Afghanistan : une mosaïque ethnique dans un pays fragmenté
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Afghanistan : une mosaïque ethnique dans un pays fragmenté

Retour sur les ethnies qui composent le pays, données essentielles pour comprendre sa situation

Des gens attendent d'être évacués d'Afghanistan à l'aéroport de Kaboul le 18 août 2021. (AFP)
Des gens attendent d'être évacués d'Afghanistan à l'aéroport de Kaboul le 18 août 2021. (AFP)

La diversité ethnique en Afghanistan est une donnée centrale de la vie politique et des conflits dans ce pays depuis plus d’un siècle, et devrait jouer un rôle dans la formation d’un nouveau gouvernement par les talibans.

Aucun groupe ethnique ne dispose à lui seul d’une majorité absolue parmi les quelque 40 millions d’habitants du pays, dont la fragmentation contribue à l’instabilité.

Voici un aperçu de la mosaïque ethnique afghane :

Les Pachtounes

Ethnie majoritaire d’Afghanistan (avec plus de 40 % de la population), les Pachtounes sont pour la plupart des musulmans sunnites et parlent le pachto. Depuis le 18e siècle, ils ont régulièrement contrôlé l’Etat et l’armée.

Une famille afghane attend d’être transportée à son arrivée au Pakistan au point de passage frontalier Pakistan-Afghanistan à Chaman, le 22 août 2021, après la prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans. (Photo par AFP)

Les talibans, qui ont pris le pouvoir pour la deuxième fois après la période 1996-2001, sont un groupe à dominante pachtoune.

Et les deux présidents du précédent régime soutenu par les Etats-Unis, Hamid Karzai et Ashraf Ghani, étaient également issus de cette ethnie.

La position dominante des Pachtounes, qui sont répartis dans une zone en arc de cercle s’étendant de la frontière pakistanaise à la frontière iranienne (est et sud du pays), a souvent provoqué le ressentiment des autres groupes ethniques, s’estimant marginalisés sur les plans politique, économique et culturel.

Les Tadjiks

Deuxième groupe ethnique du pays, représentant environ un quart de la population, les Tadjiks parlent le dari (farsi en persan).

Ils sont principalement répartis dans le nord et l’ouest du pays, avec des bastions dans la vallée du Panchir, la ville occidentale de Herat et certaines provinces du nord.

La vallée du Panchir est connue pour avoir résisté à l’occupation de l’armée soviétique dans les années 1980, mais aussi au premier régime taliban.

Elle a été le fief du Tadjik le plus célèbre, le commandant Ahmed Shah Massoud, héros de la résistance anti-soviétique et de la lutte contre les talibans, tué le 9 septembre 2001 dans un attentat suicide attribué à Al-Qaïda.

Le Tadjik Burhanuddin Rabbani a été président de l’Afghanistan de 1992 à 1996, avant que Kaboul ne tombe aux mains des talibans. Abdullah Abdullah, ancien vice-président et négociateur en chef de l’ex-gouvernement dans les pourparlers avec les talibans, est d’ethnie mixte pachtoune-tadjik, mais il est considéré comme appartenant à la seconde.

Les Hazaras

Les Hazaras, qui représentent autour de 10 % de la population afghane et parlent un dialecte dari, sont considérés comme originaires d’Asie Centrale et de peuples turcs, et se trouvent principalement dans le centre du pays.

Il s’agit d’une minorité chiite, violemment persécutée depuis des siècles, notamment par les talibans qui les considèrent comme des hérétiques.

Les Hazaras ont également été la cible d’attaques à la bombe meurtrières du groupe Etat islamique.

Illustration d’une Afghane portant une burqa en 2005 (Crédit : CC BY-SA 2.0)

Les Ouzbeks

La minorité ouzbèke, qui représente autour de 10 % de la population, est essentiellement installée dans le nord du pays chevauchant la frontière avec l’Ouzbékistan.

Ses liens notamment linguistiques et culturels sont forts avec la Turquie et les Ouzbeks sont principalement des musulmans sunnites.

Le sulfureux chef de guerre Abdul Rachid Dostom, issu de cette ethnie, est soupçonné d’avoir fait massacrer en 2001 des centaines, voire des milliers, de prisonniers talibans.

Autres ethnies

Parmi les autres ethnies peuplant l’Afghanistan, et au rôle plus marginal, on compte des Turkmènes, des Kirghizes, des Kazakhs, des Baloutches, et des Nouristanis, jadis appelés Kafir (infidèles) jusqu’à leur conversion forcée au 19e siècle.

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