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Affrontements à Jérusalem-Est après la « Marche des drapeaux »

Sheikh Jarrah a été le théâtre d'affrontements, d'arrestations et de véhicules incendiés ; un Israélien a été blessé par des jets de pierres palestiniens

Extinction d'un véhicule incendié lors d'affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, après la Marche du drapeau pour marquer la Journée de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit: Photo par Ronaldo SCHEMIDT / AFP)
Extinction d'un véhicule incendié lors d'affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, après la Marche du drapeau pour marquer la Journée de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit: Photo par Ronaldo SCHEMIDT / AFP)

Des Palestiniens, des Israéliens juifs et la police israélienne se sont affrontés en plusieurs endroits de Jérusalem dans la nuit de dimanche à lundi, mettant fin à une longue journée de tension dans la ville qui a accueilli des dizaines de milliers de Juifs nationalistes dans la Vieille Ville pour la très controversée « Marche des drapeaux ».

Au moins cinq agents de la police israélienne, ainsi que plusieurs Juifs et Palestiniens, ont été blessés lors des affrontements. Selon la police israélienne, des Palestiniens auraient lancé des pierres sur un Juif israélien près de la porte des Maghrébins, située dans la partie sud-est de la Vieille Ville. La victime a été hospitalisée dans un état stable.

Plus tôt dans la journée, plus de 70 000 juifs Israéliens ont défilé dans le quartier musulman de la Vieille Ville pour célébrer la prise de la moitié orientale de la ville par Israël en 1967. La marche s’est déroulée alors que des groupes terroristes palestiniens menaçaient de répondre violemment et que des participants scandaient des slogans racistes.

Plus tard dans la soirée, des Palestiniens et des Juifs du quartier de Sheikh Jarrah, épicentre symbolique du conflit israélo-palestinien, ont participé à de violents affrontements au cours desquels des pierres ont été lancées. La police a tenté de disperser les émeutiers par la force, La police a tenté de disperser les émeutiers par la force, certains agents les poursuivant à cheval.

Sheikh Jarrah, un quartier situé au nord de la Vieille Ville, est devenu un point de tension symbolique dans la lutte pour Jérusalem entre Juifs et Palestiniens. Les Juifs israéliens se sont lentement installés dans le quartier à la suite de procédures d’expulsion complexes, ce qui a suscité des tensions avec les résidents palestiniens.

Sur les images de la scène, on peut voir des Juifs israéliens lancer des pierres sur des maisons palestiniennes situées de l’autre côté de la rue. La façon dont les affrontements ont commencé n’est pas tout à fait claire, mais des résidents palestiniens ont accusé des « extrémistes juifs » d’avoir déclenché les échauffourées.

« Ils ont cassé des voitures, jeté des pierres sur les maisons et essayé de taper des gens. Ils ont aspergé les gens de gaz poivré », a déclaré Salah Diab, un habitant de Sheikh Jarrah, qui a été témoin des affrontements.

La police a également arrêté Tal Yoshvayev, un résident israélien dont la voiture a été incendiée à plusieurs reprises, prétendument par des assaillants palestiniens. Il a, par la suite, été relâché.

Les Palestiniens ont lancé des pierres sur un Israélien présent sur les lieux ; des secouristes l’ont soigné sur place.

Diab a reconnu que des Palestiniens avaient également participé aux affrontements, mais a affirmé qu’il s’agissait de légitime défense. Selon la police israélienne, deux personnes ont été arrêtées à Sheikh Jarrah dimanche soir.

« C’est la première fois que je vois ce genre de violence. La police n’a rien fait. Il y avait des Arabes, c’est vrai, mais qui essayaient de se défendre ; la police les a ensuite arrêtés pour s’être défendus! « , a déclaré Diab au Times of Israel.

Dans une autre vidéo de la scène, on peut voir un homme portant un drapeau israélien tenter de frapper un Palestinien sortant d’une voiture avec la bannière.

« La police israélienne a appréhendé deux suspects qui avaient agressé des agents de la police des frontières israélienne opérant dans la zone », a déclaré un porte-parole de la police dans un communiqué.

Iyad Harb, correspondant de la police pour la station arabe du radiodiffuseur public Kan, a été transporté à l’hôpital après avoir été agressé par des hommes masqués à Sheikh Jarrah.

Harb a déclaré que les assaillants, qui l’ont aspergé de gaz lacrymogène avant de le frapper alors qu’il tombait au sol, parlaient hébreu.

« Les jeunes juifs masqués m’ont demandé d’arrêter de filmer, puis ils m’ont agressé avec du gaz poivré ou du gaz lacrymogène… je suis tombé au sol, ils m’ont frappé à la tête et dans le dos avec des bâtons, et m’ont donné des coups de pied », a déclaré Harb.

Deux bus israéliens ont également été attaqués dans le quartier d’Issawiya à Jérusalem-Est, comme le montrent des images qui circulent sur les réseaux sociaux.

La vidéo montre des dizaines de Palestiniens lançant des pierres et mettant le feu à l’un des véhicules. Seuls les chauffeurs se trouvaient dans les bus. Aucun blessé n’a été signalé.

Toujours à Issawiya, une salle de mariage située près du lieu des affrontements a pris feu et une partie du toit s’est effondrée. Neuf équipes de pompiers ont été appelées pour maîtriser l’incendie.

Personne ne se trouvait dans la salle au moment de l’incendie et les pompiers ont déclaré qu’il était trop tôt pour en déterminer l’origine.

Plusieurs dizaines de Palestiniens ont également défilé à Silwan, à Jérusalem-Est, pour protester contre la marche de la Journée de Jérusalem. D’autres ont mis le feu à des pneus près du poste de contrôle de Qalandiya, dans la banlieue nord de Jérusalem.

Bien qu’il s’agisse d’une fête nationale, Yom Yeroushalayim, qui marque la conquête par Israël de la vieille ville et de Jérusalem-Est sur la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967, est aujourd’hui célébré principalement par les Juifs appartenant à la mouvance nationaliste religieuse.

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