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Affrontements et manifestation à l’avant-poste illégal de Homesh

La police et l'armée ont bloqué la route près de l'implantation de Kedumim pour empêcher des militants de gauche de s'approcher de Homesh ; 3 personnes ont été arrêtées

Des militants de La Paix Maintenant brandissant des pancartes : "150 avant-postes à démanteler. Homesh d'abord !", avant la manifestation prévue à l'avant-poste illégal de Homesh en Cisjordanie, le 28 mai 2022. (Crédit: La Paix Maintenant)
Des militants de La Paix Maintenant brandissant des pancartes : "150 avant-postes à démanteler. Homesh d'abord !", avant la manifestation prévue à l'avant-poste illégal de Homesh en Cisjordanie, le 28 mai 2022. (Crédit: La Paix Maintenant)

Trois personnes ont été arrêtées lors d’affrontements entre la police et des militants de gauche rassemblés avant une manifestation prévue à l’avant-poste illégal de Homesh, en Cisjordanie, malgré l’interdiction militaire.

Depuis son évacuation, Homesh est devenu un symbole de lutte pour le mouvement des habitants des implantations et un élément de friction pour les communautés palestiniennes locales. Les dirigeants du gouvernement se sont engagés à démanteler l’avant-poste illégal, conformément à la loi.

Des centaines de militants du groupe de surveillance des implantations La Paix maintenant ont déclaré qu’ils prévoyaient de se rendre à Homesh samedi avec des bulldozers et de détruire l’implantation.

Des images mises en ligne depuis la zone de rassemblement de la manifestation dans la ville centrale de Rosh Haayin ont montré des échauffourées entre les manifestants et les policiers. La façon cela a débuté n’est pas tout à fait claire.

« Toute détention ou arrestation ne fait que renforcer notre revendication : les Israéliens n’ont rien à chercher sur les terres de Burqa, le village [palestinien] sur lequel l’avant-poste de Homesh a été construit », a déclaré La Paix maintenant dans un communiqué. « L’avant-poste illégal doit être évacué maintenant ».

Le mouvement de gauche a ensuite déclaré que la manifestation aurait lieu, mais sans l’artillerie lourde, après que les conducteurs des camions transportant les bulldozers ont été arrêtés.

Cependant, la police et l’armée ont bloqué la route près de l’implantation de Kedumim pour empêcher les manifestants de s’approcher de Homesh, selon le site d’information Ynet.

La police a déclaré dans un communiqué que la manifestation prévue par les militants pacifistes était illégale et que, bien qu’elle autorise les manifestations légales, les suspects avaient « prévu de troubler l’ordre public, d’enfreindre la loi sur le désengagement et d’endommager des biens ».

La police a affirmé que les arrestations des trois personnes ont été effectuées « à la lumière de la crainte réelle d’atteinte à la sûreté et à la sécurité publiques, et en raison de confrontations violentes. »

Le député Meretz Yair Golan a décrié la « violence policière insensée » à l’encontre des militants.

« Incroyable. Les militants d’extrême droite affluent en masse pour soutenir l’activité illégale à Homesh, et la police les regarde, en retrait. Des militants exigeant l’état de droit se lèvent pour manifester contre une activité illégale, et sont arrêtés dans une violence policière insensée. Qu’est-ce qui se passe ici ? » a-t-il tweeté.

Le député Yair Golan participant à une réunion de comité, à la Knesset, le 28 juin 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

L’armée a déclaré vendredi qu’elle ne sécuriserait pas la manifestation de La Paix maintenant car la présence d’Israéliens sur le site de Homesh se faisait en violation de la loi sur le désengagement.

La déclaration de l’armée a été faite en dépit du fait qu’une yeshiva existe à l’avant-poste et que de nombreuses manifestations de droite s’y sont tenues, y compris une marche le mois dernier de quelque 20 000 activistes, dont un certain nombre de hauts responsables politiques nationalistes. Cette manifestation a été sécurisée par Tsahal qui s’y était initialement opposée, craignant qu’elle ne déclenche de nouveaux affrontements en Cisjordanie.

