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Affaire Sandak : 4 policiers blessés lors d’une manifestation d’extrême droite

21 personnes ont été arrêtées ; les manifestants demandaient justice pour Ahuvia Sandak, un jeune de 16 ans décédé l’an dernier lors d’une course poursuite avec la police

Le pare-brise d'une voiture de police brisé par des manifestants, rassemblés suite à la mort l'an dernier d'Ahuvia Sandak, à Jérusalem, le 6 novembre 2021. (Crédit : Police israélienne)
Le pare-brise d'une voiture de police brisé par des manifestants, rassemblés suite à la mort l'an dernier d'Ahuvia Sandak, à Jérusalem, le 6 novembre 2021. (Crédit : Police israélienne)

Samedi soir, des dizaines de militants d’extrême droite ont manifesté au pont de Cordes, près de l’entrée de la ville de Jérusalem. L’objet de leur colère était la mort d’Ahuvia Sandak, 16 ans, qui a perdu la vie l’année dernière en Cisjordanie dans un accident de voiture alors qu’il fuyait la police, prétendument après avoir jeté des pierres sur des Palestiniens.

Selon la police israélienne, quatre policiers ont été blessés et deux voitures de police ont été endommagées par des manifestants. Ces derniers ont lancé des bouteilles et des pierres, aspergé les forces de l’ordre de gaz poivré et perturbé la circulation. 

La police a annoncé avoir arrêté 21 individus. 

Ce n’est pas la première fois que des heurts éclatent lors de protestations en réaction à la mort d’Ahuvia Sandak. Un an après, la colère reste vive. Les manifestants arguent que la police en est responsable et réclament des poursuites judiciaires.

Vendredi, au même endroit, une manifestation similaire avait déjà eu lieu. Là aussi, des manifestants avaient jeté des pierres et d’autres projectiles sur des forces de sécurité, brisé les vitres d’un véhicule de police et blessé au moins un agent. Les forces de l’ordre étaient parvenues à évacuer les manifestants du carrefour situé à l’entrée de la ville et, selon les médias israéliens, au moins dix manifestants avaient été arrêtés pour trouble à l’ordre public et agression de policiers. Parmi eux, la fiancée d’Ahuvia Sandak, Shalhevet Goldstein.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, chef du Parti sioniste religieux était présent à la manifestation en signe de soutien.

« J’ai entendu dire qu’ils battaient les garçons et les filles avec violence. Je suis venu ici pour que la police s’arrête. J’espère que ça va se calmer », avait déclaré Itamar Ben Gvir sous les applaudissements des manifestants.

Itamar Ben Gvir, membre de la Knesset, lors d’une manifestation suite à la mort d’Ahuvia Sandak l’année dernière, à Jérusalem, le 4 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ces policiers violents doivent retirer leur uniforme et aller en prison immédiatement », avait ajouté Bezalel Smotrich, également membre du Parti sioniste religieux.

L’organisation d’aide juridique d’extrême droite Honenu, qui représente les personnes détenues, accuse les policiers d’avoir fait un usage excessif de la force, notamment en tirant au canon à eau sur une jeune fille qui manifestait vendredi.

Honenu a documenté des affrontements intenses entre la police et les manifestants, et a notamment diffusé la photo d’un agent frappant un manifestant avec une matraque.

Ahuvia Sandak, tué dans un accident de voiture alors qu’il était poursuivi par la police en Cisjordanie le 21 décembre 2020. (Autorisation)

 
La famille d’Ahuvia Sandak a récemment fait appel au bureau du procureur de l’État pour demander d’accélérer l’enquête sur sa mort. La lettre, envoyée par l’intermédiaire de Honenu, a détaillé les difficultés de la famille et ce qu’elle prétend être des failles dans la défense de la police.

Ahuvia Sandak, résidant de l’implantation de Bat Ayin, fuyait la police des frontières dans une voiture avec trois autres jeunes des collines le 21 décembre 2020 lorsque la voiture s’est retournée, provoquant sa mort. 

Selon la police, le groupe de jeunes a perdu le contrôle de leur véhicule. Mais les défenseurs d’Ahuvia Sandak la tiennent pour responsable. Ils affirment que la voiture de police a percuté l’arrière du véhicule d’Ahuvia Sandak, le faisant sortir de la route.

La mort d’Ahuvia Sandak a déclenché des semaines de protestations quasi quotidiennes à Jérusalem et en Cisjordanie. Les manifestants ont jeté des pierres, attaqué des bus et bloqué les grandes artères. La police a répondu par la force.

Le département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a interrogé les agents impliqués dans l’accident, mais il est peu probable qu’ils soient poursuivis pénalement.

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