Affaires de corruption : l’opposition appelle Netanyahu à démissionner
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Affaires de corruption : l’opposition appelle Netanyahu à démissionner

Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, affirme que les Israéliens “méritent d’autres dirigeants”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau quartier de l'implantation de Beitar Illit, le 3 août 2017   (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie d'inauguration d'un nouveau quartier de l'implantation de Beitar Illit, le 3 août 2017 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Plusieurs membres de l’opposition ont appelé samedi Benjamin Netanyahu à démissionner, alors que les rumeurs enflent sur une possible mise en examen du Premier ministre dans le cadre de deux enquêtes sur des faits de corruption.

Avi Gabbay, le chef du Parti travailliste, a déclaré samedi que Netanyahu devait démissionner, car « les citoyens d’Israël méritent d’autres dirigeants. »

« Nous n’attendons plus rien de Netanyahu », a dit Gabbay, cité par la Dixième chaîne. « Ce n’est plus une question de droite ou de gauche, mais de dirigeants qui se préoccupent des citoyens. »

Les appels de plus en plus nombreux à la démission de Netanyahu se sont fait entendre quand la police a annoncé vendredi qu’un proche du Premier ministre, Ari Harow, avait signé un accord pour devenir témoin de l’accusation.

Avi Gabbay, chef du parti Travailliste, pendant une manifestation hebdomadaire devant le domicile du procureur général Avichai Mandelblit, à Petah Tikva, le 15 juillet 2017. (Crédit : Flash90)
Avi Gabbay, chef du parti Travailliste, pendant une manifestation hebdomadaire devant le domicile du procureur général Avichai Mandelblit, à Petah Tikva, le 15 juillet 2017. (Crédit : Flash90)

Les médias ont annoncé vendredi que la police devrait recommander la mise en examen de Netanyahu dans le cadre de deux affaires, l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000, alors que les enquêtes semblent être renforcées par les « informations significatives » fournies par l’ancien directeur de cabinet de Netanyahu, Harow.

Une recommandation de la police n’a pas de poids judiciaire officiel. Elle est destinée au procureur, qui décidera ou non de poursuivre les suspects.

Ofer Shelah, député de Yesh Atid, a appelé les membres de la coalition à retirer leur soutien à Netanyahu, affirmant qu’ils seraient eux aussi évincés du gouvernement s’ils n’abandonnaient pas le Premier ministre.

« Quiconque préserve le gouvernement à la dérive de Netanyahu finira par tomber avec lui », a-t-il dit dans un communiqué, ajoutant qu’une « mise en examen contre le Premier ministre n’est plus une question de si, mais de quand. »

De même, Zehava Galon, présidente du parti Meretz, a appelé les députés de la coalition à cesser d’être les « boucliers » de Netanyahu.

Meretz chairwoman Zehava Gal-On speaking in the Knesset last year (photo credit: Abir Sultan/Flash 90)
Zehava Galon, présidente du parti Meretz, à la Knesset en 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

« Les députés qui continuent à soutenir le Premier ministre, lui servant de boucliers, et ceux qui tentent de nous convaincre qu’il existe une campagne contre lui, portent la lourde responsabilité de la corruption de l’Etat et de la démocratie », a-t-elle dit.

Galon a également appelé Netanyahu à se retirer, au moins jusqu’à ce que les conclusions des enquêtes à son encontre soient connues, rappelant les propres appels du Premier ministre à la démission d’Ehud Olmert, alors Premier ministre, qui était accusé de corruption.

En réponse aux appels à la démission de Netanyahu, David Bitan, député du Likud et président de la coalition, a accusé Shelah et Galon de chercher à renverser Netanyahu en utilisant les enquêtes.

« Les représentants de la gauche, Zehava Galon et Ofer Shelah, savent très bien que Netanyahu est le réel obstacle à l’arrivée de la gauche au pouvoir. Ils savent très bien que Netanyahu continuera à gagner dans les urnes, et par conséquent, ils essaient de remplacer le gouvernement du Likud en se servant des enquêtes », a-t-il dit.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, dont le parti HaBayit HaYehudi appartient à la coalition, a dit à la Deuxième chaîne que, « si nous arrivons à une situation de mise en examen, les partis de la coalition devront se réunir et envisager ce qui peut être fait. »

Le Premier ministre ne sera pas obligé de démissionner, même s’il est inculpé, avait dit la semaine dernière Shaked, qui a répété cette affirmation sur la Deuxième chaîne samedi. Les ministres doivent démissionner s’ils sont mis en examen, mais pas les Premiers ministres, a-t-elle indiqué, une interprétation qui n’est pas partagée par tous les experts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec son directeur de cabinet Ari Harow, à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec son directeur de cabinet Ari Harow, à la Knesset, le 24 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Selon un communiqué publié vendredi par la police israélienne, Harow devrait être condamné à six mois de travaux d’intérêts généraux et à 700 000 shekels d’amende pour des faits d’abus de confiance, en échange de son témoignage contre Netanyahu.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illégaux de la part de milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels de cigares et de champagne offerts par Arnon Milchan, producteur hollywoodien né en Israël.

L’Affaire 2000 porte sur un accord de contrepartie présumé entre Netanyahu et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, dans lequel le Premier ministre aurait entravé un quotidien rival, Israël Hayom, qui appartient à Sheldon Adelson, en faisant adopter une loi par la Knesset, en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth.

Harow devrait fournir des informations dans ces deux enquêtes, ayant été le directeur de cabinet de Netanyahu pendant le moment de l’accord présumé avec Moses, et quand le Premier ministre aurait reçu les cadeaux valant des milliers de shekels.

La police a dit explicitement jeudi pour la première fois que les affaires impliquant Netanyahu portaient sur des faits de « corruption, fraude, et abus de confiance ». La police n’a cependant pas indiqué que le Premier ministre était soupçonné de ces crimes.

Netanyahu a toujours nié tout acte répréhensible.

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