Aide américaine : Des responsables israéliens craignent un renforcement du Hamas
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Aide américaine : Des responsables israéliens craignent un renforcement du Hamas

Ces inquiétudes sont suscitées par un plan américain présumé visant à freiner les opérations de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens

Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Des employés de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et leurs familles protestent contre les disparitions de postes annoncées par l'agence aux abords de ses bureaux de gaza City, le 31 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Des sources au sein de l’establishment de la Défense craignent que les initiatives apparentes de Washington visant à affaiblir l’organisation des Nations unies qui gère la question des réfugiés palestiniens puissent renforcer le groupe terroriste du Hamas à Gaza et mettre en péril la sécurité israélienne, a indiqué un rapport publié dimanche.

Des sources ont indiqué à Haaretz qu’une coupe sérieuse dans le budget de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) créerait un vide dans l’approvisionnement des services de base au sein de l’enclave où la majorité des résidents dépendent de l’organisation. Ce qui se ressentirait principalement dans des pénuries alimentaires et dans un effondrement de l’éducation et pourrait être utilisé par le Hamas pour renforcer sa mainmise sur la bande.

Ces préoccupations suivent l’annonce d’une nouvelle coupe financière décidée par les Américains à hauteur de plus de 200 millions de dollars en aide apportée aux Palestiniens, par le biais de financements destinés à l’UNRWA.

Selon un reportage diffusé par la chaîne Hadashot, les Etats-Unis veulent remettre en question les chiffres de l’UNRWA sur le nombre de réfugiés palestiniens, rejetant la définition qui fait des descendants de ces derniers des réfugiés eux-mêmes.

Ils demanderont également, selon certaines informations, à l’Etat juif de « reconsidérer » le mandat d’opération donné à l’UNRWA en Cisjordanie. L’objectif d’un tel changement, a fait savoir le reportage, serait d’empêcher les nations arabes d’acheminer légitimement des aides à l’UNRWA en Cisjordanie.

De plus, l’administration Trump devrait annoncer dans les jours à venir qu’elle rejette la demande palestinienne de longue haleine en faveur d’un « droit au retour » pour des millions de réfugiés et pour leurs descendants en Israël. Les Etats-Unis feront part de la mise en place d’une politique qui, « de son point de vue, abandonne officiellement ‘le droit au retour’, » a noté la chaîne.

Ce « droit au retour » est l’une des causes essentielles d’opposition dans le conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens affirment que cinq millions de personnes – des dizaines de milliers de réfugiés originaires de ce qui est devenu aujourd’hui Israël et leurs millions de descendants – bénéficient d’un « droit au retour ».

L’Etat juif rejette pour sa part cette demande, disant qu’elle représente une tentative de détruire Israël par le poids représenté par le nombre. La population israélienne est constituée d’environ neuf millions de personnes dont les trois-quarts sont juives. Un afflux de millions de personnes signifierait qu’Israël ne serait plus un pays à majorité juive.

Selon le reportage télévisé diffusé samedi, les Etats-Unis, au début du mois de septembre, feront connaître leur politique sur ce sujet. Ils produiront un rapport qui affirmerait qu’il y a aujourd’hui environ un demi-million de personnes qui peuvent être légitimement considérées comme des réfugiés et établiront clairement leur rejet de la désignation onusienne sous laquelle les millions de descendants des réfugiés d’origine sont également considérés comme tels. Cette définition est à la base des activités de l’UNRWA.

Créé en 1949 suite à la guerre de l’Indépendance de 1948, l’UNRWA fait fonctionner les écoles et fournit des soins de santé et autres services sociaux aux Palestiniens en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie.

Des enfants palestiniens se tiennent à côté des sacs d’aide alimentaire fournis par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens dans le camp de réfugiés de Rafah dans le sud de la bande de Gaza le 24 janvier 2018. (Crédit : AFP / Said Khatib)

La chaîne Hadashot a indiqué que ce nouveau positionnement américain représentait une nouvelle adhésion aux positions israéliennes, quelques mois après la reconnaissance par l’administration Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël et la relocalisation de l’ambassade américaine dans la ville, depuis Tel Aviv.

Le reportage diffusé à la télévision a précisé que les responsables de l’agence de sécurité nationale de Washington refusaient de commenter le sujet mais qu’ils avaient néanmoins affirmé que « l’administration annoncera sa politique sur l’UNRWA au moment approprié ».

Le conseilleur et gendre du président Trump Jared Kushner, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu au bureau du Premier ministre, le 22 juin 2018. (Crédit : Matty Stern/US Embassy Jerusalem/Flash90)

Au début du mois, Foreign Policy a annoncé que Jared Kushner, haut conseiller du président Trump et son gendre, a prôné le retrait du statut de réfugié à des millions de Palestiniens, dans le cadre d’une initiative apparente de faire fermer l’UNRWA.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé dans le passé au « démantèlement » de l’UNRWA. Au mois de juillet dernier, par exemple, il a accusé l’agence d’incitations contre Israël tout en affirmant que l’office ne faisait rien pour aider à résoudre la situation critique vécue par les réfugiés palestiniens.

Il a demandé pourquoi ces derniers avaient besoin d’une instance spécifique lorsque le haut-commissariat pour les réfugiés est venu en aide à des millions de personnes déplacées depuis la Seconde guerre mondiale. « Le moment est venu de procéder au démantèlement de l’UNRWA et d’intégrer ses bureaux au sein du Haut-commissariat aux réfugiés », a-t-il dit, accusant le bureau de « perpétuer » le malheur des réfugiés palestiniens.

Vendredi, le chef de l’UNRWA a suggéré que les Etats-Unis réduisaient leur budget pour punir les Palestiniens pour leurs critiques de la reconnaissance américaine de Jérusalem en tant que capitale d’Israël et il a averti que la question des réfugiés ne pourrait pas être mise de côté.

« On ne peut tout simplement pas faire disparaître cinq millions de personnes comme ça », a déclaré Pierre Kraehenbuehl, commissaire de l’UNRWA.

Vendredi également, le département d’Etat a annoncé une réduction de plus de 200 millions de dollars d’aide aux Palestiniens, indiquant que ces fonds des contribuables ne servaient plus les intérêts américains.

L’Autorité palestinienne a condamné cette initiative, disant qu’il s’agissait d’une tentative de « chantage » pour tenter d’amener les Palestiniens à abandonner leur revendication de Jérusalem-Est et de la Vieille Ville comme capitale de l’Etat palestinien indépendant auquel ils aspirent.

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