Rechercher

Aharon Haliva : Sans le Hezbollah, le Liban normaliserait ses liens avec Israël

Le chef des renseignements militaires avertit le leader du groupe terroriste de ne pas sous-estimer Tsahal et il dit s'aligner sur les USA concernant l'invasion de l'Ukraine

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef des renseignements militaires, le général Aharon Haliva,  s'exprime lors d'une conférence annuelle à l'Institut national du Contre-terrorisme, à Herzliya, le 13 septembre 2022. (Crédit : Gilad Kavalerchik)
Le chef des renseignements militaires, le général Aharon Haliva, s'exprime lors d'une conférence annuelle à l'Institut national du Contre-terrorisme, à Herzliya, le 13 septembre 2022. (Crédit : Gilad Kavalerchik)

Le responsable des renseignements militaires a déclaré lundi que si le groupe terroriste chiite du Hezbollah n’avait pas pris « en otage » le Liban, Beyrouth aurait normalisé ses liens avec Jérusalem.

« Je regarde les Accords d’Abraham et je me demande si le nom du Liban aurait pu aussi y figurer », a déclaré le général Aharon Haliva lors d’une conférence organisée à l’université Reichman de Herzliya, se référant à une série d’accords diplomatiques qui avaient été conclus en 2020 entre l’État juif et plusieurs nations arabes.

« Et je me dis que je pense que oui – si le Hezbollah n’avait pas pris le Liban en otage », a-t-il ajouté.

Haliva a mis en garde le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dont les menaces et les provocations militaires se sont multipliées dans un contexte de tensions entre Israël et le Liban, des tensions entraînées par un conflit sur leurs frontières maritimes respectives.

« J’espère pour Nasrallah qu’il ne sous-estime pas la riposte israélienne à de potentielles actions. Je veux rappeler à Ramallah que la puissance israélienne est très importante et je ne suis pas convaincu qu’il veuille la tester », a-t-il ajouté.

« Nasrallah sait évaluer les renseignements israéliens et la puissance de feu israélienne. Nasrallah est un homme sérieux et il sait parfaitement ce dont je suis en train de parler », a-t-il poursuivi.

Le chef du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah, s’exprimant via une liaison vidéo, tandis que ses partisans lèvent la main, lors de la fête sainte chiite de l’Achoura, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le conflit maritime, qui porte notamment sur la revendication de la propriété de champs gaziers offshore, s’était encore aggravé au mois de juin quand Israël avait installé en Méditerranée une plateforme d’exploitation et de production aux abords du champ de gaz fossile Karish, dont la propriété est revendiquée en partie par son voisin du nord.

Le Hezbollah, qui avait lancé quatre drones vers Karish au mois de juillet, menace de lancer des attaques si l’État juif commence des activités d’extraction dans cette zone contestée.

Lundi, un haut-responsable israélien a indiqué qu’Israël et le Liban étaient proches d’un accord qui mettrait un terme au conflit et il a menacé le Hezbollah de représailles si le champ gazier devait être attaqué.

Le Hezbollah et Israël se sont affrontés pour la dernière fois dans le cadre d’une guerre en 2006. Beyrouth et Jérusalem n’entretiennent pas de relations diplomatiques et les deux pays sont séparés par une ligne de cessez-le-feu placée sous la surveillance de l’ONU.

Invasion russe de l’Ukraine : « Je suis du côté des États-Unis »

Dans de rares propos publics de la part d’un militaire sur son positionnement face à l’invasion russe de l’Ukraine, Haliva a déclaré mardi qu’il se tenait aux côtés des États-Unis, « notre partenaire stratégique le plus important. »

« Il m’a été demandé si j’étais du côté ukrainien ou si j’étais du côté russe. Je suis du côté des États-Unis », a dit Haliva au cours de la conférence.

La « relation avec les États-Unis est l’un des atouts les plus déterminants pour Israël », a-t-il continué.

Dimanche, le chef sortant du Commandement du nord de Tsahal a indiqué que l’armée israélienne avait « beaucoup » appris de l’invasion russe de l’Ukraine, des leçons « pertinentes » dans le cas d’une guerre potentielle avec le Hezbollah.

Le général de division Amir Baram prend la parole lors d’une cérémonie à la base du Commandement nord des FDI à Safed, le 11 septembre 2022. (Crédit : Tsahal)

« Nous examinons ce conflit et nous mettrons en œuvres les leçons tirées dans une future guerre dans le nord », a ainsi déclaré le général de division Amir Baram pendant une cérémonie organisée pour l’arrivée du prochain responsable du Commandement du nord.

Israël a cherché à préserver ses liens avec la Russie en particulier en raison de la présence militaire de cette dernière dans la Syrie voisine, où l’armée de l’air israélienne frappe régulièrement des cibles liées à l’Iran – même si les relations ont semblé récemment se rafraîchir avec un soutien de plus en plus affirmé apporté à l’Ukraine par l’État juif.

Israël s’est abstenu d’envoyer des armes ou des systèmes de défense avancés à l’Ukraine, mais un entrepreneur israélien du secteur de la défense a fourni, via la Pologne, des systèmes anti-drones aux forces de Kiev.

La Russie, pour sa part, s’est procurée des drones en Iran, des drones qu’elle utilisera dans son offensive en Ukraine.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...