Agression de policiers : Une correspondante d’Al Jazeera détenue à Sheikh Jarrah
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Agression de policiers : Une correspondante d’Al Jazeera détenue à Sheikh Jarrah

Givara Budeiri qui a été libérée au bout de plusieurs heures, nie les allégations ; Le réseau qatari condamne l'arrestation "honteuse"

La correspondante d'Al Jazeera, Givara Al Budeiri, est arrêtée par la police israélienne à Jérusalem, Sheikh Jarrah, le 5 juin 2021. (Capture d'écran/Twitter)
La correspondante d'Al Jazeera, Givara Al Budeiri, est arrêtée par la police israélienne à Jérusalem, Sheikh Jarrah, le 5 juin 2021. (Capture d'écran/Twitter)

Une journaliste d’Al Jazeera a été arrêtée samedi dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, la police israélienne l’accusant d’avoir agressé des officiers de police.

La correspondante a été identifiée par Al Jazeera comme Givara Budeiri, l’envoyée à Jérusalem du réseau qatari. Elle a été libérée quelques heures plus tard et a nié les accusations portées contre elle, selon Al Jazeera.

« Ils sont venus de partout, je ne sais pas pourquoi. Ils m’ont plaquée contre le mur », a déclaré Budeiri. « Ils m’ont fait rentrer dans la voiture à coups de pieds … je recevais des coups de tous les côtés. »

Des images de la scène ont montré l’équipement télévisuel de la correspondante brisé au sol après son arrestation.

Selon certaines sources, Budeiri a reçu une injunction du tribunal de 15 jours lui interdisant de quitter le quartier après sa libération.

La police avait annoncé avoir arrêté dans le quartier deux suspects, un homme et une femme, pour avoir agressé des policiers après qu’ils ont refusé de s’identifier. Un porte-parole de la police a déclaré au Times of Israel que la journaliste faisait partie des personnes arrêtées.

Al Jazeera a condamné l’arrestation, la qualifiant de « comportement honteux et [de] nouveau chapitre d’une série d’attaques israéliennes », et a exigé la libération immédiate de Budeiri, qui a eu lieu peu de temps après.

Le ministère palestinien de l’Information a également condamné l’arrestation, affirmant qu’elle « indique le niveau de brutalité atteint par l’occupation, qui mène une guerre acharnée contre les journalistes, en particulier dans Jérusalem occupée », a déclaré Wafa, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne.

Selon la police, des manifestations avaient lieu dans le quartier au moment des faits, certains manifestants lançant des pierres et des explosifs en direction des officiers.

Ces derniers mois, de nombreux affrontements ont eu lieu dans le quartier de Jérusalem-Est, en raison de l’expulsion imminente de plusieurs familles palestiniennes de logements revendiqués par des nationalistes juifs. La Cour suprême doit entendre un appel des familles de Sheikh Jarrah, mais ne se réunira sur la question qu’en décembre.

Les expulsions de Sheikh Jarrah ont été l’une des principales raisons des troubles majeurs ayant pris place à Jérusalem le mois dernier, culminant en un conflit de 11 jours entre le groupe terroriste du Hamas, au pouvoir à Gaza, et Israël. De violentes manifestations s’étaient à l’époque propagées au mont du Temple et à la mosquée Al-Aqsa, incitant le Hamas à tirer des roquettes sur Jérusalem.

Les forces de sécurité israéliennes à cheval dispersent des manifestants palestiniens lors de manifestations contre Israël au point d’éclair du quartier Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 18 mai 2021 (Crédit: EMMANUEL DUNAND / AFP)

Les expulsions sont basées en partie sur une loi israélienne de 1970 permettant aux Juifs de récupérer les terres de Jérusalem-Est qui étaient d’appartenance juive avant 1948.

Aucune loi similaire n’existe pour les Palestiniens qui ont perdu leurs demeures dans la guerre d’indépendance israélienne de 1948.

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