La manifestation de samedi est survenue un jour après que des centaines de résidents d’implantation israéliens ont attaqué des Palestiniens autour de Homesh, lorsqu’ils sont entrés dans le village palestinien voisin de Burqa, ont jeté des pierres sur les maisons, ont fait usage d’armes à feu et ont mis le feu aux champs, selon des informations palestiniennes.

Les troupes de Tsahal ont bloqué les entrées du village et ont affrontées les habitants, faisant 15 blessés, selon la Treizième chaîne.

Plus tôt dans la journée de vendredi, des militants de La Paix maintenant sont arrivés dans la zone et ont été empêchés d’entrer. Les militants ont demandé l’autorisation des responsables militaires et ont été informés que leur présence à Homesh et leur protestation étaient illégales, a rapporté la chaîne.

Vendredi après-midi, à l’approche du Shabbat, des dizaines d’agents de la police des frontières sont arrivés à Homesh et ont confisqué du matériel autour de la yeshiva de l’implantation, dont des effets personnels appartenant aux étudiants et à leurs invités.

Homesh est devenu un point focal pour le mouvement des résidents d’implantation. Les ministres du gouvernement ont promis de poursuivre l’expulsion de l’avant-poste, qui fait l’objet d’un procès devant la Haute Cour de justice. Le calendrier de l’expulsion est encore flou.

Cette question présage d’une nouvelle crise pour la coalition déjà fragilisée. La ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a déclaré mercredi qu’elle fera « tout » pour empêcher l’évacuation de l’avant-poste illégal de Homesh, malgré les déclarations de ses partenaires de la coalition en faveur de cette mesure.

S’appuyant sur la loi, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré mardi que la construction à Homesh est toujours considérée comme « illégale ».

« Il existe une loi qui stipule que la construction dans les localités qui ont fait partie du plan de désengagement est illégale », a déclaré Bennett. L’avant-poste est construit sur des terres palestiniennes privées.

Faisant une déclaration lourde de conséquences, le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré qu’il évacuera Homesh conformément à la loi, mais sans préciser de calendrier d’action.

« Homesh sera évacué », a déclaré Gantz lundi à l’ouverture de la réunion de sa faction Kakhol lavan. « La loi israélienne l’exige ».

Illustration : Des visiteurs marchant près du château d’eau sur les ruines de l’implantation évacuée de Homesh, le 27 août 2019. (Crédit: Hillel Maeir/Flash90)

Homesh a été officiellement abandonné en 2005 dans le cadre du plan de désengagement d’Ariel Sharon, alors Premier ministre, qui s’est surtout concentré sur l’évacuation des implantations juives de la bande de Gaza.

Depuis son évacuation, Homesh est devenu un symbole de lutte pour le mouvement des résidents d’implantation et une source de problèmes pour les communautés palestiniennes locales.

Bien que les familles aient été officiellement évacuées de ses frontières, des résidents juifs ont établi une yeshiva illégale sur le site situé dans le nord de la Cisjordanie. Ses étudiants et leurs partisans entretiennent des relations tendues avec les communautés palestiniennes environnantes.

En décembre 2021, Yehuda Dimentman, étudiant de la yeshiva, a été tué dans une attaque terroriste alors qu’il quittait l’avant-poste.

Mardi, les habitants du village palestinien voisin de Burqa ont mis le feu à une structure à Homesh, et les étudiants de la yeshiva sont descendus à leur rencontre, déclenchant une bagarre à coups de pierres, selon la radio de l’armée.

Cette manifestation intervient dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie et en Israël, à l’approche de « la Marche des drapeaux » qui doit se tenir dimanche à Jérusalem.

Le service de secours du Croissant-Rouge palestinien a déclaré que près de 90 Palestiniens avaient été blessés par les troupes israéliennes en Cisjordanie vendredi, et qu’au moins une personne avait été touchée à la jambe. Le groupe a déclaré que les Israéliens ont utilisé des grenades assourdissantes, des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants palestiniens, les pires combats ayant eu lieu dans la ville de Huwara.

Toujours en Cisjordanie, vendredi, un adolescent palestinien de 15 ans a été tué par les forces israéliennes à Al-Khader, une ville du sud de Bethléem, en Cisjordanie, dans la soirée de vendredi. Les Palestiniens auraient jeté des pierres et des cocktails Molotov en direction des soldats qui se trouvaient dans le secteur.

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