la question avec son homologue israélien, Yisraël Katz, pas plus tard que la semaine dernière.

Un diplomate israélien anonyme a déclaré à Haaretz que la décision du tribunal de première instance de Jérusalem était « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » pour Melbourne, qui a attendu plus de cinq ans pour que Leifer soit extradée.

(De gauche à droite) Les avocats de Malka Leifer Tal Gabay et Yehuda Fried parlent aux journalistes au tribunal de district de Jérusalem le 23 septembre 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

« Cette affaire cause un préjudice irréparable aux relations entre Israël et l’Australie », a déclaré le diplomate à Haaretz. « Cette histoire est choquante pour le public australien, le viol de petites filles apparemment blanchies à la chaux. Nous avons de nombreux domaines de coopération avec l’Australie, y compris la sécurité, et ils sont réellement en danger.

Au cours de l’audience, l’avocat de Leifer, Fried, a mis en garde Mme Baron contre le fait de « céder » sous la pression des médias et du gouvernement australien. Selon lui, Morrison ne « s’intéresse qu’à Leifer et aux kangourous ».

Plusieurs fois au cours de l’audience de jeudi, la juge Baron a demandé à la défense ce qui avait changé depuis mars 2018, lorsque la plus haute instance judiciaire a annulé une décision similaire du tribunal de district de Jérusalem de libérer Leifer en résidence surveillée.

L’avocat de Leifer a cité la décision de la semaine dernière qui remettait en question les évaluations psychiatriques, mais Mme Baron ne semblait pas convaincue et a dit qu’elle ne basait pas sa décision sur celle de Lomp.

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