Affaire Sarah Halimi, voile, antisémitisme… Haïm Korsia s’exprime
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Affaire Sarah Halimi, voile, antisémitisme… Haïm Korsia s’exprime

"Je m’efface devant une décision de justice, mais quand elle est compréhensible et acceptable et rendue dans le cadre plein et entier de la justice", a indiqué le rabbin

Haïm Korsia, grand rabbin de France, au micro de France Inter. (Crédit : France Inter)
Haïm Korsia, grand rabbin de France, au micro de France Inter. (Crédit : France Inter)

Haïm Korsia, grand rabbin de France, était ce lundi l’invité du Grand Entretien de France Inter, présenté par Hélène Roussel et Alexandra Bensaid.

Il s’est notamment exprimé sur l’affaire Sarah Halimi, après avoir écrit une tribune pour Le Figaro dans laquelle il demandait à la ministre de la Justice Nicole Belloubet que Kobili Traoré, l’assassin de la sexagénaire juive, soit jugé.

« Il faut oser dire que des gens peuvent faire des choses inacceptables pour la société », a-t-il indiqué.

« Quand quelqu’un tue quelqu’un en voiture, sous l’emprise d’alcool, de stupéfiants, on va dire ‘circonstance aggravante’. On ne va pas dire qu’il était sous cannabis donc qu’il n’avait pas conscience que conduire est dangereux, que brûler un feu est dangereux… On voit bien que là, il y a une situation aggravante. Et juste pour ce cas-là, on dit que c’est une situation qui ne le rend pas responsable. Il suffira de dire que quelqu’un qui fait quelque chose d’incompréhensible est fou à ce moment-là, n’a pas son entendement au moment où il le fait, parce que ça nous est insupportable, et on dira que ça ne peut pas être chose que la folie qui amène à faire ça, et donc il n’est pas pénalement responsable. C’est pas possible. À un moment il faut une sanction, en notre nom à tous. La justice est rendue au nom du peuple français (…) Il y a besoin de ce procès civil, dans le cadre républicain d’un procès, d’un débat ouvert (…) Ce jugement n’est pas rendu au nom du peuple français. »

« Je m’efface devant une décision de justice, mais quand elle est compréhensible et acceptable et rendue dans le cadre plein et entier de la justice », a-t-il ajouté.

Il s’est également exprimé sur l’antisémitisme, un phénomène « tellement toujours présent qu’il n’est pas compréhensible, et donc on est dans le déni, on en arrive inconsciemment à la nier (…) À un moment il faut de la fermeté, des peines de réparations, que la société n’accepte pas ça, les magistrats doivent prendre leur part dans cette fermeté ».

« Ni contre l’islam nous, ni contre nous ce racisme n’est acceptable », a-t-il ajouté.

Le rabbin a expliqué que si les Juifs « ne pouvaient vivre [leur] judaïsme, alors la République ne serait pas ce qu’elle est (…) Chaque fois que le judaïsme a été en péril, c’est que la société était au bord du gouffre ».

Haïm Korsia est également revenu sur les dernières profanations de tombes en Alsace : « J’aurais pris les coupables, des jeunes, je leur aurais fait prendre du mortier, réparer les tombes. Mais les Alsaciens, des voisins, se sont dressés pour dire ‘on va garder nos cimetières’, sans être Juifs. »

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Le responsable a aussi expliqué sa position sur le voile islamique : « Je ne suis pas un fervent partisan du voile, mais quand une maman prend de son temps pour accompagner des enfants en sortie scolaire, on va pas venir les embêter en leur imposant un comportement, d’autant qu’elles ne sont pas prosélytes. »

« Quand il y a une surexposition évidemment que cela crée un bruit de fond qui empêche de parler d’autre chose (…), a-t-il ajouté. Sans la présence de ces mamans, il n’y a pas de sortie scolaire, on va pas les embêter (…) On ne peut pas empêcher quelqu’un de vivre quand il veut aider. »

« La laïcité est d’abord une liberté de pratique religieuse, la neutralité de l’Etat, et peut-être dans une troisième vision ce que les cultes peuvent apporter à la société », a-t-il indiqué.

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